C’est un décret qui risque de faire grincer quelques dents tout en soulageant bien des poitrines. Ce mercredi, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a signé le décret n°2026-06 généralisant l’indemnité représentative de logement à l’ensemble des agents de l’État qui en étaient jusque-là privés.
Montant du « sésame » : 100 000 francs CFA nets par mois. Une somme qui ne construit pas une villa aux Almadies, mais qui permet au moins d’éviter que certains agents de l’État ne soient eux-mêmes en situation de précarité immobilière. Jusqu’ici, environ 7 % du personnel, fonctionnaires et non fonctionnaires confondus, regardaient passer l’indemnité comme un car rapide… sans pouvoir monter à bord.
Avec ce décret, fini la fonction publique à deux vitesses : ceux qui étaient logés ou déjà indemnisés d’un côté, et ceux qui payaient leur loyer « à la sueur de leurs bulletins de salaire » de l’autre. Désormais, les agents non logés et non couverts par des régimes statutaires spécifiques sont officiellement invités à la table des bénéficiaires.
Selon le ministère des Finances et du Budget, cette décision s’inscrit dans le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Traduction en langage Source A : calmer la marmite sociale avant qu’elle ne déborde, tout en affichant une volonté de justice là où l’inégalité s’était installée presque naturellement.
Objectif affiché, améliorer les conditions de vie et de travail des agents de l’État, et, par ricochet, rendre le service public plus efficace. Car, comme dit l’adage revisité par les syndicalistes, « ventre vide et loyer impayé ne font pas bon fonctionnaire ».
Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, est chargé de veiller à l’application effective de cette mesure, qui sera publiée prochainement au Journal officiel. Reste maintenant à voir si, dans la pratique, les 100 000 francs arriveront aussi régulièrement que les factures d’eau et d’électricité.
Actusen.sn
