Alors que la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom semble imminente, le comité de résistance populaire, avec à leur tête l’ancien ministre sous Macky Sall, Abou Lô pour le nommer, par ailleurs ancien Directeur général de l’ARTP, préparent une série d’actions visant à faire face à ce qu’ils appellent l’acharnement dont est victime le maire des Agnam.
L’histoire politique du Sénégal est souvent citée en exemple sur le continent africain. De Léopold Sédar Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, le pays s’est distingué par des transitions pacifiques et démocratiques du pouvoir.
Toutefois, cette tradition n’a pas été exempte de périodes de tensions, au cours desquelles des citoyens ont payé un lourd tribut pour la défense des idéaux républicains. C’est l’avis de l’ancien de la Communication et des télécommunications, sous l’ancien régime, par ailleurs ancien Directeur général de l’ARTP.
Dans une tribune politique au ton grave, Abou Lô, ancien ministre sous le régime de Macky Sall, par ailleurs ancien DG de l’ARTP alerte sur ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir actuel
Aujourd’hui, selon Abou Lô, puisque c’est de lui qu’il s’agit, le pays ferait face à une situation inédite marquée par une montée préoccupante de pratiques autoritaires et une dégradation du débat public, désormais dominé par la haine, les invectives et les accusations gratuites. L’ancien ministre estime que le parti Pastef, qui a porté au pouvoir le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, a rapidement dévoilé la nature du régime qu’il entend instaurer. Il soutient que la mobilisation de la jeunesse autour d’un projet qu’il qualifie de « chimérique » a constitué le principal levier d’accession au pouvoir.
Il y dénonce une instrumentalisation de la justice et appelle à une mobilisation pacifique pour la défense des droits de l’honorable député Farba Ngom, qu’il estime victime d’un acharnement politique
Sur le plan économique, Abou Lô évoque ce qu’il considère comme un échec manifeste, notamment à travers la polémique autour de la « dette cachée » et les tensions sociales croissantes, qu’il décrit comme une menace sérieuse pour la stabilité du pays. Au-delà des questions économiques, c’est le fonctionnement de la justice qui suscite, selon l’auteur, les plus vives inquiétudes. Il dénonce un traitement différencié des acteurs politiques, illustré par l’affaire impliquant l’honorable député Farba Ngom.
À cela s’ajoute, selon lui, la perspective d’une nouvelle levée de l’immunité parlementaire du député, fondée sur des motifs qu’il juge infondés et politiquement motivés
D’après Abou Lô, Farba Ngom demeure incarcéré malgré un avis favorable des juges du parquet financier en faveur de sa libération, après contestation des accusations de détournement de deniers publics. Dans le même temps, souligne-t-il, le parquet n’aurait pas fait appel de la libération du principal accusé dans le dossier, Tahirou Sarr. Pour l’ancien ministre, ces éléments traduisent une volonté manifeste du pouvoir exécutif de neutraliser un adversaire politique. Il rappelle que plusieurs proches de Farba Ngom, dont trois de ses frères, sont toujours soumis à des mesures de contrôle judiciaire dans la même affaire. À cela s’ajoute, selon lui, la perspective d’une nouvelle levée de l’immunité parlementaire du député, fondée sur des motifs qu’il juge infondés et politiquement motivés.
Annonçant une conférence de presse le 9 février prochain, M. Lo invite ainsi les populations de la région de Matam, ainsi que l’ensemble des Sénégalais attachés à la paix et à la justice, à se mobiliser pour la défense des droits du député-maire
Face à ce qu’il qualifie de dérives graves, Abou Lô appelle à un combat de principe contre l’arbitraire, mené exclusivement par des moyens légaux et pacifiques. Il affirme s’inscrire dans la tradition de sagesse prônée par les notables du Fouta, fief politique de Farba Ngom. Il invite ainsi les populations de la région de Matam, ainsi que l’ensemble des Sénégalais attachés à la paix et à la justice, à se mobiliser pour la défense des droits du député-maire.
Cette mobilisation devrait connaître un premier temps fort avec la tenue d’une conférence de presse du Comité de résistance populaire, prévue le 09 février 2026 à 15 heures, à l’hôtel Le Relais. Une rencontre présentée comme le point de départ d’une série d’actions citoyennes visant à alerter l’opinion nationale et internationale.
Actusen.sn
