Devant les Sénégalais établis au Maroc, Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots hier. Fidèle à son discours de rupture, le Premier ministre a pointé ce qu’il considère comme l’un des maux les plus profonds du Sénégal, non sans citer la Justice. « Quand la justice est malade, tout le reste est malade », a-t-il martelé, estimant qu’aucune réforme sérieuse n’a encore permis de corriger ses dérives.
Balayant les injonctions au silence, le chef du gouvernement refuse l’idée selon laquelle les magistrats seraient au-dessus de toute critique. «Les magistrats ne sont pas des dieux. On veut nous imposer une chape de plomb pour nous empêcher de parler de la Justice, comme si le magistrat était un demi-dieu. Je l’ai toujours dit et j’assume mes propos. Ce sont des êtres humains», a-t-il insisté.
Rappelant que la Justice est rendue au nom du peuple sénégalais, Ousmane Sonko a toutefois pris soin de nuancer ses propos, affirmant que la majorité des magistrats ne se sentiraient pas concernés. Mais le message était clair : certains juges sont directement visés. «Il y a un clergé. Tout ce qui a été détruit au Sénégal est passé par la Justice. Et tout ce qui a été détruit dans la Justice est passé par eux. Et ils sont toujours là, en poste», a-t-il dit.
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