Face au chef de l’État, ce vendredi, à l’occasion de la traditionnelle remise des cahiers de doléances, Mody Guiro n’a pas fait dans la langue de bois.
« La situation sociale actuelle dans notre pays n’est pas celle que nous avions souhaitée ».
Le patron de la CNTS a d’emblée rappelé la gravité de la situation sociale, estimant que « la situation sociale actuelle dans notre pays n’est pas celle que nous avions souhaitée ».
« Le dialogue et la concertation ne doivent jamais être rompus parce que c’est à travers ces instances que la confiance s’installe »
Dans un discours ferme, il a insisté sur la nécessité de préserver les cadres d’échanges entre gouvernement, patronat et syndicats. « Le dialogue et la concertation ne doivent jamais être rompus parce que c’est à travers ces instances que la confiance s’installe », a-t-il martelé.
« Nous ne pouvons plus continuer à nous engager dans des pactes où les règles du jeu ne sont pas respectées »
Revenant sur les engagements pris dans le cadre de la paix sociale, Mody Guiro a rappelé la posture responsable des travailleurs. « Nous avons respecté nos engagements pour une paix sociale durable en faisant preuve de disponibilité pour un dialogue franc et sincère », a-t-il déclaré.
Mais visiblement agacé par certaines lenteurs, le responsable syndical a averti : « Nous ne pouvons plus continuer à nous engager dans des pactes où les règles du jeu ne sont pas respectées ». Une phrase répétée avec insistance, traduisant le malaise grandissant des centrales syndicales.
Les revendications des femmes sur l’instauration d’un congé de maternité de 18 semaines, la création de crèches sur les lieux de travail et l’accélération de la ratification de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail
Au chapitre des doléances sectorielles, les femmes travailleuses ont occupé une place importante. Mody Guiro a relayé leurs revendications portant sur l’instauration d’un congé de maternité de 18 semaines, la création de crèches sur les lieux de travail et l’accélération de la ratification de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail, relative aux violences et au harcèlement en milieu professionnel.
Dette intérieure et ses conséquences, il met Diomaye devant ses responsabilités
Le secrétaire général de la CNTS a également attiré l’attention du chef de l’État sur les conséquences du non-paiement de la dette intérieure. Selon lui, cette situation a eu « des implications directes et difficiles pour les travailleurs du secteur du pétrole et du bâtiment ». Ce n’est pas tout puisque, Mody Guiro a rappelé que les travailleurs restent ouverts aux discussions, tout en attendant des actes concrets. « Une fois de plus, nous voici devant votre excellence pour échanger sur les principales préoccupations des travailleurs sénégalais », a-t-il lancé, comme pour signifier que l’heure des réponses a sonné.
Actusen.sn
