Après la polémique née des coûts jugés chers de l’électricité, des coupures intempestives d’électricité, le Directeur général de la Senelec est sorti du bois. Pape Toby Gaye, pour le nommer, a fait face à quelques médias triés sur le volet, pour parler aux Sénégalais. Sur la situation de la boîte, il s’est voulu clair : “C’est une bonne situation de manière générale. Par rapport au système technique, on ne se plaint pas non plus. Nous avons même investi 1400 milliards pour augmenter la capacité de nos productions d’électricité. C’est vous dire que la Senelec bénéficie d’une performance économique parfaite.”
Pape Toby Gaye : “La Senelec n’est pas en difficulté. Mais elle est confrontée à des tensions de trésorerie, qui sont dues au retard liés aux recouvrements”
En effet, avec une capacité de production de 1903 mégawatts, sans compter la centrale électrique de cap des biches en cours de réalisation (300 MW), la Société nationale d’électricité du Sénégal a beaucoup évolué au cours des deux dernières années. Et ce n’est pas son Directeur général qui dira le contraire. “La situation financière de la Senelec est excédentaire. La Senelec n’est pas en difficulté. Mais elle est confrontée à des tensions de trésorerie, qui sont dues au retard liés aux recouvrements. Toutefois, rien que l’année dernière par exemple, la Senelec a fait 39 milliards de bénéfice net ; cela n’a pas trop évolué certes au cours des deux dernières années”, renseigne le patron de la boîte.
“Les coupures sont pour la plupart causées par les travaux sur la voie publique, indépendamment de notre volonté. Dans certaines localités, comme Koungheul, Nioro, c’est dû à l’extension du réseau. C’est donc un problème inhérent au réseau électrique. Mais pas que. Car la ligne que nous partageons avec la sous-région est souvent défaillante, cela entraîne également des perturbations”
Même si Pape Toby Gaye rappelle que la Senelec n’est pas totalement indépendante, étant elle-même sous la responsabilité de l’État du Sénégal, il n’en demeure pas moins, que le coût de l’électricité n’est pas totalement accessible. Entre coût élevé et coupures d’électricité, les populations ne savent plus à quel saint se vouer. M. Gaye rassure en ces termes : “Il y a un programme d’accès universel à l’électricité d’ici 2030. Nous avons plusieurs programmes à ce niveau, qui concernent, pour certains, l’électrification de 2000 localités, et pour d’autres, 1000 localités, et pour le reste 300 localités. On est entre 30 et 40% de réalisation dans les zones rurales, sachant toutefois qu’on est souvent contraint par les études d’impacts environnementaux et sociaux qui entraînent des retards par rapport au démarrage des travaux.”
“La Senelec compte près de 2,3 millions de clients. Mais près de 1,3 clients ne paient pas plus de 15 000 F Cfa, soit 150 KW.”
Quant aux coupures intempestives, il dira : “Les coupures sont pour la plupart causées par les travaux sur la voie publique, indépendamment de notre volonté. Nous en avons signalé plusieurs auprès des services concernés. Dans certaines localités, comme Koungheul, Nioro, c’est dû à l’extension du réseau. C’est donc un problème inhérent au réseau électrique. Mais pas que. Car la ligne que nous partageons avec la sous-région est souvent défaillante, cela entraîne également des perturbations. C’est l’occasion d’ailleurs de présenter nos excuses encore une fois à nos clients. Car il est de notre devoir de fournir de l’électricité à tous.”
“La baisse véritable du coût de l’électricité électricité est attendue en 2028 voire 2029”
Par rapport à la baisse attendue du coût de l’électricité, Pape Toby Gaye donne rendez-vous en 2028 / 2029, avec, dira-t-il, la baisse du coût lié à la production. Toutefois, il précise que les tarifs ne sont pas laissés à l’appréciation de la société seulement. “C’est la Direction des études générales qui définit les lettres de politiques de la Senelec. À charge pour nous de soumettre le programme à la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) qui représente à la fois l’État et les clients, de sorte que la Senelec ne décide pas seule. C’est sous ce rapport, et sous la supervision de cette commission, qu’on définit le coût de l’électricité, selon une politique de tranche sociale, définie par rapport aux différentes couches sociales. Pour preuve, la Senelec compte près de 2,3 millions de clients. Mais près de 1,3 clients ne paient pas plus de 15 000 F Cfa, soit 150 KW.”
Amadou DIA (Actusen.sn)
