Ne le confondez pas avec Amadou Ba, l’ancien Premier ministre. A l’Assemblée nationale, on l’appelle Amadou Ba numéro 2. Contrairement à Amadou Ba numéro 1, lui est trop bavard. Son jeu favori, ces derniers temps, c’est de passer pour être le répondeur automatique de la majorité présidentielle. Mais c’est hier qu’il a manqué une belle occasion de se taire, en tentant vainement de nuire à la réputation du journal que vous tenez entre les mains. Si l’écharpe de député lui cause souvent l’estomac, il se perd par moment en voulant indiquer aux journalistes la direction à suivre, oubliant que ces derniers ont appris à ne pas compter sur ses services pour avoir de la matière, de l’information.
Informer juste et vrai est devenu un délit aux yeux d’Amadou Ba, de Pastef. N’en déplaise à ce député, qui s’ennuie beaucoup dans son bureau, parce que n’ayant rien à faire de plus sérieux. Sinon répondre à tous ceux qu’il considère être les détracteurs du régime. Il est tellement aveuglé par cette obsession que la réalité lui échappe.
Amadou Ba ou le répondeur automatique de Pastef
La moindre publication, susceptible à ses yeux de mettre en mal les autorités avec le peuple, il réagi. De son courage derrière le clavier, il n’hésite pas à nuire à la réputation des journalistes dont le seul tort est d’exploiter une information, aussi banale soit-elle. La dernière bavure de ce répondeur automatique, c’est d’accuser Source A, le journal que vous tenez entre les mains, d’avoir “verser dans la désinformation”. Mais le fond de son texte est aussi clair comme la lune.
Seulement, il a manqué hier une belle occasion de ne pas faire ce post destiné à nuire à la réputation de votre canard
Au-delà de confirmer l’information, il nous en sert davantage sur les gâteries et autres services gracieux de El Malick Ndiaye, à l’honneur des travailleurs de l’Assemblée. Allez lire son post Facebook.
La preuve, Amadou Ba n’a pas seulement confirmé la note d’information exploitée par SourceA, il est largement revenu sur les nouveaux services gracieux de El Malick Ndiaye à l’endroit de ses collègues
De quoi s’agit, puisqu’il en parle : une visite médicale, à l’endroit des députés et autre personnel administratif de l’Assemblée nationale, organisée les 25 (hier), 26 (aujourd’hui) et 27 février prochains à la Salle Marie Joséphine DIALLO, dans le cadre de la promotion de leur santé et de leur bien-être. Une information qu’on a exploitée comme telle, en se préservant de tout commentaire.
Le député de Pastef, jamais disponible pour les journalistes, tente de nous indiquer la direction à suivre selon que les informations sont favorables ou non à son parti politique
Seulement, venant de Amadou Ba, nous ne sommes pas surpris. Alors qu’il n’est jamais disponible pour servir les journalistes, dans leurs soucis de recoupement ou de vérification de l’information, les hommes des médias ont bien appris à se débrouiller sans lui. Sa nouvelle trouvaille désormais, c’est d’anticiper les informations susceptibles à ses yeux d’intéresser les rédactions. Estimant savoir toute la manière de procéder des journalistes, il tente vainement de nous indiquer la direction à suivre dans le traitement des informations. Dès la publication du rapport de la Cour de la Cour des comptes, il s’est fendu d’un post sur Facebook, condamnant les médias à faire face à leurs responsabilités. Ce qui est une lapalissade ! Mais ce n’est pas tout. Il s’est permis d’ajouter : “Les médias ont une occasion unique de montrer qu’ils ont définitivement adopté leur mutation éditoriale en faisant une large couverture du Rapport de la Cour des comptes sur les finances publiques, avec des universitaires, spécialistes et consultants de niveau exceptionnel. Ne ratez pas le train de l’histoire. Pas de polémiques inutiles, ni polémistes de comptoir. Il y va des finances publiques de la nation et des générations futures. Il faudra également faire des émissions spéciales en langue nationale pour révéler le contenu du Rapport au plus grand nombre.”
Quand ce sont ses adversaires politiques qui sont mis en cause, il conseille vivement d’en parler ; mais quand c’est le Pastef qui se perd, il faut circuler
Sa vision simpliste de la réalité est biaisée, pour ne pas dire que Amadou Ba l’entretient à dessein. Tant que ce sont les autres, ses adversaires politiques, qui sont mis en cause dans les affaires de la Cité, il faut en parler partout. Mais tant que c’est le pouvoir qui s’égare, il faut circuler. Non M. Ba, ça ne se passe pas comme ça. Notre métier, soit dit en passant, c’est d’être équidistant à toutes les chapelles politiques. Une information n’a pas de couleur politique à nos yeux. Notez le bien !
Amadou DIA (Actusen.sn)
