Le Sénégal a fait le choix stratégique autour du développement national qui, selon les autorités, ne peut plus être pensé de façon uniforme ou centralisée, en ce sens que chaque territoire doit devenir acteur de son destin, utiliser ses atouts, exploiter ses potentialités et contribuer pleinement à la souveraineté de notre pays. C’est ainsi que le programme Dakar métropole 2025 a ainsi été présenté hier par le gouvernement sénégalais, avec à sa tête le premier ministre Ousmane Sonko, aux côtés du Ministre des Collectivités territoriales, Moussa Bala Fofana, conscient que la territorialité devient ainsi un principe cardinal de la planification et de la gouvernance, au service d’un développement plus équilibré, inclusif et durable. C’est dans cette perspective que le Conseil des ministres du 29 janvier 2025 a validé le modèle de gouvernance des pôles territoriaux.
S’il a été décidé de réaménager l’organisation territoriale autour de pôles, chacun doté d’une structure – qui pourra prendre la forme d’un établissement territorial ou toute autre dénomination à déterminer – et d’un organe de gestion, probablement un conseil, cette décision ouvre la voie à une gouvernance locale renforcée et traduit une volonté de se tourner résolument vers l’avenir.
Dans son speech, le Premier ministre n’a pas de relever la croissance désordonnée de Dakar, ce qui a fait que la capitale est devenue une région saturée. “Je voudrais insister sur le fait que lorsque nous parlons de Dakar dans le cadre du pôle, nous parlons de la région de Dakar, et non pas seulement du Plateau ou de la ville de Dakar. Il faut y inclure les trois villes, ainsi que Keur Massar, qui mérite également ce statut. Toutes ces communes périphériques font partie intégrante de ce que nous appelons Dakar. C’est ce pôle-là qui nous réunit aujourd’hui”, précise-t-il d’emblée. Il poursuit : “L’expansion anarchique de Dakar l’a transformée en une région saturée, congestionnée et fragmentée : trop de précarité, trop d’enclaves isolées, trop de potentiels inexploités. Et je me réjouis des différentes interventions, en particulier de celle de notre sœur, qui a bien mis en valeur le potentiel économique de Dakar.”
Ainsi, Ousmane Sonko ajoutera que le pôle Dakar, c’est également un potentiel touristique majeur : tourisme balnéaire, mais aussi tourisme médical, religieux et culturel. “Dakar, c’est aussi la volonté de se positionner comme un pôle industriel, logistique et technologique”, promet-il. Et de poursuivre : “Nous avons donc décidé de mettre un terme à cette situation d’anarchie et d’y mettre fin définitivement. Dakar doit être digne de son statut de capitale. Ce modèle de croissance désordonnée est arrivé à bout de souffle, il doit être dépassé. Dakar a besoin d’un choc organisationnel, d’un acte de refondation. Car Dakar Métropole, c’est plutôt l’ambition de la requalification et la restructuration de quartiers et de territoires, d’abord. C’est l’ambition, ensuite, de l’offre de logements neufs pour réhabiliter conformes aux standards minimaux. C’est la construction d’équipements publics structurants. C’est la promotion de pôles économiques, culturels, éducatifs et portuaires. Dakar Métropole, c’est aussi un projet de résilience écologique et d’équité environnementale. C’est la création de grands parcs métropolitains, évidemment la réhabilitation de certains parcs, comme Hanne, comme Technopole, comme Keur Massar. C’est la réhabilitation du littoral contre l’érosion côtière. C’est le déploiement des mobilités douces, transports propres, les bateaux-taxis.”
Se voulant plus explicite, Ousmane Sonko ajoutera que le pôle de Dakar doit se réinventer pour demeurer un territoire résilient, attractif et capable de soutenir le développement national. “Il ne s’agit pas seulement de penser la capitale comme une ville, mais comme un acteur central de la stratégie territoriale. Une métropole connectée et complémentaire aux sept autres pôles pour assurer équilibre, cohérence et souveraineté sur l’ensemble du territoire national.”
Amadou DIA (Actusen.sn)
