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Administration pénitentiaire : fin de la fouille à nu à l’admission des détenus

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L’Administration pénitentiaire sénégalaise annonce un changement important dans les procédures appliquées lors de l’admission des détenus dans les établissements pénitentiaires. Désormais, la fouille à nu ne devra plus constituer une pratique systématique, conformément à une note de service signée par le Directeur général de l’Administration pénitentiaire.

Cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer le respect des droits humains et de préserver la dignité des personnes privées de liberté, tout en maintenant les exigences de sécurité au sein des établissements pénitentiaires. La fouille demeure en effet un outil essentiel de sécurisation des prisons. Elle permet notamment de prévenir l’introduction d’objets ou de produits prohibés susceptibles de menacer la sécurité des détenus, du personnel pénitentiaire ou des visiteurs. Elle est encadrée au niveau national par les articles 135 et 177 du décret n° 2001-362 du 4 mai 2001, relatif aux procédures d’exécution et d’aménagement des sanctions pénales. Elle est également encadrée par les Règles 50 à 52 des Règles Mandela des Nations unies.

Cependant, l’Administration pénitentiaire reconnaît que certaines pratiques doivent être davantage humanisées, particulièrement lorsqu’il s’agit de la fouille à nu. Dans sa note, le Directeur général estime que cette procédure peut revêtir un caractère humiliant et dégradant et porter atteinte à la dignité humaine, même lorsqu’elle répond à un impératif de sécurité. La nouvelle directive vise ainsi à instaurer des modalités de fouille plus respectueuses des personnes détenues.

À leur arrivée dans les établissements pénitentiaires, les détenus devront désormais être fouillés individuellement, dans des locaux ou des box aménagés à cet effet. Un responsable devra également être désigné pour superviser ces opérations. Autre mesure importante, la fouille systématique des nouveaux détenus ne devra être effectuée qu’en cas de nécessité. Surtout, les personnes admises en prison ne devront plus être entièrement déshabillées lors des opérations de contrôle. La fouille devra être réalisée en leur laissant leur culotte.

Le texte précise toutefois qu’une exception demeure possible. En cas de présomption précise d’infraction ou de risque avéré pour la sécurité, lorsque la palpation au-dessus des sous-vêtements s’avère insuffisante, une fouille à nu pourra exceptionnellement être pratiquée. Dans tous les cas, la procédure devra être menée avec tact, sans brutalité et dans le respect de la dignité de la personne. Le Directeur général rappelle également que la fouille doit être effectuée par un personnel pénitentiaire du même sexe que la personne concernée.

Cette réforme traduit donc un changement d’approche. Il ne s’agit pas de remettre en cause les impératifs de sécurité dans les prisons, mais de rechercher un meilleur équilibre entre la prévention des risques et le respect des droits fondamentaux des détenus. La mesure prend effet dès sa date de signature et devra être strictement appliquée par les directeurs des établissements pénitentiaires.

Aissata TALL (Actusen.sn)

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