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Contrat de renonciation signé entre Kosmos Énergie et PETROSEN et «qui a fait perdre à l’État du Sénégal 30 milliards» : la réaction de Abdourahmane Diouf

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Le débat sur les 55 millions de dollars, soit près de 30 milliards de francs CFA, évoqués lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Amine Lô, se poursuit. Invité de l’émission Sen Show sur Sen TV, le ministre du Pétrole et de l’Énergie, Abdourahmane Diouf, est revenu sur les conditions de la renonciation conjointe entre Kosmos Énergie et PETROSEN. Il estime que l’État aurait pu faire valoir ses droits sur cette somme et appelle à un audit du directeur général de PETROSEN.

Le ministre du Pétrole et de l’Énergie, Abdourahmane Diouf, s’est prononcé sur le dossier opposant l’État du Sénégal à la société Kosmos Énergie, au cœur du débat sur les 55 millions de dollars, soit près de 30 milliards de francs CFA, évoqués récemment à l’Assemblée nationale, par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, pour fustiger la renégociation précipitée des contrats voulue par l’ex Premier ministre Ousmane Sonko.

Invité de l’émission Sen Show sur Sen TV, le ministre a d’abord tenu à rappeler un principe de gestion administrative. « Lorsqu’on quitte un poste, il existe ce qu’on appelle un délai de décence : il faut éviter, dans une certaine mesure, de commenter sa propre gestion après avoir quitté ses fonctions », a-t-il rappelé.

« La première information à retenir est que le contrat de Kosmos, soit le 3ème du genre devait prendre fin le 31 juillet 2026 ; et la deuxième date importante est celle du 22 avril 2026, lorsque Kosmos a signé avec PETROSEN un accord de renonciation conjointe »

Abdourahmane Diouf estime par ailleurs que le dossier dépasse désormais les différents responsables actuellement ou précédemment impliqués. « Le dossier nous dépasse désormais. Il n’est plus entre mes mains, ni entre celles du Premier ministre. Je peux même dire qu’il n’est peut-être plus entre les mains du président de la République », a-t-il indiqué.

Deux jours après cette signature, rappelle Abdourahmane Diouf, l’ancien Premier ministre avait publié sur sa page Facebook qu’il s’agissait d’une « victoire historique pour le Sénégal ».

Revenant sur le cas de Kosmos, le ministre explique que l’entreprise avait déjà obtenu un contrat d’exploration pour Yakaar-Teranga, puis un deuxième. « Son troisième contrat remonte à 2024 et était prévu pour une durée de deux ans, soit de 2024 à 2026 », a-t-il précisé. Selon lui, « la première information à retenir est que ce contrat devait prendre fin le 31 juillet 2026 ». La deuxième date importante, poursuit-il, est celle du 22 avril 2026, « lorsque Kosmos a signé avec PETROSEN un accord de renonciation conjointe ». Deux jours après cette signature, rappelle Abdourahmane Diouf, l’ancien Premier ministre avait publié sur sa page qu’il s’agissait d’une « victoire historique pour le Sénégal ».

« Pourquoi mettre fin à un contrat qui devait arriver à son terme treize semaines plus tard ? », s’est-il interrogé

Le ministre s’interroge alors sur le calendrier de cette opération. « Entre le 22 avril et le 31 juillet 2026, combien de temps s’est-il écoulé ? Environ deux mois et une semaine, soit près de treize semaines », a-t-il calculé. D’où sa question : « Pourquoi mettre fin à un contrat qui devait arriver à son terme treize semaines plus tard ? »

« Surtout que le Sénégal ne devait rien à Kosmos ; Au contraire, Kosmos devait à l’État du Sénégal environ 30 milliards de francs CFA », a-t-il regretté

Abdourahmane Diouf affirme surtout que, dans le cadre de ce contrat, « le Sénégal ne devait rien à Kosmos ». « Au contraire, Kosmos devait à l’État du Sénégal environ 30 milliards de francs CFA », soutient-il. Pour le ministre, le caractère « conjoint » de la renonciation mérite également d’être interrogé. « Cette renonciation est-elle réellement conjointe ? À mes yeux, la question mérite d’être posée, puisque Kosmos, lui, ne renonçait à rien », a-t-il déclaré. Il poursuit : « Au contraire, cette opération pouvait permettre à Kosmos de ne pas s’acquitter de la somme qu’elle devait à l’État du Sénégal. »

« Pire, cet accord (de renonciation conjointe) n’a rien de conjoint puis que Kosmos n’avait rien à renoncer »

Selon lui, le contrat comportait des clauses relatives aux manquements de Cosmos et prévoyait le paiement d’indemnités à l’État. Ces dispositions, précise-t-il, « ne figuraient pas nécessairement dans le contrat de recherche et de partage de production, mais dans le décret qui l’encadrait ». « Or, les travaux prévus n’ont pas été effectués », affirme le ministre.

