L’affaire remonte au 12 décembre 2024, lorsque Maimouna Diop a quitté précipitamment son poste, sans prévenir sa patronne. Peu après son départ, cette dernière a constaté la disparition d’une somme de 780 000 F Cfa, qu’elle affirme avoir laissée dans son sac, posé dans le berceau de son enfant. Interrogée sur les faits, la jeune femme a nié toute implication, expliquant qu’elle n’avait pas ignoré volontairement les appels de son employeuse et que son téléphone était bien allumé. Cependant, plusieurs témoignages ont mis à mal sa version des faits.
Fatou Dia, une autre domestique travaillant dans la maison, a déclaré devant le tribunal que Maimouna Diop lui avait confié son intention de voler des tissus appartenant à sa patronne avant de quitter son emploi. Ces propos ont été confirmés par Ramatoulaye Diène, responsable de l’agence de placement qui l’avait recrutée. Cette dernière a ajouté que la prévenue s’était déjà plainte des conditions de travail et semblait déterminée à partir.
De son côté, la représentante du ministère public a souligné que Maimouna Diop avait volontairement rendu son téléphone injoignable après son départ et n’avait entrepris aucune démarche pour contacter son ancienne employeuse. Elle a également insisté sur le fait que la jeune femme n’était revenue à Dakar qu’après la diffusion de ses images sur les réseaux sociaux, ce qui, selon elle, prouvait qu’elle était consciente de sa culpabilité.
L’avocat de la défense, Me Mamadou Gueye, a plaidé la relaxe, mettant en avant l’absence de preuves matérielles. Il a souligné que l’accusation reposait uniquement sur des déclarations et qu’aucun élément concret ne prouvait que l’argent se trouvait effectivement dans le sac de l’employeuse au moment des faits.
«Il n’y a rien dans ce dossier qui justifie une condamnation», a-t-il martelé. Malgré ces arguments, le tribunal a estimé que les éléments à charge étaient suffisants pour établir la culpabilité de Maimouna Diop. La procureure a insisté sur la préméditation du vol, appuyée par les témoignages entendus lors de l’audience. À l’issue des débats, le tribunal a tranché. Le juge condamné la jeune nounou à deux ans de prison, dont huit mois ferme, ainsi qu’au paiement de 800 000 francs CFA de dommages et intérêts à son ancienne employeuse.
Aïssatou TALL (Actusen.sn)
