Trois jours après avoir été victime d’un braquage à main armée, un conducteur de moto Jakarta affirme avoir reconnu son présumé agresseur sur le pont de Zac Mbao. L’homme, accusé d’avoir tiré un coup de feu avant de s’emparer d’une sacoche contenant 380 000 Fcfa, a été interpellé puis remis à la police. Malgré les dénégations du suspect, les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour faire toute la lumière sur cette affaire.
Le commissariat d’arrondissement de Zac Mbao a placé en garde à vue Mouhamed S.. Né en 2000, il est poursuivi pour des faits de vol à main armée et de détention illégale d’une arme à feu sans autorisation administrative. L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée le 4 juin dernier par le nommé M.T., conducteur de moto Jakarta. Selon ses déclarations, aux alentours de 23 heures, il avait pris en charge un client qui souhaitait se rendre à Keur Mbaye Fall. Une fois arrivé à destination, le passager aurait soudainement sorti une arme à feu et tiré un coup en l’air afin d’intimider sa victime. Il lui aurait ensuite ordonné de lui remettre sa moto ainsi que l’argent qu’il transportait.
Refusant de céder à ses exigences, le conducteur serait descendu de son engin pour se défendre en ramassant une pierre qu’il aurait lancée en direction de son agresseur. Le coup de feu aurait alors attiré l’attention d’un riverain, sorti de son domicile pour comprendre ce qui se passait. Pris de panique, le braqueur présumé aurait finalement pris la fuite. Il serait toutefois parvenu à s’emparer de la sacoche du conducteur, qui contenait la somme de 380 000 F Cfa. Dans sa fuite précipitée, il aurait abandonné sur place un téléphone portable ainsi qu’un pistolet automatique de marque Zoraki M 807-T, immédiatement récupérés et remis aux enquêteurs. Cependant, le 6 juin dernier, vers 18 heures, Mbaye Thiaw affirme avoir aperçu sur le pont de Zac Mbao l’homme qu’il identifie comme étant l’auteur du braquage. Avec l’aide de plusieurs de ses amis, il l’aurait interpellé avant de le conduire au commissariat.
Entendu par les enquêteurs, Mouhamed S. a rejeté toutes les accusations portées contre lui. Il soutient avoir été victime d’une confusion et affirme ne pas être l’auteur des faits dénoncés. Au cours de l’enquête, un autre conducteur de moto Jakarta, cité par le plaignant, a été auditionné. Celui-ci a confirmé que le jour des faits, le suspect s’était d’abord adressé à lui pour une course. Les deux hommes n’étant pas parvenus à s’entendre sur le tarif, le client se serait alors tourné vers M.T., qui avait accepté de le transporter jusqu’à Keur Mbaye Fall. Par ailleurs, la mère du mis en cause a indiqué aux enquêteurs que son fils souffrirait de troubles psychiques. Pour étayer ses propos, elle a présenté plusieurs ordonnances médicales délivrées par un établissement psychiatrique, les plus récentes remontant à l’année 2023. Selon elle, son fils aurait cessé de suivre son traitement et ne se présenterait plus à ses rendez-vous médicaux.
Néanmoins, dans le cadre des investigations, une perquisition a été menée au domicile du suspect afin de retrouver la sacoche contenant l’argent dérobé. Cette opération n’a toutefois permis aucune découverte significative. Les enquêteurs ont également procédé à l’exploitation du téléphone portable abandonné sur les lieux du braquage. À ce stade, aucun élément technique ne permet d’établir un lien formel entre l’appareil et le suspect. Les numéros enregistrés dans ce téléphone ne correspondent pas à ceux retrouvés dans l’appareil que détenait Mouhamed Sané lors de son interpellation. Le parquet a été informé de l’évolution du dossier. L’enquête se poursuit afin de déterminer avec précision les circonstances de cette affaire et d’établir les responsabilités éventuelles.
Aïssatou TALL (Actusen.sn)
