NewsDialogue entre le Président Bassirou Diomaye Faye et les anciens Premiers...

Dialogue entre le Président Bassirou Diomaye Faye et les anciens Premiers ministres : les minutes de l’audience 

Date:

Partager :

- Advertisement -

Le nouveau format du dialogue national voulu plus resserré par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a démarré ce jeudi au Palais avec une première série d’audiences consacrée aux anciens Premiers ministres. Économie, sécurité, gouvernance, consensus politique et crédibilité financière du Sénégal ont dominé les échanges. Plusieurs anciens chefs du gouvernement ont salué l’initiative présidentielle tout en formulant des recommandations sur les grands défis nationaux.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé ce jeudi la nouvelle formule du dialogue national en recevant successivement d’anciens Premiers ministres au Palais de la République, conformément à l’annonce faite mercredi lors du Conseil des ministres. Premier à franchir les grilles du Palais vers 9 heures, Cheikh Hadjibou Soumaré, Premier ministre entre 2007 et 2009 sous Abdoulaye Wade et ancien président de la Commission de l’UEMOA (2011-2016), s’est entretenu durant environ quarante minutes avec le chef de l’État. À sa sortie d’audience, il n’a pas souhaité faire de déclaration à la presse.

Premier à être reçu peu après 9 heures par le chef de l’État, Cheikh Hadjibou Soumaré n’a pas voulu faire de déclaration devant la presse 

Après lui, Abdoul Mbaye, Premier ministre d’avril 2012 à septembre 2013, sous Macky Sall, a été reçu par le président de la République. À l’issue de la rencontre, l’ancien chef du gouvernement a salué l’initiative présidentielle. « Sincèrement, le Sénégal en a besoin », a déclaré Abdoul Mbaye. Le banquier a indiqué avoir abordé cinq sujets majeurs avec le chef de l’État.

À son tour, Abdoul Mbaye demande à Bassirou Diomaye Faye de respecter les engagements qu’il avait pris lorsqu’il était dans l’opposition

Selon lui, il s’agit de l’économie, les finances publiques, le budget, la sécurité – notamment la situation au Mali – ainsi que les questions politiques. D’après M. Mbaye, devant le chef de l’État, il a insisté sur la nécessité de respecter les engagements pris par l’actuel président lorsqu’il était dans l’opposition, concernant notamment les réformes du système politique et du code électoral. Retiré de la politique depuis un an après avoir tourné la page de son engagement partisan en 2025 – neuf ans après avoir créé son parti ACT –, Abdoul Mbaye a estimé que le président Bassirou Diomaye Faye est engagé dans une dynamique de consolidation démocratique susceptible d’apaiser les tensions et de favoriser la relance économique.

Aminata Touré vend son expérience acquise au sommet de l’État, estimant que le contexte est marqué par des défis économiques, géopolitiques et sociaux

Reçue dans la foulée, l’ancienne Première ministre Aminata Touré, qui a dirigé le gouvernement du 1er septembre 2013 au 4 juillet 2014, a également exprimé son adhésion à la démarche présidentielle. « Le Sénégal est un pays où le dialogue est ancré dans notre histoire et dans notre culture. Ce patrimoine est précieux et doit être préservé », a-t-elle affirmé.

Amadou Ba suggère au chef de l’État de prendre « dix à quinze jours supplémentaires » afin de permettre des accords plus larges

L’ancienne cheffe du gouvernement a considéré que cette initiative traduit une volonté du chef de l’État de maintenir des échanges réguliers avec d’anciens hauts responsables, y compris ceux éloignés de la vie politique active. « Le dialogue est un capital essentiel de gouvernance », a soutenu Aminata Touré. Dans un contexte marqué, selon elle, par des défis économiques, géopolitiques et sociaux, l’ancienne présidente du Conseil économique, social et environnemental a plaidé pour la pérennisation de ces concertations. « Nous sommes une société où le consensus est au cœur de notre culture », a-t-elle insisté. L’ancienne Garde des Sceaux a précisé avoir partagé avec le chef de l’État son expérience acquise au sommet de l’État tout en réaffirmant son implication sur les questions d’intérêt national.

« La situation est très difficile pour beaucoup de Sénégalais », constate-t-il 

Dernier ancien Premier ministre reçu dans la matinée, Amadou Ba a lui aussi salué l’initiative présidentielle qu’il juge « importante » pour le Sénégal. Fort de son parcours au sein de plusieurs départements ministériels, notamment les Finances, les Affaires étrangères, l’Élevage et les Sports, l’ancien chef du gouvernement a indiqué avoir échangé avec le président sur plusieurs enjeux majeurs. Les discussions ont porté sur la situation politique, l’économie, la sécurité ainsi que certains textes que le gouvernement envisage de faire adopter. Sur le volet politique, Amadou Ba a estimé que davantage de concertations auraient été utiles, notamment sur les questions électorales. « Le pays a besoin de consensus, le pays a besoin de dialogue », a-t-il déclaré, expliquant avoir suggéré au chef de l’État de prendre « dix à quinze jours supplémentaires » afin de permettre des accords plus larges.

