ActualitéLFR 2026 : l’APR alerte sur la croissance, les recettes publiques...

LFR 2026 : l’APR alerte sur la croissance, les recettes publiques et l’endettement

Date:

Partager :

- Advertisement -

La Cellule analyses et prospective de l’Alliance pour la République (APR) a publié une note consacrée à la situation économique et budgétaire du Sénégal, à la suite du rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale. Dans ce document, le parti dirigé par l’ancien président Macky Sall relève plusieurs difficultés, notamment le ralentissement de la croissance, la baisse des recettes fiscales et l’augmentation du déficit budgétaire. Il s’interroge également sur l’évolution des dépenses publiques et les conditions de financement de l’État.

Dans sa note, la Cellule analyses et prospective de l’APR revient sur les orientations économiques adoptées entre 2014 et 2024, période durant laquelle le Plan Sénégal émergent (PSE) constituait le principal cadre de référence des politiques publiques. Selon le parti, la remise en cause, en 2024, des données relatives à la dette publique par les nouvelles autorités aurait affecté la perception de la situation financière du Sénégal auprès de ses partenaires. L’APR estime toutefois que ces déclarations n’ont pas été suffisamment étayées à ce jour.

Une croissance économique revue à la baisse

L’un des principaux points soulevés par l’APR concerne les perspectives de croissance économique pour 2026. D’après les chiffres présentés dans sa note, le taux de croissance initialement attendu autour de 5 % est désormais estimé à 2,7 %.

Pour le parti, cette révision traduit un écart important entre les prévisions initiales et les perspectives économiques actuelles. Si les chocs extérieurs peuvent contribuer à expliquer cette évolution, l’APR considère qu’ils ne suffisent pas à exonérer les autorités de leur responsabilité dans la conduite de la politique économique.

Le document met notamment en avant les risques d’un enchaînement entre ralentissement de la croissance, diminution des recettes publiques, augmentation des besoins de financement et réduction des marges budgétaires. Une telle dynamique pourrait, selon l’analyse du parti, peser sur les investissements et sur les perspectives de croissance à moyen terme.

Les recettes fiscales revues à la baisse

La note s’intéresse également à l’évolution des recettes fiscales prévues dans le projet de loi de finances rectificative pour 2026. Selon les chiffres qu’elle rapporte, ces recettes passent de 5 384,8 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale à 4 931,5 milliards de FCFA dans le projet de LFR, soit une diminution prévisionnelle de 453,3 milliards de FCFA, correspondant à environ 8,4 %.

L’APR estime que cet écart soulève des interrogations sur la fiabilité des prévisions budgétaires et sur la capacité de l’État à mobiliser les ressources attendues.

Le parti pointe également les résultats du Programme de redressement économique et social (PRES). Selon la note, les recettes fiscales attendues de ce programme auraient été revues à la baisse de 400,1 milliards de FCFA, soit environ 57 % des prévisions initiales. L’APR en déduit qu’environ 43 % des recettes initialement escomptées seraient mobilisées à la fin de l’année 2026.

Le document cite par ailleurs les déclarations du ministre des Finances, selon lesquelles les recettes collectées au titre du PRES s’élevaient à 162 milliards de FCFA à la fin du mois de septembre 2026. Pour l’APR, ces chiffres mettent en évidence les difficultés liées aux hypothèses de mobilisation des ressources retenues au départ.

Un déficit budgétaire en hausse

L’évolution du déficit budgétaire constitue un autre axe majeur de la note. Selon les données qui y sont présentées, le déficit prévu pour 2026 passe de 1 245,1 milliards de FCFA, soit environ 5,4 % du produit intérieur brut (PIB), dans la loi de finances initiale, à 1 735,2 milliards de FCFA, soit 7,6 % du PIB, dans le projet de LFR.

Cette révision représente une dégradation d’environ 490,1 milliards de FCFA par rapport aux prévisions initiales.

La note fait également état d’une variation nette de l’encours de la dette estimée à 2 258 milliards de FCFA et d’un besoin de financement d’environ 6 961,3 milliards de FCFA. Ces montants alimentent les préoccupations de l’APR concernant la soutenabilité des finances publiques et les conditions dans lesquelles l’État devra couvrir ses besoins de financement.

