Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, offense au chef de l’État et apologie de crimes ou délits, Abdou Nguer a fait face au tribunal correctionnel de Dakar hier. Il a partagé la barre avec son co-prévenu Pape Amadou Ndiaye Diaw, poursuivi pour sa part pour diffusion de fausses nouvelles.
“Le parquet a fait une compilation de vidéos qui datent d’un an. Je ne pensais pas qu’un jour je serais jugé pour cela”, regrette Abdou Nguer qui estime avoir commenté l’actualité
Selon l’acte d’accusation, Abdou Nguer est reproché d’avoir tenu des propos sur le décès de l’ancien Président du Conseil constitutionnel, Mamadou Badio Camara, exigeant une autopsie. La vidéo a été publiée sur un TikTok intitulé « Abdou Nguer seul », administré par Pape Amadou Ndiaye Diaw. Mais pas que. Car Abou Nguer est également poursuivi pour tenu des propos offensants envers les nouvelles autorités dans plusieurs de ses vidéos.
Au cours de l’audience, plusieurs vidéos ont été projetées, même si le chroniqueur n’a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés, affirmant que ses interventions relèvent de simples commentaires de l’actualité nationale. « Toutes les vidéos que le procureur a produites sont des commentaires anciens. Le parquet a fait une compilation de vidéos qui datent d’un an. Je ne pensais pas qu’un jour je serais jugé pour cela », regrette Abdou Nguer.
Sur le décès de M. B. Camara : “J’ai été surpris, car le pays avait besoin de lui. En réalité, j’ai été arrêté pour une vidéo et un commentaire que je n’ai pas publiés”
Concernant la mort de Badio Camara, il dira : « On nous a annoncé sa mort pendant une émission. J’ai été surpris, car le pays avait besoin de lui. En réalité, j’ai été arrêté pour une vidéo et un commentaire que je n’ai pas publiés. À mon avis, c’est l’auteur de la publication qui devait être arrêté. »
Au sujet du rapport de la CC : « Ce sont des faits que j’ai trouvés dans le rapport. Ce ne sont pas mes propres chiffres mais ceux du rapport », s’est il défendu
Également incriminé pour sa sortie sur le rapport de la Cour des comptes, mettant en cause certains chiffres, le chroniqueur renvoie le juge au même document. Et c’est pour dire : « Ce sont des faits que j’ai trouvés dans le rapport. Ce ne sont pas mes propres chiffres mais ceux du rapport », s’est défendu le chroniqueur.
Le parquet requiert une peine de deux ans d’emprisonnement contre le chroniqueur, dont un an ferme, en sus d’une amende de 500 000 francs CFA
Interrogé dans la foulée sur ses commentaires relatifs au projet de loi d’amnistie, Abdou Nguer a justifié ses propos par ces termes : « Je commente l’actualité. J’ai dit que le projet de loi interprétatif de l’amnistie ne vise que les forces de défense et de sécurité, alors qu’ils pouvaient tirer sur les casseurs qui se sont attaqués à la caserne Samba Diéry Diallo ». Pour sa part, Amadou Ndiaye a reconnu les faits, d’avoir publié en cause. A l’en croire, il ignorait que son acte était répréhensible avant de présenter ses excuses au tribunal.
Dans son réquisitoire, le parquet a demandé une peine de deux ans d’emprisonnement contre le chroniqueur Abdou Nguer, dont un an ferme, en sus d’une amende de 500 000 francs CFA. Pour le compte de Amadou Ndiaye, le procureur a sollicité à son encontre une peine de six mois d’emprisonnement ferme et une amende de 100 000 francs CFA. Dans la foulée, le juge a décidé de mettre l’affaire en délibéré jusqu’au 12 novembre prochain.
En prison depuis le 20 mai 2025, trois affaires étaient sur le dos de Abdou Nguer. Mais seul le dossier lui opposant à un enseignant a été renvoyé jusqu’au 12 novembre prochain.
