La crise que traversent actuellement les universités sénégalaises continue de susciter de vives réactions. Interpellé sur les événements survenus ces derniers jours sur les campus, Me Bamba Cissé, intervenant au nom du gouvernement lors de la conférence de presse officielle, a tenu à replacer les faits dans leur contexte, tout en rejetant toute volonté de justification systématique de la violence.
Selon le ministre de l’intérieur, dans le projet des étudiants « il était prévu de descendre sur le terrain très tôt pour opérer des destructions
D’emblée, il a rappelé son attachement aux principes fondamentaux de l’État de droit. « Ce sont aussi des valeurs. Même si je ne condamne personne, je respecte le principe de la présomption d’innocence », a-t-il déclaré, soulignant toutefois que « la situation de l’université est devenue alarmante et appelle une vigilance accrue ». Selon Me Bamba Cissé, les événements récents ne relèvent pas du cadre classique des franchises universitaires tel que défini par la loi. « Nous ne sommes pas dans le cadre des franchises universitaires conformément aux textes », a-t-il insisté, se référant aux précisions apportées par son collègue de l’Enseignement supérieur.
Faisant référence à des vidéos montrant la détention de grenades lacrymogènes par des personnes non autorisées : « Cela n’a jamais été constaté dans l’histoire de l’université »
Tout en reconnaissant que les autorités sont régulièrement exposées aux critiques, y compris les plus virulentes, il a affirmé que l’État assume cette pression. « Nous acceptons de subir, nous acceptons les critiques, même négatives », a-t-il déclaré, avant de souligner la différence entre la perception extérieure et les informations dont disposent les autorités. « On ne peut pas être au même niveau d’information que celui qui est en dehors du système de renseignement », a-t-il ajouté, regrettant que certaines accusations soient formulées « sans éléments précis ».
“Des individus auraient envisagé de s’en prendre aux restaurants universitaires, notamment le restaurant self et le restaurant central”
L’un des points centraux de sa sortie concerne l’existence de renseignements sécuritaires jugés fiables. « Nous avons reçu des renseignements précis », a affirmé Me Bamba Cissé, indiquant que ces informations faisaient état de projets visant des infrastructures universitaires sensibles. Selon lui, des individus auraient envisagé de s’en prendre aux restaurants universitaires, notamment le restaurant self et le restaurant central. « Il était prévu de descendre sur le terrain très tôt pour opérer des destructions », a-t-il expliqué, précisant que les premières dégradations auraient commencé après l’annonce faite par l’université permettant aux étudiants de se restaurer sous condition de présentation de tickets.
Face à cette situation, Me Bamba Cissé estime que l’État avait « un devoir impérieux d’anticiper » : « Il s’agissait de protéger les biens publics, des biens qui appartiennent à tous les Sénégalais »
« Ils se sont réunis pour dire qu’ils refusaient ce format et qu’ils allaient faire pénétrer les restaurants pour s’emparer de la nourriture. À défaut, les restaurants seraient détruits », a-t-il rapporté. Face à cette situation, Me Bamba Cissé estime que l’État avait « un devoir impérieux d’anticiper ». « Il s’agissait de protéger les biens publics, des biens qui appartiennent à tous les Sénégalais », a-t-il martelé, inscrivant cette action dans une logique de gouvernance responsable et de préservation du patrimoine collectif.
Si a admis que « des actes de violence ont été constatés de part et d’autre », Me Bamba Cissé rappelle toutefois que « L’État est dépositaire de la violence légitime»
Reconnaissant que les événements ont donné lieu à des affrontements, Me Bamba Cissé a admis que « des actes de violence ont été constatés de part et d’autre ». Il a toutefois tenu à rappeler que l’État ne saurait se satisfaire de telles dérives. « Ce n’est ni confortable, ni conforme à mes principes », a-t-il confié. Revenant sur le rôle des forces de défense et de sécurité, il a rappelé un principe fondamental : « L’État est dépositaire de la violence légitime ». Mais cette violence, a-t-il précisé, doit être strictement encadrée. « Elle doit être calculée, équilibrée, nécessaire pour faire cesser un fait, sans aller au-delà pour commettre des actes qui relèveraient de l’infraction pénale », dira-t-il.
Néanmoins, annonçant « une enquête sans complaisance », il permet que les autorités n’hésiteront pas à sanctionner les dépassements : « Nous ne tremblerons pas lorsqu’il s’agira de distribuer des sanctions »
À ce titre, il a annoncé que « tout comportement constaté fera l’objet d’une enquête », promettant que les autorités n’hésiteront pas à sanctionner les dépassements. « Nous ne tremblerons pas lorsqu’il s’agira de distribuer des sanctions », a-t-il averti. Me Bamba Cissé a également évoqué plusieurs éléments jugés préoccupants, notamment la découverte d’objets dangereux dans l’enceinte universitaire. Il a fait référence à des vidéos montrant la détention de grenades lacrymogènes par des personnes non autorisées. « Cela n’a jamais été constaté dans l’histoire de l’université », a-t-il affirmé. Il a aussi évoqué la découverte d’armes blanches dans certaines chambres étudiantes. « Il ne s’agissait pas de simples couteaux de cuisine », a-t-il précisé, annonçant que des images seraient projetées et qu’une enquête a été ouverte sur la base des informations fournies par les autorités universitaires.
Par ailleurs, Me Bamba Cissé a fait état d’un autre incident, survenu après la victoire du Sénégal contre le Maroc, impliquant l’agression d’une personne à l’hôpital. « Les auteurs ont été interpellés et jugés en flagrant délit », a-t-il indiqué, soulignant que ces faits sont « documentés et vérifiables ».
« L’université n’est pas un lieu de guerre, mais un espace de connaissance et de paix », a-t-il insisté
Face aux accusations de violation des franchises universitaires, Me Bamba Cissé a été catégorique. « Les forces de défense et de sécurité ne violeront jamais les franchises universitaires », a-t-il déclaré, rappelant que le ministère de l’Intérieur est compétent sur l’ensemble du territoire national. Il a cité la loi n°94-19 du 24 novembre 1994, précisant qu’aucune portion du territoire ne peut échapper à l’application des lois de la République. Selon lui, les interventions visaient avant tout à « prévenir des dommages plus graves ».
Vers une nouvelle doctrine d’intervention
Dans la même veine, Me Bamba Cissé a annoncé une série de mesures structurelles et préventives. Parmi elles, la révision des protocoles d’intervention en milieu universitaire et la mise en place d’une cellule permanente de dialogue entre étudiants et forces de défense et de sécurité. Il a rappelé l’attachement du gouvernement à la doctrine du « maintien de l’ordre sans bavure », récemment réaffirmée par le Premier ministre Ousmane Sonko. « C’est une doctrine à laquelle nous croyons profondément », a-t-il insisté. « L’université n’est pas un lieu de guerre, mais un espace de connaissance et de paix », a-t-il conclu, assurant que l’État œuvrera pour que les universités demeurent des lieux d’apprentissage, à l’abri de toute forme de violence.
Actusen.sn
