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Accusée d’avoir tué son nouveau né : Mame Diarra Mbengue encourt la perpétuité 

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Devant la chambre criminelle, Mame Diarra Mbengue a comparu pour un crime d’une gravité extrême. La mort suspecte de son nourrisson, une fillette âgée d’à peine quelques jours. Accusée d’avoir tué sa propre fille, elle nie catégoriquement les faits. «Je ne savais pas que j’étais enceinte», affirme-t-elle, les yeux figés, comme si elle se parlait à elle-même autant qu’à la cour. Selon ses dires, rien dans son corps ne laissait présager une grossesse. Ses règles étaient régulières, elle n’avait ressenti aucun bouleversement physique et n’a jamais consulté un médecin. Une explication difficile à croire, surtout pour une femme déjà mère de deux enfants. Pourtant, elle reste ferme sur sa version cette grossesse lui aurait complètement échappé.

Le jour de l’accouchement, elle raconte avoir été prise de douleurs violentes. Seule, elle aurait donné naissance à la petite Nd. F. avant de se rendre à l’hôpital à cause de complications post-partum. Elle soutient avoir pris soin de sa fille : «Je l’ai nommée Nd. F, je l’ai allaitée, je l’ai lavée», confie-t-elle. Mais tout bascule un matin. Partie brièvement à la boutique, elle découvre du sang en rentrant. Paniquée, elle prévient sa colocataire ainsi que son bailleur. À l’hôpital, le constat est glaçant : le nourrisson présente des signes de violence, notamment des ecchymoses sur les bras et du sang dans la bouche. L’autopsie conclut à une asphyxie mécanique, que le parquet assimile à une strangulation.

Le père de l’enfant, Adama Diouf, dit n’avoir jamais été informé de la grossesse. Pourtant, il affirme avoir vu l’enfant, participé aux dépenses de santé et même envisagé d’épouser Mame Diarra. Une voisine, Ndèye Badji, affirme quant à elle que l’accusée a déjà caché des grossesses. Ce que cette dernière réfute fermement. Elle reconnaît ne pas avoir crié ni appelé à l’aide, mais nie avoir voulu dissimuler quoi que ce soit. Elle rejette également toute forme de maltraitance ou de geste fatal. Pour le ministère public, les faits parlent d’eux-mêmes. Il évoque des incohérences dans les déclarations, des agissements ambigus et surtout, une cause de décès incompatible avec une mort naturelle. Le procureur est catégorique, la fillette a été tuée volontairement. Il demande la réclusion criminelle à perpétuité.

Face à cette accusation implacable, la défense, assurée par Me Ndack Leye, plaide un autre regard, celui d’une femme seule, divorcée, en détresse. Son avocate tente de déconstruire les soupçons : «Si elle avait voulu cacher cette grossesse, elle n’aurait pas nommé l’enfant. Elle ne serait pas allée à l’hôpital. Elle n’aurait pas appelé sa voisine.» Le sort de Mame Diarra Mbengue est désormais entre les mains du tribunal, qui rendra son verdict le 27 mai.

Aïssatou TALL (Actusen.sn)

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