Inculpé puis placé sous mandat de dépôt dans l’affaire dite des billets noirs, Ahmadou Bamba Ndiaye, alias Usine, a été entendu par les enquêteurs de la Brigade de recherches de Faidherbe. Dans son procès-verbal d’audition, il affirme notamment que son neveu Oumar Kane, alias Reug Reug, était informé de l’opération et devait en tirer une part. Ces déclarations restent celles du mis en cause et devront être confrontées aux autres éléments du dossier.
Entendu le 25 septembre 2026 par un officier de police judiciaire de la Brigade de recherches de Dakar, Ahmadou Bamba Ndiaye, 31 ans, s’est présenté comme lutteur professionnel. D’après les informations relayées par Seneweb, les enquêteurs l’ont notamment interrogé sur ses relations avec Diégane Faye, présenté comme son guide mystique, et Oumar Kane, alias Reug Reug, dont il a précisé qu’il était son neveu. Selon son récit, c’est Diégane Faye qui l’aurait informé de la présence d’un technicien capable de procéder au lavage de billets noirs. Il affirme s’être rendu dans un appartement pour assister à l’opération. Il soutient être arrivé les mains vides, après avoir été guidé par téléphone par Diégane Faye. C’est ensuite que le nom de son neveu apparaît dans son récit. Ahmadou Bamba Ndiaye affirme avoir appelé Oumar Kane après avoir vérifié les lieux. Il lui aurait demandé de venir avec un carton contenant les billets noirs. Selon ses déclarations consignées dans le procès-verbal, Reug Reug serait arrivé à bord d’un véhicule de marque Mazda X-5 avec le carton. Interrogé sur ce que savait son neveu, Ahmadou Bamba Ndiaye aurait répondu que ce dernier était conscient de la nature des billets. Il affirme également qu’en cas de réussite de l’opération, Reug Reug devait recevoir une part du produit attendu.
Sur l’origine des billets, Ahmadou Bamba Ndiaye a cité un certain G.M., présenté comme un plombier résidant dans un village de la région de Thiès et actuellement recherché. Selon son récit, cet homme lui aurait remis le carton une vingtaine de jours avant son interpellation. Il aurait sollicité son aide pour trouver un technicien capable de transformer les billets noirs en billets ayant cours légal. Ahmadou Bamba Ndiaye affirme que la contre-valeur attendue en cas de réussite de l’opération était estimée à environ 750 millions de francs Cfa. Il précise toutefois que G.M. ne lui aurait pas indiqué la nature exacte des coupures, mais uniquement leur contre-valeur. Lors d’une seconde audition, le 26 septembre, les enquêteurs l’ont également interrogé sur une machine destinée à la production de billets. Ahmadou Bamba Ndiaye aurait expliqué que cette machine était tombée en panne et qu’un certain A., toujours non interpellé, se serait rendu en Gambie pour la réparer. Il affirme lui avoir remis 1,5 million de francs Cfa pour les frais liés à cette réparation, avant de perdre contact avec lui.
Autre élément ont été évoqué lors de l’audition. En effet, Ahmadou Bamba Ndiaye aurait initialement fait état de sept autres personnes impliquées dans le projet. Il serait ensuite revenu sur cette déclaration devant les enquêteurs, affirmant que ces prétendus associés n’existaient pas. Selon sa propre explication, il aurait inventé leur existence pour faire croire aux personnes présentées comme des techniciens que plusieurs individus participaient à l’opération, dans l’espoir d’obtenir une part plus importante lors du partage. Ahmadou Bamba Ndiaye a finalement été inculpé dans le cadre de cette affaire puis placé sous mandat de dépôt. Le juge du troisième cabinet a également inculpé Reug Reug et Diégane Faye. Le lutteur a été placé sous contrôle judiciaire, tandis que son oncle et Diégane Faye ont été incarcérés. Les trois mis en cause sont poursuivis notamment pour association de malfaiteurs et tentative de contrefaçon de billets de banque, dans une affaire portant sur des billets noirs de 100 dollars dont la valeur est estimée à 830 millions de francs Cfa. Les déclarations d’Ahmadou Bamba Ndiaye constituent des éléments de l’enquête. Elles devront être confrontées aux autres pièces du dossier et aux déclarations des différents mis en cause.
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