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Affaire d’escroquerie au Visa : Lac de Guiers 2 risque un an de prison  

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Connu pour sa force dans l’arène, Lac de Guiers 2, de son vrai nom Pape Abdou Cissé, s’est retrouvé ce mardi 8 avril face aux juges du tribunal de grande instance de Pikine, non pas pour un duel sportif, mais pour répondre de faits graves : association de malfaiteurs et escroquerie au visa. Une affaire embarrassante qui jette une ombre sur la carrière du lutteur, accusé d’avoir profité de sa notoriété pour soutirer de l’argent à des candidats à l’émigration. Le dossier, dont le préjudice dépasse les 53 millions de francs CFA, met en cause une vingtaine de personnes qui affirment avoir été bernées par la promesse d’un voyage en Europe à l’occasion d’un combat en France.

Devant le tribunal, le lutteur a reconnu avoir perçu l’argent, tout en niant toute intention frauduleuse. «Mon but était simplement de les aider», s’est-il justifié, tout en rejetant la responsabilité sur Abdou Salam Diagne, présenté comme son préparateur mystique et également poursuivi, mais absent du procès car déjà incarcéré dans une autre affaire. «C’est lui qui a récupéré l’argent avec des décharges», a-t-il précisé à la barre.

Du côté des 18 parties civiles, la version ne passe pas. Leurs témoignages, tous concordants, désignent le lutteur comme le principal interlocuteur et bénéficiaire des sommes versées. Leur avocat, Me Oumar Kassé, a ainsi réclamé le remboursement intégral du préjudice, soit 53,6 millions de francs CFA, en rappelant que l’accusé avait déjà consigné 54 millions de francs à la Caisse de dépôts et consignations. Mais le parquet ne s’est pas laissé attendrir. Pour le procureur, l’accusé a sciemment profité de son image publique pour crédibiliser une opération sans fondement. «Lors de l’enquête, il a affirmé avoir agi seul», a martelé le représentant du ministère public. Il a demandé un an de prison ferme, estimant que le lutteur avait clairement abusé de la confiance des victimes.

La défense, pour sa part, a tenté d’adoucir les angles, en insistant sur les efforts de remboursement et l’absence de passé judiciaire de son client. Reste désormais à savoir si ces arguments pèseront dans la balance. Le verdict est attendu pour le 22 avril 2025, et d’ici là, c’est l’image d’un champion qui se joue, loin de l’arène, dans les couloirs feutrés de la justice.

 Aïssatou TALL (Actusen.sn)

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