Le Premier ministre a tiré la sonnette d’alarme sur la problématique de la nutrition au Sénégal, lors de sa communication présentée hier en Conseil des ministres. Devant les membres du gouvernement, il a rappelé que la sous-nutrition coûte chaque année au pays 856 millions de dollars, soit 3,2 % du revenu national brut.
En Conseil des ministres hier, le Premier ministre rappelle que la sous-nutrition coûte chaque année au pays 856 millions de dollars, soit 3,2 % du revenu national brut
Insistant sur le lien direct entre nutrition, santé, éducation et agriculture, le chef du gouvernement a souligné que ce secteur reste un enjeu majeur de développement humain et de performance économique. Le Premier ministre a rappelé les initiatives déjà prises par l’État. Il a cité la transformation de la Cellule de Lutte contre la Malnutrition en Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN), placé sous la tutelle de la Primature depuis 2020. Il a également évoqué la mise en œuvre de la Politique nationale de Développement de la Nutrition, ainsi que du Plan stratégique multisectoriel de la Nutrition 2024-2028. Le Sénégal participe aussi à plusieurs programmes internationaux en faveur de la nutrition, notamment Scaling Up Nutrition, Nutrition for Growth et les Objectifs de Développement durable.
Il cite des indicateurs alarmants : “Le retard de croissance touche encore 17 % des enfants de 0 à 5 ans. La prévalence du kwashiorkor est estimée à 10 %”
Malgré ces avancées, les indicateurs restent inquiétants. Le retard de croissance touche encore 17 % des enfants de 0 à 5 ans. La prévalence du kwashiorkor est estimée à 10 %. Dans le même temps, le gouvernement note une progression du surpoids et de l’obésité chez les enfants, les adolescents et surtout les femmes. L’obésité abdominale concerne désormais 22 % de la population.
“Progression du surpoids et de l’obésité chez les enfants, les adolescents et surtout les femmes. L’obésité abdominale concerne désormais 22 % de la population”
Le Premier ministre a pointé plusieurs faiblesses : un financement vulnérable, une coordination insuffisante entre les secteurs concernés, une implication limitée des collectivités territoriales et l’absence d’un système autonome d’information. Il a aussi relevé un décalage entre la politique actuelle de nutrition et les nouvelles orientations de l’Agenda national de Transformation.
Des instructions fermes avant fin 2026
Face à cette situation, le chef du gouvernement a demandé au ministre, Secrétaire général du gouvernement, de prendre les dispositions nécessaires pour : actualiser la Politique nationale de Développement de la Nutrition ; réviser le Plan stratégique multisectoriel 2024-2028 en cohérence avec le Masterplan 2025-2034 ; mettre en place, avant fin 2026, une plateforme digitale intégrée de gestion des données ; lancer une vaste stratégie de communication, de sensibilisation et d’éducation à la nutrition. Dans la même foulée, il a exhorté les ministres concernés à accorder une priorité élevée à l’exécution des plans d’actions sectoriels liés à la nutrition. Une manière de montrer que, pour l’exécutif, la bataille contre la malnutrition est désormais une urgence nationale.
Actusen.sn
