L’affaire du décès de Cheikh Ka, survenu dans la nuit du 3 au 4 avril 2026 au quartier Bango, prend une nouvelle tournure. Initialement présentée comme une chute accidentelle, elle est aujourd’hui requalifiée en affaire criminelle, à la lumière d’éléments d’enquête de plus en plus compromettants.
À Saint-Louis, la mort de Cheikh Ka, survenue après une chute d’une terrasse, connaît un tournant décisif avec des contradictions, des appels téléphoniques accablants et surtout des conclusions médico-légales troublantes
Entendu par les enquêteurs, Samba Lo Mbengue a livré une version qui jette le trouble. Selon ses déclarations, il aurait reçu, vers 2h59 du matin, un appel de Babacar Ousseyne lui confiant s’être battu avec la victime, évoquant même une fracture de la clavicule. Mais quelques heures plus tard, changement radical de discours. Car son interlocuteur nie toute bagarre et parle plutôt d’un malaise suivi d’une chute.
Ce qui semblait au départ être un banal accident domestique vire désormais à une affaire criminelle
Une volte-face qui intrigue les enquêteurs, d’autant plus que lors des premières auditions, Babacar Ousseyne avait admis avoir tenté de retenir Cheikh Ka, lequel reculait dangereusement vers le bord de la terrasse après s’être plaint de douleurs à la poitrine. Les deux hommes auraient finalement chuté ensemble avant d’être évacués à l’hôpital régional de Saint-Louis.
Deux suspects ont été placés en garde à vue, après le rapport d’autopsie qui a fait basculer l’enquête, où le médecin légiste conclut à un décès consécutif à un choc hémorragique sévère, provoqué par un traumatisme thoraco-abdominal violent
Mais c’est surtout le rapport d’autopsie qui a fait basculer l’enquête. Le médecin légiste conclut à un décès consécutif à un choc hémorragique sévère, provoqué par un traumatisme thoraco-abdominal violent. La victime présentait notamment de multiples lésions internes, des fractures costales et un important saignement interne. Des conclusions difficilement compatibles avec une simple chute accidentelle, selon les enquêteurs.
Face à ces éléments, Babacar Ousseyne et Adramé Niane, présents sur les lieux au moment des faits, ont été à nouveau entendus. Lors de la confrontation, les contradictions se sont accentuées. Babacar Ousseyne a notamment nié avoir passé l’appel évoqué plus tôt. Une version rapidement battue en brèche par les réquisitions téléphoniques qui confirment bel et bien les communications.
Acculé par les preuves, Babacar Ousseyne a été placé en garde à vue pour meurtre, tandis que son compagnon Adramé Niane est poursuivi pour complicité. L’enquête, désormais orientée vers une possible altercation ayant mal tourné, se poursuit pour faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ce drame qui secoue le quartier de Bango.
Actusen.sn