Le parti relève, en outre, l’absence de publication du bulletin statistique de la dette pour l’année 2025, les dernières données officielles mentionnées dans son document portant sur 2024. Il estime que cette situation limite la visibilité sur l’évolution récente de l’endettement public.

Sur la base des niveaux d’endettement qu’elle rapporte pour 2024, évalués à 119 % du PIB pour l’administration centrale et à 129 % pour le secteur public, la Cellule analyses et prospective considère que le ratio de la dette pourrait avoir augmenté depuis lors. Cette évolution reste toutefois à confirmer par des données actualisées.

Le coût de la dette et les conditions de financement

L’APR attire également l’attention sur la progression des charges liées à la dette. D’après sa note, les intérêts et commissions passent de 1 190,6 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale pour 2026 à 1 285,2 milliards de FCFA dans le projet de LFR, soit une augmentation de 94,6 milliards de FCFA.

Pour 2027, ces charges sont prévues à 1 303,9 milliards de FCFA dans le projet de loi de finances, ce qui représenterait une hausse supplémentaire de 18,7 milliards de FCFA par rapport au montant retenu dans la LFR 2026.

Le document évoque également les dégradations successives de la notation souveraine du Sénégal et le recours aux marchés financiers pour couvrir les besoins de financement de l’État. Selon l’APR, ces facteurs pourraient renforcer les inquiétudes des investisseurs et contribuer à renchérir le coût des emprunts.

La note mentionne, dans ce contexte, une baisse de 4,2 % de la valeur des obligations souveraines sénégalaises. Elle estime que les incertitudes politiques et budgétaires pourraient accentuer les tensions sur les conditions de financement du pays. Ces appréciations traduisent toutefois l’analyse du parti et nécessiteraient des données complémentaires pour mesurer précisément leur portée.

Des dépenses de fonctionnement également en hausse

Au-delà des recettes et de l’endettement, l’APR s’interroge sur l’évolution des dépenses publiques. Selon les chiffres de sa note, les dépenses de fonctionnement consacrées aux biens et services augmentent de 35,7 milliards de FCFA dans le projet de LFR 2026. Les transferts courants enregistrent, quant à eux, une hausse de 499,3 milliards de FCFA.

Pour le parti, cette progression soulève la question de la cohérence entre les dépenses de fonctionnement, les efforts demandés aux populations et les ressources disponibles pour financer les investissements publics.

L’APR estime ainsi que l’évolution de ces postes budgétaires mérite d’être examinée au regard du ralentissement de la croissance et de la réduction des recettes attendues.

Le rejet de la LFR au centre des interrogations

En conclusion, la Cellule analyses et prospective de l’APR considère que les révisions opérées dans le projet de LFR 2026 révèlent des difficultés dans les prévisions de recettes, la maîtrise du déficit et le financement du budget. Elle met également en avant les risques associés à l’évolution de la dette et aux conditions d’accès de l’État aux marchés financiers.

La publication de cette note intervient dans un contexte marqué par le rejet du projet de loi de finances rectificative par les députés. À travers cette analyse, l’APR critique les choix économiques et budgétaires des autorités actuelles et appelle, implicitement, à une meilleure cohérence entre les objectifs annoncés, les ressources mobilisables et les dépenses publiques.

Les constats avancés dans le document constituent la lecture du parti sur la situation économique et budgétaire du Sénégal. Leur appréciation complète suppose de les confronter aux données officielles détaillées, ainsi qu’aux explications du gouvernement sur les révisions opérées dans le budget 2026.

Actusen.sn

- Advertisement -

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents

Articles similaires

Rejet de la LFR 2026 : le Forum civil appelle au dialogue entre le gouvernement et l’Assemblée nationale

Le Forum civil, section sénégalaise de Transparency International, a exprimé ses préoccupations à la suite du rejet, le...

Kaolack : un individu arrêté pour détention et trafic de chanvre indien, portant sur une saisie de 3,7 kg et de 15 cornets

Le Commissariat d’arrondissement de Ndorong a interpellé un individu à Kasnac (Kaolack) pour détention et trafic de chanvre...

Lutte contre la drogue à Ngor-Almadies : 21 kg de chanvre indien saisis et deux individus interpellés

Dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants dans les secteurs de Ngor et des...

Gestion du parc automobile de l’Assemblée nationale : les révélations explosives d’Abdou Mbow

Le député de l’Alliance pour la République (APR), Abdou Mbow, a vivement critiqué la gestion des véhicules et...