« Au contraire, cette opération pouvait permettre à Kosmos de ne pas s’acquitter de la somme qu’elle devait à l’État du Sénégal »

Dans ces conditions, Abdourahmane Diouf estime qu’il aurait fallu attendre l’échéance du contrat. « Il aurait été plus judicieux, me semble-t-il, d’attendre le 31 juillet, date d’expiration du contrat, afin de permettre à l’État de faire valoir ses droits et de récupérer les 30 milliards qui lui étaient dus », a-t-il déclaré. Mais, poursuit-il, « cela n’a pas été le cas ».

« Il aurait été plus judicieux, me semble-t-il, d’attendre le 31 juillet, date d’expiration du contrat, afin de permettre à l’État de faire valoir ses droits et de récupérer les 30 milliards qui lui étaient dus »

« Un accord de renonciation a été signé entre-temps, sans pénalité ni compensation, ce qui a eu, de facto, pour conséquence de faire perdre au Sénégal cette somme », insiste-t-il.

« Hélas l’accord de renonciation a été signé entre-temps, sans pénalité ni compensation, ce qui a eu, de facto, pour conséquence de faire perdre au Sénégal cette somme »

Le ministre estime ainsi que « la durée totale des différents contrats de Cosmos était de cinq ans » et que « en l’espace de quelques mois, nous avons signé ce qui s’apparente à une perte de 30 milliards de francs CFA pour l’État du Sénégal ». « Le Sénégal en est donc, à mes yeux, le grand perdant », a-t-il ajouté. Abdourahmane Diouf assure toutefois ne vouloir « accuser personne ». Il précise que « le contrat de renonciation concerne exclusivement PETROSEN et  Kosmos ».

« Dans ce genre de situation, le ministère de tutelle ne devait pas laisser cette décision à la seule appréciation de PETROSEN »

Mais, selon lui, « dans ce genre de situation, le ministère de tutelle ne devait pas laisser cette décision à la seule appréciation de PETROSEN ». À l’en croire, « le ministère devait prendre un arrêté pour encadrer cette opération ». Le ministre affirme que cet arrêté n’avait pas été signé avant son arrivée au département. « Jusqu’à son départ à la tête de ce département, mon prédécesseur, le ministre de l’Énergie, n’avait pas signé cet arrêté. Je peux en témoigner », a-t-il déclaré. « Moi non plus, à mon arrivée, je n’ai pas signé cet arrêté », a-t-il ajouté.

« J’ignore c’est ce qui s’est passé entre Kosmos et PETROSEN et ce qui a conduit l’ex directeur général de PETROSEN à prendre une telle décision, à l’insu ou non du ministre »

Abdourahmane Diouf dit cependant ignorer ce qui s’est passé entre Kosmos et PETROSEN et les circonstances ayant conduit à la décision prise par le directeur général de PETROSEN. « Ce que j’ignore, c’est ce qui s’est passé entre Cosmos et PETROSEN et ce qui a conduit le directeur général de PETROSEN à prendre une telle décision, à l’insu ou non du ministre », a-t-il déclaré.

« Car jusqu’à son départ à la tête de ce département, mon prédécesseur, l’ex ministre de l’Énergie, n’avait pas signé l’arrêté. Je peux en témoigner »

Face aux interrogations soulevées par ce dossier, le ministre estime qu’une clarification est nécessaire. « Une chose est certaine : la situation est suffisamment grave pour mériter que toute la lumière soit faite », a-t-il soutenu.

« Le directeur général sortant de PETROSEN doit être audité afin que l’on puisse comprendre les conditions dans lesquelles cet accord a été conclu et déterminer les responsabilités éventuelles. »

Et de conclure : « Le directeur général de PETROSEN doit être audité afin que l’on puisse comprendre les conditions dans lesquelles cet accord a été conclu et déterminer les responsabilités éventuelles. »

Amadou DIA (Actusen.sn)

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