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Attaque près de Diabaly: l’armée malienne livre un premier bilan

Selon des chiffres officiels communiqués ce lundi soir, 24 soldats maliens ont été tués dans une embuscade dimanche après-midi dans la région de Diabaly, au nord de Segou vers la frontière mauritanienne. Trois sont portés disparus.

C’est par un tweet que l’armée malienne a annoncé ce premier bilan de 24 morts, huit rescapés et quatre véhicules détruits dans l’embuscade tendue à l’une de ses patrouilles dans la région de Diabaly. « Les évaluations se poursuivent sur zone », assure l’armée qui avait quelques heures plus tôt annoncé que des renforts avaient été dépêchés sur place.

Dans un communiqué, le ministère de la Défense annonce par ailleurs que trois soldats manquent toujours à l’appel. « Les évaluations se poursuivent sur zone » et ils sont recherchés activement assurent les autorités. L’armée a mobilisé les moyens nécessaires pour y parvenir, explique une source malienne.

Il y a pour l’instant peu d’informations sur le déroulé de l’embuscade. On sait simplement que la patrouille attaquée dimanche comptait une soixantaine d’hommes et que les premiers rescapés ont pu d’eux-mêmes regagner leur camp situé non loin de la frontière mauritanienne.

Depuis ce lundi après-midi, une vidéo circule avec plusieurs corps de militaires maliens tués dans un environnement qui semble correspondre à celui de l’attaque mais elle n’a pas été authentifiée pour l’instant.

Le GSIM présent dans la zone

Parmi les jihadistes qui évoluent dans la zone de Diabaly vers la frontière mauritanienne où s’est déroulée l’attaque, un nom revient fréquemment : celui de Ba Moussa. Originaire de Tinésako dans la région Kidal, c’est l’un des bras droits de Iyad Ag Ghali, le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) qui regroupe une bonne partie des mouvements jihadistes du Mali, et même du Sahel.

Ba Moussa, ancien officier de l’armée régulière a déserté en 2012. Depuis, au moins 3 ans, cet encadreur des combattants du prédicateur radical du centre Amadou Koufa est considéré comme l’un des concepteurs des grandes attaques terroristes dans cette région du Mali.

Un engrenage de représailles ?

Cette attaque est l’une des plus importantes menées contre l’armée malienne depuis le début l’année. Le 26 janvier, des assaillants affiliés au GSIM avaient attaqué la gendarmerie de Sokolo, faisant au moins 20 victimes dans les rangs des FAMA.

Si aucune attaque terroriste d’envergure n’a été documentée depuis, les menaces n’ont pas pour autant disparu de la zone. Selon un élu local, « les FAMA ne sont pas les seuls visés. Il ne se passe pas un jour sans que les habitants soient victimes de violences ou d’enlèvements ». C’est, selon plusieurs experts, la zone de la katiba Macina, le groupe du leader jihadiste Amadou Kouffa.

En réponse à ces attaques ou menaces, les autorités maliennes ont intensifié les patrouilles et ont lancé, dans la zone et plus largement dans le centre du pays, l’opération Maliko le 30 janvier. Mais selon Amnesty International, des homicides illégaux ou des disparitions forcées de civils ont eu lieu dans le cadre de cette nouvelle opération antiterroriste.

Un engrenage de représailles est-il la cause de l’attaque de dimanche ? Selon une note de la division des droits de l’homme des Nations unies, entre le 27 janvier et le 18 mars, 55 exécutions et 6 disparitions sont imputables aux forces de défense et de sécurité maliennes dans ce seul cercle de Niono.

Rfi.fr

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