Face à un chômage persistant et à une employabilité jugée insuffisante, le Premier ministre Ousmane Sonko trace les contours d’une réforme en profondeur du secteur de l’emploi. Entre diagnostic sans complaisance et promesses de réformes, le gouvernement mise sur une approche globale pour inverser la tendance.
La problématique de l’emploi reste l’un des défis majeurs au Sénégal. En Conseil des ministres, le Premier ministre Ousmane Sonko a dressé un tableau préoccupant, marqué par des crises cycliques alimentées principalement par les difficultés d’insertion des demandeurs d’emploi, notamment les jeunes. Dans son intervention, le chef du gouvernement n’a pas éludé les causes profondes du mal. Il pointe du doigt le faible niveau de qualification des ressources humaines, conséquence directe d’une offre de formation insuffisante et d’un tissu économique encore peu dynamique. À cela s’ajoute une valorisation limitée de secteurs pourtant porteurs d’emplois.
Dans son intervention hier en Conseil des ministres, le chef du gouvernement n’a pas éludé les causes profondes du chômage
Autre faiblesse relevée : l’inadéquation persistante entre la formation et les besoins du marché du travail. Un décalage qui, selon lui, accentue la faible employabilité des jeunes diplômés, aggravée par un dispositif de financement et d’accompagnement jugé peu efficace, sans oublier les contraintes liées au Code du travail. Face à cette situation, le gouvernement entend changer de cap. Ousmane Sonko annonce l’élaboration d’une Politique nationale de l’emploi, fruit d’un processus inclusif, avec en ligne de mire la rationalisation des structures et le renforcement de la Convention nationale État-Employeurs.
Dans la nouvelle formule, Ousmane Sonko annonce l’élaboration d’une Politique nationale de l’emploi, avec en ligne de mire la rationalisation des structures et le renforcement de la Convention nationale État-Employeurs ; le couplage de l’apprentissage et la formation duale
L’apprentissage et la formation duale figurent également parmi les priorités. Dans la même dynamique, l’exécutif mise sur le Pacte de stabilité sociale, accompagné de mesures concrètes, notamment la signature de textes relatifs au statut des agents des collectivités territoriales et la généralisation de certaines indemnités.
Au-delà de prévoir d’intensifier les initiatives locales avec la création de Centres d’Initiatives pour l’Emploi local (CIEL), le PM mise aussi sur le développement des filières stratégiques, la relance des grands travaux d’infrastructures, la mise en place des agropoles et le renforcement du tissu industriel
Mais au-delà des réformes administratives, le Premier ministre mise sur des leviers économiques structurants. Le développement des filières stratégiques, la relance des grands travaux d’infrastructures, la mise en place des agropoles et le renforcement du tissu industriel sont présentés comme les moteurs du renouveau de l’emploi. Sur le terrain, l’État prévoit également d’intensifier les initiatives locales avec la création de Centres d’Initiatives pour l’Emploi local (CIEL), le renforcement des pôles emploi et la mise en place de missions locales dédiées à l’emploi et à l’entrepreneuriat dans chaque commune.
Autre mesure, les projets à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO) devraient être déployés pour absorber rapidement une partie de la demande d’emploi
En parallèle, des projets à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO) devraient être déployés pour absorber rapidement une partie de la demande d’emploi. Malgré cette batterie de mesures, une question demeure : ces réformes suffiront-elles à juguler durablement le chômage, notamment celui des jeunes ? Une équation complexe que Ousmane Sonko semble déterminé à résoudre, mais dont les résultats seront scrutés de près.
Actusen.sn
