Alors qu’il était très attendu sur les dossiers judiciaires, le Premier ministre Ousmane Sonko a calmé le jeu… tout en sermonnant la machine judiciaire. Lors de sa séance de ce vendredi des questions d’actualité avec les députés, il s’est prononcé sur les lenteurs des procédures, en rappelant que “la justice suit son propre rythme, qui ne peut être forcé sans risquer des accusations de chasse aux sorcières.” Se voulant plus explicite, il dira sans ambiguïté : “le temps de la justice ne peut pas être celui des hommes.”
Après avoir dit lors de la séance des questions d’actualité du lundi 14 avril dernier que « le temps de la justice doit être le temps des hommes », Sonko reconnaît le contraire
Toutefois, Sonko n’a pas manqué de pointer les dérives d’instructions interminables : « On ne peut pas maintenir quelqu’un des mois en détention sans preuves tangibles ». Une pique claire vers un système judiciaire encore englué dans les pratiques anciennes. “La justice demande aussi de traiter les dossiers dans un délai raisonnable. Maintenant, la question du délai raisonnable est à apprécier”, a-t-il tempéré.
En ces termes, il dira : “le temps de la justice ne peut pas être celui des hommes.”
Concernant les rapports de l’IGE, Sonko a voulu être limpide. À l’en croire, l’IGE reçoit ses missions de la Présidence. Le chef de l’État approuve les recommandations. Une fois validées, le PM les exécute. C’est ainsi que ses services ont dans la foulée transmis les dossiers aux autorités judiciaires. Toutefois, Ousmane Sonko promet une fermeté totale : « Même si mon frère était épinglé, je transmettrais le rapport à la justice ». Une phrase choc, mais qui n’a pas totalement dissipé le doute sur la vitesse réelle de traitement des dossiers.
Et d’ajouter : “La justice demande aussi de traiter les dossiers dans un délai raisonnable. Maintenant, la question du délai raisonnable est à apprécier”
Pourtant, si on fait un bref rappel, Ousmane Sonko avait dit le contraire lors de la séance des questions d’actualité du lundi 14 avril dernier, du temps de Ousmane Diagne, à la tête du ministère de justice. Face aux députés, ce jour-là, le premier ministre n’avait pas caché son engagement envers l’indépendance de la justice, tout en insistant sur l’importance de rendre la Justice rapidement et de manière accessible. Sur ce, il avait dit : « le temps de la justice doit être le temps des hommes. Elle doit être rendue avec célérité. »
Amadou DIA (Actusen.sn)
