La Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ) et la Direction générale du Cadre de vie ont signé, ce jeudi 5 novembre 2026, une convention-cadre de partenariat destinée à renforcer les opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat dans le secteur de l’amélioration du cadre de vie. L’accord prévoit notamment un accompagnement des porteurs de projets, le développement d’activités économiques liées à l’aménagement urbain et la promotion des emplois verts.
La cérémonie de signature s’est tenue dans les locaux de la DER/FJ, au Point E, en présence du délégué général de la DER/FJ, Dr Abdoulaye Niane, et du directeur général du Cadre de vie, Bouna Seck. À travers cette convention, les deux institutions entendent mutualiser leurs moyens et leurs compétences afin de faire de l’amélioration des espaces urbains un levier de création de richesses et d’insertion professionnelle, particulièrement au bénéfice des jeunes et des femmes.
Pour Bouna Seck, l’amélioration du cadre de vie ne se limite pas à l’embellissement des villes ou à l’aménagement des espaces publics. Elle concerne également la qualité de vie des populations, l’attractivité des territoires, la préservation de l’environnement et la transformation des espaces urbains. Le secteur offre, selon lui, des possibilités de création d’emplois dans plusieurs domaines, notamment l’aménagement paysager, l’entretien des espaces verts, le nettoiement, la gestion des déchets et la valorisation des espaces publics.
Le cadre de vie comme secteur d’opportunités économiques
Le directeur général du Cadre de vie a inscrit cette démarche dans le cadre du programme « Cadre de vie, Espaces verts et Mobilier urbain » (PROCAVEM), lancé par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique. Ce programme vise notamment à valoriser les espaces publics, à développer les espaces verts et à réaliser des aménagements favorables au bien-être des populations.
Selon Bouna Seck, ces interventions peuvent également favoriser l’émergence de petites et moyennes entreprises portées par des jeunes et des femmes. Il estime queles investissements dans l’aménagement urbain doivent produire des effets qui dépassent la réalisation des infrastructures, en contribuant à l’emploi, à l’auto-emploi et au développement de l’entrepreneuriat local.
La convention prévoit ainsi une coopération dans plusieurs domaines, dont l’aménagement des espaces publics, les opérations de désencombrement, la libération des emprises publiques, la création de zones de recasement, la sensibilisation à la salubrité publique et le renforcement des capacités des acteurs du secteur.
La question du recasement occupe une place particulière dans les axes de collaboration annoncés. Bouna Seck a souligné que les opérations de libération des emprises publiques doivent s’accompagner de solutions adaptées aux personnes et aux acteurs économiques concernés par les déguerpissements. La création de zones aménagées et fonctionnelles doit notamment permettre de mieux organiser l’occupation de l’espace urbain tout en favorisant la poursuite des activités économiques des personnes concernées.
L’objectif affiché est de concilier les impératifs d’aménagement, de salubrité publique et de préservation des moyens de subsistance des populations.
La DER/FJ mise sur l’accompagnement des entrepreneurs
De son côté, le délégué général de la DER/FJ, Dr Abdoulaye Niane, a insisté sur le potentiel économique des espaces aménagés. Il a notamment cité l’exemple de la corniche ouest de Dakar, dont l’aménagement a contribué à renforcer l’attractivité et la fréquentation de cet espace. Cette dynamique favorise, selon lui, le développement d’activités de restauration, de commerce, de loisirs et de services de proximité.
Le responsable a également évoqué plusieurs initiatives accompagnées par la DER/FJ pour illustrer les possibilités d’investissement dans ce secteur. Il a cité l’entreprise Service Agricole du Cayor, dans le département de Tivaouane, ainsi que « Les Nuages perdent leurs plumes », une structure implantée au parc de Hann qui propose des espaces de jeux et des animations thématiques.
Dans le domaine de la restauration, il a mentionné Café Gui, dont le développement a notamment bénéficié du financement de 50 kiosques aménagés et répondant aux normes d’hygiène. Le délégué général a aussi mis en avant des initiatives liées à l’économie circulaire, notamment le recyclage de déchets et de pneus usagés transformés en mobilier urbain, en ralentisseurs, en pavés et en équipements sanitaires.
À travers le partenariat avec la Direction générale du Cadre de vie, la DER/FJ entend renforcer cette dynamique en facilitant l’identification des opportunités économiques, la sélection des porteurs de projets, le renforcement de leurs compétences, l’accès au financement et l’accès aux marchés.
Les activités ciblées concernent notamment l’entretien des espaces verts, les pépinières, le nettoiement, la collecte et le recyclage des déchets, la fabrication de mobilier urbain, la maintenance des équipements, la restauration, les loisirs et les services touristiques. Ces domaines sont présentés comme autant de possibilités pour les jeunes et les femmes de créer des entreprises et de développer des activités génératrices de revenus.
Les JOJ Dakar 2026 et le projet « Une ASC, un projet »
Le partenariat intervient également dans le contexte des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Pour Abdoulaye Niane, l’enjeu ne se limite pas aux infrastructures réalisées à l’occasion de cet événement sportif. Il s’agit aussi de favoriser leur entretien et leur valorisation, tout en encourageant la création d’entreprises, d’emplois et de compétences durables.
Dans cette perspective, le délégué général de la DER/FJ a annoncé une initiative intitulée « Une ASC, un projet », destinée à encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes mobilisés au sein des associations sportives et culturelles (ASC). L’ambition affichée est de faire du sport un levier de développement économique en ouvrant des perspectives entrepreneuriales à ces jeunes.
Abdoulaye Niane a par ailleurs rappelé que les activités économiques développées dans les espaces aménagés devront respecter leur vocation publique et contribuer à leur entretien. Il a résumé cette orientation par le principe « Entreprendre sans dégrader », qui vise à concilier développement des activités économiques et préservation de l’environnement.
Il a également évoqué la démarche engagée par la DER/FJ en matière de finance verte, notamment le processus d’accréditation au Fonds vert pour le climat.
Une convention dont la mise en œuvre reste attendue
Au-delà de la signature de l’accord, les deux institutions devront traduire leurs engagements en initiatives concrètes. Bouna Seck a appelé à la mise en place d’actions structurées et mesurables, tandis qu’Abdoulaye Niane a insisté sur la nécessité de transformer les opportunités identifiées en projets entrepreneuriaux.
La convention vise ainsi à rapprocher les politiques d’amélioration du cadre de vie des dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat. Son ambition est de permettre aux investissements dans les espaces publics et les aménagements urbains de contribuer également à la création d’activités économiques et d’emplois.
Les résultats dépendront désormais de la concrétisation des axes de coopération annoncés, notamment en matière d’accompagnement, de formation, de financement et d’accès aux marchés pour les jeunes et les femmes souhaitant investir dans les métiers du cadre de vie.
Actusen.sn
