Coup de frein brutal sur les dépenses publiques. Le Premier ministre Ousmane Sonko a décidé de « clouer au sol » les membres de son gouvernement. « Aucun ministre de mon gouvernement ne quittera le pays, sauf pour une mission essentielle liée au travail que nous menons actuellement », a-t-il martelé, vendredi soir, au stade Caroline Faye.
« Aucun ministre de mon gouvernement ne quittera le pays, sauf pour une mission essentielle liée au travail que nous menons actuellement »
Dans un ton grave, le chef du gouvernement n’a pas tourné autour du pot : « En fait, je voudrais vous informer et vous préparer à des situations extrêmement difficiles qui nous attendent ». Pour y faire face, il annonce avoir pris « un certain nombre de mesures de restriction drastique concernant les dépenses au niveau du gouvernement ».
« Vous saviez que je devais moi-même être le 8 au Niger, le 18 en Espagne sous l’invitation de Monsieur Pedro Sánchez, et le 19 à Paris pour un meeting politique. J’ai pris la décision de reporter toutes ces missions »
Première décision choc, « l’annulation de toutes les missions non essentielles à l’étranger ». Et pour montrer l’exemple, Ousmane Sonko s’applique la règle à lui-même. « Vous saviez que je devais être le 8 au Niger, le 18 en Espagne sous l’invitation de Monsieur Pedro Sánchez, et le 19 à Paris pour un meeting politique. J’ai pris la décision de reporter toutes ces missions », a-t-il confié devant les jeunes. Ainsi, il accorde une priorité absolue à la gestion interne. « Aucun ministre ne bougera du pays, sauf pour une mission essentielle », a-t-il répété, appelant à « un effort collectif » et à « une gestion rigoureuse des ressources publiques ».
Au-delà de « la dette exponentielle dont nous avons héritée, les cours mondiaux des hydrocarbures ont atteint un niveau presque historique », a-t-il expliqué
Pour justifier cette cure d’austérité, le Premier ministre pointe une situation héritée du régime de Macky Sall. « La dette exponentielle dont nous avons héritée n’est pas étrangère à cette situation », accuse-t-il.
Le tableau est sombre. Il s’agit d’une dette estimée à 132 % du PIB, des levées de fonds « de plus en plus difficiles » et un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars suspendu par le Fonds monétaire international. À cela s’ajoute la conjoncture internationale. « Les cours mondiaux des hydrocarbures ont atteint un niveau presque historique », a-t-il expliqué, évoquant un baril passé à « 115 dollars », loin des « 62 dollars » retenus dans les projections budgétaires.
Il envoie le ministre de l’énergie au front
Dans ce contexte tendu, Ousmane Sonko annonce d’autres mesures à venir, notamment dans le secteur énergétique. « Le ministère de l’Énergie va prochainement communiquer sur ces mesures », a-t-il indiqué, sans entrer dans les détails.
Actusen.sn
