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Rejet de la Lfr 2026, fonds spéciaux, avantages du président de l’Assemblée… : Idrissa Samb charge Sonko et El Malick   

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Rejet de la LFR 2026 – Fonds spéciaux, Bourses de sécurité familiale, projets d’infrastructures à Linguère et avantages à l’Assemblée nationale : le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle est monté au créneau. Lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi dans son fief politique, le ministre Idrissa Samb a vivement critiqué la posture de la majorité parlementaire Pastef-Les Patriotes. Il dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation des institutions et une primauté des intérêts partisans sur ceux des populations.

Le rejet de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 par la majorité parlementaire Pastef-Les Patriotes continue de susciter des réactions au sein de la mouvance présidentielle. À Linguère, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Idrissa Samb, a pris la parole pour dénoncer l’attitude des députés de Pastef et défendre les orientations du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Lors de cette conférence de presse organisée ce vendredi dans son fief politique, il a notamment évoqué les fonds spéciaux, les Bourses de sécurité familiale, les projets d’infrastructures prévus dans le département de Linguère, mais qui risquent de se heurter au blocage de la LFR 2026, ainsi que les avantages accordés à certains responsables de l’Assemblée nationale.

D’emblée, Idrissa Samb estime que, depuis la formation du nouveau gouvernement, le pays assiste à « une forme de chantage politique entretenu par Pastef ». Il rappelle que les premières manifestations de cette situation ont porté sur la question des fonds spéciaux, avant de s’étendre au projet des grands transferts d’eau destiné à Touba, dont certains responsables ont voulu remettre en cause la réalisation.

« D’autres institutions de la République disposent également de fonds spéciaux. C’est notamment le cas du Président de l’Assemblée nationale, qui bénéficie de 50 millions de francs CFA par mois, en plus d’un salaire mensuel de 9 millions de francs CFA et de diverses indemnités »

Sur la question des fonds spéciaux, le ministre rappelle que ces ressources sont encadrées par la loi et que leur gestion obéit à des règles précises. Il souligne également que le président de la République n’est pas la seule autorité à en bénéficier. « D’autres institutions de la République disposent également de fonds spéciaux. C’est notamment le cas du Président de l’Assemblée nationale, qui bénéficie de 50 millions de francs CFA par mois, en plus d’un salaire mensuel de 9 millions de francs CFA et de diverses indemnités », fait-il savoir.

« À titre de comparaison, même les directeurs généraux les mieux rémunérés au Sénégal ne perçoivent pas de tels montants mensuellement »

Pour Idrissa Samb, il est paradoxal que certains responsables, après avoir bénéficié de ces avantages, réclament désormais un contrôle des fonds spéciaux du président de la République. Il s’interroge notamment sur les conséquences d’une telle exigence sur les dépenses relevant de la discrétion institutionnelle. « Faut-il désormais que les aides apportées par le chef de l’État aux chefs religieux, aux personnes démunies et aux autres nécessiteux soient systématiquement accompagnées de décharges ? C’est pourtant ce que laisse entendre cette volonté de contrôle entretenue par Pastef », dira-t-il.

« Faut-il désormais que les aides apportées par le chef de l’État aux chefs religieux, aux personnes démunies et aux autres nécessiteux soient systématiquement accompagnées de décharges ? C’est pourtant ce que laisse entendre cette volonté de contrôle entretenue par Pastef »

Dans la même dynamique, le ministre revient sur l’enveloppe dont disposait Ousmane Sonko lorsqu’il était Premier ministre. Selon lui, le leader de Pastef avait lui-même déclaré bénéficier d’une enveloppe de 1 milliard 770 millions de francs CFA. Une somme qui, rapportée à une année, représente environ 5 millions de francs CFA par jour, relève Idrissa Samb. « À titre de comparaison, même les directeurs généraux les mieux rémunérés au Sénégal ne perçoivent pas de tels montants mensuellement », souligne-t-il.

« Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonk bénéficie d’une enveloppe de 50 millions de francs CFA par mois, soit l’équivalent de près de 2 millions de francs CFA par jour. Et c’est cette même personnalité qui prétend incarner la voix du peuple »

Il s’étonne, dans ce contexte, que l’ancien Premier ministre n’ait plaidé pour un contrôle de ces fonds qu’après son départ de la Primature. Le ministre établit également une comparaison avec la situation actuelle du président de l’Assemblée nationale. « Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, il bénéficie, selon les chiffres avancés, d’une enveloppe de 50 millions de francs CFA par mois, soit l’équivalent de près de 2 millions de francs CFA par jour. Et c’est cette même personnalité qui prétend incarner la voix du peuple », lance-t-il.

« Sans l’adoption de la loi de finances rectificative, plusieurs de nos projets dans le Djolof risquent de ne pas pouvoir être exécutés »

Autre point abordé par Idrissa Samb : les Bourses de sécurité familiale. Le ministre rappelle que ce programme, hérité du régime de Macky Sall, concernait quelque 350 000 familles en 2024. En 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a voulu porter ce nombre à 470 000 familles, pour une enveloppe globale de 70 milliards de francs CFA. Une initiative qui, selon lui, a été politisée par certains députés, lesquels auraient laissé entendre que le chef de l’État cherchait, à travers cette extension, à se constituer une base électorale ou à engager une bataille politique. Idrissa Samb leur reproche également d’avoir opposé au dispositif proposé la formule : « le robinet au sachet d’eau », pour justifier leur refus de voter la loi de finances rectificative.

Le Ministre met en cause les députés de Linguère, El Malick Ndiaye et Saye Cissé

Dans son intervention, le ministre n’a pas manqué d’interpeller les deux représentants du département de Linguère à l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye et Saye Cissé. Il estime que leur posture actuelle « n’honore pas notre département », leur reprochant d’avoir choisi de soutenir les positions de Pastef au détriment des intérêts des populations qu’ils sont censés représenter.

« Pourtant, nous nous sommes tous mobilisés et avons mouillé le maillot pour contribuer à leur élection », rappelle-t-il. Idrissa Samb affirme que le programme de campagne comportait plusieurs projets d’infrastructures destinés à améliorer les conditions de vie des populations de Linguère. Mais, à ses yeux, Pastef ferait désormais obstacle à leur réalisation.

« Le constat est donc sans appel : la priorité semble être accordée aux intérêts du parti plutôt qu’à ceux de la patrie. »

Le ministre établit ainsi un lien direct entre le rejet de la LFR et les perspectives d’exécution de ces projets. « Or, sans l’adoption de la loi de finances rectificative, plusieurs de ces projets risquent de ne pas pouvoir être exécutés », prévient-il. Avant de déplorer ce qu’il considère comme une inversion des priorités : « Le constat est donc sans appel : la priorité semble être accordée aux intérêts du parti plutôt qu’à ceux de la patrie. »

Abordant les révélations faites par Abdou Mbow sur les neuf anciens ministres recasés à l’Assemblée nationale et qui bénéficieraient de véhicules et de divers autres avantages, Idrissa Samb annonce vouloir mettre en lumière une situation qu’il juge encore plus préoccupante. Selon le ministre, « deux cabinets cohabitent actuellement à l’Assemblée nationale ». Il précise qu’Ousmane Sonko a mis en place son propre cabinet depuis son arrivée à la tête de l’institution, mais que celui de son prédécesseur, El Malick Ndiaye, serait toujours en place et n’aurait pas été dissous. « Il compterait encore plusieurs chargés de mission ainsi que des conseillers techniques », révèle-t-il. Cette situation vient, selon lui, s’ajouter aux avantages déjà dénoncés concernant les anciens ministres nommés conseillers à l’Assemblée nationale.

« Le président ne nous a nullement mandatés »

Pour terminer, Idrissa Samb a tenu à clarifier le cadre de sa prise de parole, en précisant que sa démarche n’engage pas directement le chef de l’État. « Le président de la République ne nous a nullement mandatés pour prendre la parole ou publier un communiqué en son nom », insiste-t-il. Le ministre revendique plutôt une initiative relevant de sa responsabilité politique et citoyenne. « Face à la multiplication des manipulations et des contrevérités, nous estimons qu’il est de notre devoir de rétablir les faits, de déconstruire les discours trompeurs et de dénoncer les contradictions de ceux qui prétendent défendre l’intérêt général », dira-t-il.

Amadou DIA (Actusen.sn)

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