Wilson Ehiwarior, un commerçant nigérian résidant à la cité Comico, s’est retrouvé face au tribunal pour une affaire de détention de stupéfiants. Selon l’accusation, il avait en sa possession 15 grammes de cocaïne destinés à l’offre ou la cession. Mais à la barre, il conteste fermement : «Je n’avais qu’un gramme sur moi, et c’était pour ma consommation personnelle.» L’histoire aurait pu s’arrêter là si les enquêteurs, après son interpellation, n’avaient pas poussé leurs investigations jusqu’à son domicile. Là, dans sa chambre, sous une chaise, ils découvrent trois emballages soigneusement scotchés, chacun contenant 15 grammes de cocaïne.
Face à cette découverte, Wilson Ehiwarior campe sur sa ligne de défense : «J’ai toujours dit aux enquêteurs que j’étais un consommateur, pas un trafiquant. Je prends cette drogue pour des raisons de santé. Si je ne consomme pas de cocaïne, je dois me contenter de ces comprimés.» À ces mots, il brandit à la barre une plaquette de médicaments, comme pour appuyer ses déclarations.
Pas convaincu par cette justification, le ministère public requiert l’application stricte de la loi. En face, la défense, assurée par Me Diene, plaide pour une requalification des faits : «Mon client a toujours reconnu être un consommateur. Il a expliqué les raisons de son usage. Ce n’est pas un revendeur, mais un malade qui trouve dans cette substance un soulagement.» L’avocat demande donc à écarter les accusations d’offre ou de cession et à ne retenir que la détention pour usage personnel, avec une application bienveillante de la loi. Le tribunal après en avoir délibéré a condamné, Wilson Ehiwarior à deux ans de prison ferme, avec confiscation et destruction de la drogue saisie. Une sentence qui ne laisse plus de place au doute : aux yeux de la justice, il n’était pas seulement un consommateur.
Aïssatou TALL (Actusen.sn)
