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Covid19, remobiliser les sénégalaises et les sénégalais (par Mary Teuw Niane)

La pandémie de la covid19 continue son expansion en Afrique, à un rythme lent, mais soutenu. Alors que le 15 juin dernier, les cas testés positifs en Afrique, représentaient vingt-neuf (29) cas sur mille (1000) testés positifs dans le monde, aujourd’hui le Continent est à quarante-trois (43) cas testés positifs pour mille (1000) cas positifs dans le monde. Au niveau du nombre de décès liés à la covid19, l’Afrique passe de quatorze (14) à vingt-deux (22) par rapport à mille décès liés à la covid19 dans le monde. Avec, aujourd’hui, une meilleure connaissance de la pandémie, une population africaine très jeune, un taux de létalité de 2.3%, l’Afrique est encore relativement peu touchée par la maladie. Cependant, les décideurs africains, les africaines et les africains doivent commencer à s’inquiéter, à populariser et à renforcer les mesures barrières, à anticiper sur l’équipement des plateaux techniques des infrastructures de santé, à assurer la protection du personnel du système de santé qui est en première ligne donc particulièrement vulnérable. Certains pays africains arrivent à la limite des capacités de leur système hospitalier. Ils s’exposent ainsi à une hausse du taux de létalité.

Le Sénégal a vu son taux de létalité passer de 1.2 % le 15 juin 2020 à 1.8% aujourd’hui soit une hausse de cinquante pour cent (50%) en un mois. Les cas positifs sont passés, dans la même période, de 5173 à 8135, soit une hausse de 57% en un mois. Ces chiffres montrent l’accélération du rythme d’expansion de la pandémie dans notre pays. La conséquence naturelle en est la détérioration des conditions de prise en charge des personnes testées positives. Il en ressort l’augmentation continue du taux de létalité qui se rapproche de plus en plus du taux moyen africain. Dans ces conditions, il est surprenant et difficile de comprendre la réduction quasi constante, d’une semaine à une autre, du nombre tests par semaine, de la semaine du 1ier au 6 juin 2020 avec 8112 tests à la semaine du 6 au 12 juillet 2020 où ce nombre tombe à 6007 tests soit une réduction de 26% des tests entre ces deux semaines. La question des tests est critique dans la prévention et la gestion de la pandémie covid19.

Au moment où nous devrions nous attendre à la création de centres de prélèvement volontaires  de proximité dans la région de Dakar pour une augmentation importante du nombre de dakarois testés, nous notons une baisse du nombre de personnes testées durant les quatre dernières semaines. Que se passe-t-il ? Manquons-nous de kits de dépistage de la covid19 ? Ou bien les autorités de la santé ont-elles pris la décision de réduire le nombre de tests réalisés par semaine ? Enfin, a-t-on changé de stratégie ? Il est essentiel, comme le recommande l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de multiplier les tests pour isoler les personnes positives pour mieux protéger les personnes vulnérables susceptibles d’atteindre le stade grave de la réanimation.

C’est l’occasion d’encourager l’Institut Pasteur de Dakar à accélérer la fabrication des kits de dépistage rapide. Le démarrage, à Dakar, de la production à grande échelle de ces kits sera une grande avancée pour le Sénégal et l’Afrique.

La maladie est toujours là, contagieuse et expansive. Les questions environnementales, de cadre de vie, d’occupation ou d’accaparement irréguliers des terres rythment notre quotidien, nos semaines et nos mois. Les injures ordurières de cette semaine n’ont pas encore fini de nous émouvoir, de nous révolter et de nous assommer que la violation de l’article 25-2 de la Constitution à travers le prélèvement d’oryx dans le Ranérou par de très hautes autorités de l’État a fini de nous amener à nous poser cette question dramatique et pathétique : qu’avons-nous fait au bon Dieu pour que le Ciel nous tombe sur la tête ?

Les sénégalaises et les sénégalais ont un besoin atavique de faire confiance à leurs Institutions, de les voir jouer pleinement leur rôle de garant de la justice, de l’égalité, de la transparence, de l’équité, de la défense des plus faibles parmi eux et de l’illustration de nos meilleures valeurs de civilisation. Les sénégalaises et les sénégalais sont presque résignés, ils sont dans l’attente d’un vœu d’une bonne délivrance, d’un sursaut de confiance dans un futur proche et possible, d’un réveil heureux d’un sommeil empli de cauchemars.  Le Président de la République avait pu, lors de son discours du 15 mars 2020, unir et mobiliser nos concitoyennes et concitoyens autour du combat cotre la covid19. Les sénégalaises et les sénégalais ont, à nouveau, besoin d’une parole forte, rassurante, engagée et mobilisatrice, de décisions justes et réconfortantes, d’une remobilisation pour combattre la covid19 et, enfin, de confiance, pour se réengager sur la voie de la construction de l’émergence économique, sociale et culturelle.

Unis et engagés, nous vaincrons !

 

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