La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (Dnlt), rattachée à la Direction de la Police aux Frontières, a déféré deux individus devant le parquet du Tribunal de Grande Instance de Saint-Louis. Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques authentiques, ainsi que pour l’obtention indue de documents administratifs sénégalais. Selon la police, l’affaire a débuté lors d’une patrouille de surveillance des points de passage non officiels près du village de Thiambène. Le Commissaire Spécial de Rosso y a intercepté un individu en possession d’une panoplie de documents contradictoires : une carte nationale d’identité, un permis de conduire et un certificat de nationalité sénégalaise, côtoyant un passeport ordinaire d’un pays frontalier.
La police précise que l’homme a tenté de justifier la régularité de ses documents sénégalais en invoquant une procédure d’inscription tardive auprès de l’état civil et du Tribunal d’Instance de Thiès. En 2022, dit-elle, l’épouse de l’intéressé, de nationalité étrangère, avait déjà été interpellée pour des faits similaires, entraînant la saisie de plusieurs «Volets 1» de la commune de Boki Dialloubé. Confronté à ces preuves et aux révélations sur sa véritable identité, le suspect a fini par avouer avoir usurpé l’identité de son oncle pour remplir indûment les conditions d’accès à la nationalité sénégalaise. La fouille de ses bagages a révélé l’ampleur du trafic. Les agents ont découvert un stock impressionnant de documents vierges ou falsifiés provenant de diverses localités (Tambacounda, Ndame, Koumpentoum) ainsi que des pièces d’identité guinéennes et mauritaniennes.
La police renseigne que l’enquête a rapidement permis d’identifier et d’interpeller son complice à Tambacounda. Ce dernier, se présentant comme un «démarcheur», a reconnu son implication dans ce réseau criminel. Il opérait selon une tarification précise : 50 000 F Cfa pour un jugement de naissance ou une annulation ; 25 000 F Cfa pour un certificat de nationalité. La perquisition du domicile de l’acolyte a mis en lumière une organisation quasi-industrielle. Les enquêteurs ont saisi 219 photocopies de cartes d’identité sénégalaises (utilisées pour créer de ‘’faux parents’’ aux clients étrangers) ; des centaines d’extraits de naissance, de certificats de non-inscription et de minutes de greffe, dont beaucoup étaient vierges mais déjà estampillés ; des extraits de casier judiciaire et des certificats de non-opposition.
Actusen.sn
