Réuni ce jeudi, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) a dressé un tableau critique de la situation politique, économique et sociale du Sénégal. Le parti de Macky Sall annonce l’ouverture, dès novembre, de concertations avec les forces politiques et sociales en vue de constituer un « puissant bloc politique » pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « gouvernance de ruine imposée par Pastef ». L’APR prévoit également une grande manifestation le 1er décembre prochain pour célébrer le 18e anniversaire de sa création.

L’Alliance pour la République (APR) affiche ses ambitions politiques et appelle à un large rassemblement des forces opposées au régime en place. Dans un communiqué rendu public à l’issue de la réunion de son Secrétariat exécutif national (SEN), tenue ce jeudi 5 novembre 2026, le parti de Macky Sall a fait une analyse de la situation nationale et défini ses orientations pour les prochaines semaines.

L’Alliance pour la République (APR) affiche ses ambitions politiques et appelle à un large rassemblement des forces opposées au régime en place

Sur le plan politique, le SEN estime que le Sénégal traverse « une période marquée par une dégradation continue des conditions économiques et sociales, une guérilla institutionnelle persistante entre les pouvoirs exécutif et législatif, ainsi qu’une profonde crise de cohérence au sommet de l’État ».

Pour Macky Sall et ses camarades, les derniers épisodes connus à l’assemblée nationale constituent « une illustration supplémentaire des difficultés de gouvernance, de l’incurie et de l’impréparation dans la conduite des affaires publiques auxquelles le pays est confronté depuis deux ans et demi »

L’APR pointe notamment le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale, le 3 novembre dernier, ainsi que les manœuvres de la commission des finances autour du projet de Loi de finances initiale (LFI) 2027. Pour le parti, ces épisodes constituent « une illustration supplémentaire des difficultés de gouvernance, de l’incurie et de l’impréparation dans la conduite des affaires publiques auxquelles le pays est confronté depuis deux ans et demi ».

Le SEN considère que ces deux actes, qu’il présente comme « inédits dans le processus législatif d’adoption des lois de finances », consacrent « la fracture désormais manifeste entre les deux composantes du pouvoir, plébiscitées par les Sénégalais en mars 2024 ». Il s’interroge également sur « la capacité des deux factions au pouvoir à trouver un compromis permettant de garantir la stabilité institutionnelle et la sérénité indispensables à la conduite des affaires publiques ».

Dans son communiqué, l’APR estime que les Sénégalais continuent de subir les conséquences de tensions politiques « motivées par des enjeux de contrôle du pouvoir, au détriment des attentes légitimes des populations ». Face à la détérioration des principaux agrégats macroéconomiques, le parti appelle à des dirigeants capables de « garantir la stabilité, la visibilité et d’apporter des réponses concrètes aux urgences économiques et sociales ».

 Un « puissant bloc politique » en perspective

C’est dans ce contexte que l’APR entend prendre part à la recomposition du paysage politique. Le SEN affirme que le parti « entend exercer pleinement son rôle dans le débat démocratique, en contribuant à la mise en place d’un large rassemblement des forces politiques, sociales et citoyennes pour défendre la République et ses ».

Ainsi, le parti réitère son « appel solennel à l’ensemble des forces vives de la Nation pour la construction d’un puissant bloc politique destiné à mettre fin à la gouvernance de ruine imposée par le Pastef »

Fort de son « expérience gouvernementale, de son implantation territoriale et de son organisation militante », le parti réitère son « appel solennel à l’ensemble des forces vives de la Nation pour la construction d’un puissant bloc politique destiné à mettre fin à la gouvernance de ruine imposée par le Pastef ».

À cet effet, l’APR préconise l’ouverture, dès le mois de novembre, de larges concertations avec les partis politiques, les mouvements et les personnalités partageant des préoccupations communes sur « la gouvernance, la démocratie, les libertés publiques et les perspectives économiques du Sénégal ».

Sur la vie interne du parti, le Secrétariat exécutif national se félicite de la reprise de la dynamique de remobilisation engagée depuis septembre sur l’ensemble du territoire national. Il cite notamment l’élan observé dans les départements de Tambacounda, Matam, Koumpentoum, Kaffrine et Guédiawaye.

Le SEN estime toutefois que cette dynamique doit franchir une nouvelle étape, en passant « d’une logique de mobilisation ponctuelle à une véritable stratégie de consolidation organisationnelle et de reconquête territoriale ».

Les priorités du mois de novembre porteront notamment sur la poursuite des assemblées générales dans plusieurs départements, dont Saint-Louis, Dagana, Podor, Matam, Mbour, Diourbel, Kolda, Sédhiou, Bambey, Mbacké, Bignona et Fatick. L’APR prévoit également d’accélérer l’installation des comités de base et de remobiliser ses mouvements internes, notamment les femmes, les jeunes, les étudiants et les enseignants, à travers des initiatives spécifiques.

Dans le cadre de l’animation de ses structures, le SEN annonce par ailleurs la célébration, le 1er décembre 2026, du 18e anniversaire de la création de l’APR, à travers « une grande manifestation à portée nationale ». Il appelle l’ensemble des responsables, élus, militants et sympathisants à se mobiliser autour des orientations définies. D’ailleurs, le communiqué aborde la tenue des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) au Sénégal. L’APR salue l’organisation de cet événement et rappelle qu’il constitue « l’aboutissement d’une ambition portée par le Président Macky Sall », qui avait fait du rayonnement international du Sénégal et de sa transformation structurelle des priorités majeures de son action.

Le SEN estime que les JOJ témoignent de « la portée des investissements engagés dans les infrastructures sportives, les transports et l’aménagement du territoire, notamment à Diamniadio ».

Pour le parti, « l’héritage des Jeux dépasse les clivages politiques et relève pleinement du patrimoine national ». Il appelle ainsi à sa préservation, à sa valorisation et à son exploitation optimale au bénéfice de la jeunesse sénégalaise et des générations futures.

Actusen.sn