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Pour avoir mortellement heurté une mère de famille : Abou Lo jeté en prison pour trois mois

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Abou Lo a été attrait devant la barre, écrasé par le poids d’une vie qu’il a brisée sans intention, mais par pur inconscience. «Je voulais juste rouler un peu, pour avoir un peu d’argent pour les fêtes», explique-t-il, d’une voix presque éteinte. Ce “un peu” d’argent, gagné sur le fil de l’illégalité, lui coûtera trois mois derrière les barreaux. Ce 28 mars, il a pris sans autorisation les clés du bus Tata de son cousin, Samba Seck, et s’est lancé dans une tournée improvisée. Sans permis de transport en commun, sans livret, sans formation. Quelques minutes plus tard, au rond-point JVC, une femme, mère de famille, est fauchée par le bus. Elle meurt sur le coup, écrasée par le pneu arrière droit. «Je ne l’ai pas vue», répète-t-il à la barre, visiblement abattu.

Abou ne freine pas à temps. Il entend des cris, descend, voit le corps et prend la fuite. Prise de panique ? Fuite de responsabilité ? Le tribunal a tranché. Il était au volant sans droit ni compétence. «Il n’avait rien à faire là», martèle le procureur, avant de requérir six mois de prison ferme, 500 000 francs Cfa d’amende et la suspension de tout permis en cours. Sur les réseaux sociaux, l’indignation est montée d’un cran. Le drame a mis en lumière les défaillances récurrentes dans le secteur du transport urbain : absence de contrôle, clés laissées à portée, véhicules conduits par des personnes sans formation.

Cette fois, la négligence a tué. Samba Seck, propriétaire du bus a été relaxé. Il jure qu’il n’a jamais donné la moindre autorisation. «J’étais à Louga ce jour-là», affirme-t-il, précisant que le véhicule était à l’arrêt et que les clés étaient dans sa chambre. Une version confirmée par le véritable chauffeur, qui avait garé le bus la veille. Face à la douleur de la famille de la victime, la défense tente une ligne d’humanité. Me Ndiaye évoque un jeune homme «dépassé par les conséquences de son geste», un drame «sans intention», où l’insouciance a pris le pas sur la responsabilité. Finalement le tribunal, condamne Abou Lo à trois mois d’emprisonnement ferme et à 200 000 francs CFA d’amende.

Aïssatou TALL

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