« J’ai rappelé au président de la République que moi-même, en tant que ministre des Finances, je suis resté six ans sans recevoir un seul franc du FMI. Le Sénégal est resté douze ans sans avoir un programme avec des décaissements »

Précisant intervenir « dans l’intérêt général » et non au nom de l’opposition, l’ancien Premier ministre a surtout insisté sur la situation économique qu’il juge préoccupante. « La situation est très difficile pour beaucoup de Sénégalais », a-t-il constaté. L’ancien ministre des Finances a notamment évoqué les relations avec les partenaires économiques et financiers internationaux, particulièrement le Fonds monétaire international (FMI).

«Les emprunts deviennent plus coûteux et les marges d’investissement se réduisent », prévient-il

«J’ai rappelé au président de la République que moi-même, en tant que ministre des Finances, je suis resté six ans sans recevoir un seul franc du FMI. Le Sénégal est resté douze ans sans avoir un programme avec des décaissements », a déclaré Amadou Ba.

Selon lui, cette période n’avait pas empêché le Sénégal de préserver sa crédibilité financière internationale. Toutefois, il estime que le contexte économique actuel impose aujourd’hui un compromis avec les partenaires internationaux afin de garantir les ressources nécessaires au financement de l’économie. Il a également alerté sur les conséquences des dégradations successives de la notation financière du Sénégal. « Les emprunts deviennent plus coûteux et les marges d’investissement se réduisent », prévient-il. Sur la sécurité, Amadou Ba a évoqué les mutations de l’environnement sous-régional et les risques qu’elles pourraient faire peser sur le Sénégal, appelant à des concertations élargies ainsi qu’à un soutien renforcé aux populations concernées et aux forces de défense et de sécurité. Toutefois, le leader de la Nouvelle Responsabilité (NR) a tenu à clarifier sa position politique. « Je suis dans l’opposition et j’y reste. Mais certaines questions transcendent les clivages politiques. Il faut travailler de manière apaisée dans l’intérêt du pays », a-t-il déclaré.

« La prévention coûte moins cher que la guérison. Il importe donc de discuter », suggère Me Sidiki Kaba 

Après la pause de la mi-journée, les audiences ont repris avec Me Sidiki Kaba, dernier Premier ministre du précédent régime. À l’issue de son entretien avec le chef de l’État, l’ancien ministre de la Justice a rappelé l’importance historique du dialogue dans le fonctionnement institutionnel sénégalais. « La prévention coûte moins cher que la guérison. Il importe donc de discuter », a-t-il déclaré.

Pour aujourd’hui, ce sera le tour des anciens ministres des Finances dans la matinée, puis les anciens ministres de l’Intérieur dans l’après-midi, avant demain pour le tour de l’ancien Pm Souleymane Ndéné Ndiaye…

Pour Me Sidiki Kaba, tout ce qui contribue « au renforcement de la cohésion nationale, de l’unité nationale, du développement du Sénégal, de la prospérité des populations et de l’assurance d’un avenir meilleur et plus équitable pour la jeunesse » mérite une attention particulière. « J’ai donc jugé utile de répondre à cet appel afin d’apporter ma part d’analyse sur la situation politique, économique et sociale de notre pays », a-t-il ajouté. À son tour, Mamadou Lamine Loum, dernier Premier ministre du régime d’Abdou Diouf, s’est également entretenu avec le président Bassirou Diomaye Faye, sans toutefois faire de déclaration publique sur le contenu des échanges. Les concertations se poursuivent samedi avec Souleymane Ndéné Ndiaye. Le calendrier établi par la présidence prévoit également, ce vendredi 22 mai, des rencontres avec les anciens ministres des Finances dans la matinée, suivies des anciens ministres de l’Intérieur dans l’après-midi.

Amadou DIA (Actusen.sn)

- Advertisement -

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents

Articles similaires

Modifications apportées au code électoral : Gueum Sa Bopp crie au scandale et engage la riposte juridique

Le mouvement ‘’Gueum Sa Bopp’’ s'oppose aux récentes modifications apportées au Code électoral sénégalais. Dans une déclaration signée...

Parcelles Assainies : la police démantèle un réseau de prostitution clandestine, 6 personnes arrêtées dont des mineures 

Le Commissariat d’arrondissement des Parcelles Assainies a déféré au parquet, ce jeudi 21 mai 2026, six individus pour...

«Le système est intact, les gens ont fait n’importe quoi, des milliards ont été grillés et aucune suite judiciaire» : Sonko met la pression...

Agacé par la lenteur dans le traitement des dossiers liés à la reddition des comptes, le Premier ministre...

Escroquerie aux visas : deux frères envoyés au parquet de Dakar, leur sœur en cavale 

Une affaire de visas pour la Belgique a conduit deux hommes devant le parquet du Tribunal de Grande...