Le député Guy Marius Sagna s’est adresse à ses compatriotes pour dresser un bilan politique à mi-parcours. À travers cette déclaration il formule un appel à la refondation de la pratique parlementaire au Sénégal. Le député dénonce les dérives, proposant des correctifs, et réaffirmant une ligne de conduite fondée sur la transparence. D’entrée, il rappelle que 267 initiatives parlementaires ont été portées de décembre 2024 à juin 2025. Parmi elles 264 questions écrites, deux propositions de commission d’enquête, et une demande de mise en accusation de l’ancien président de la République. Il précise que plus de 93 réponses gouvernementales ont été obtenues, soit un taux de réponse de 35,22 %, témoignant, selon lui, d’une pression parlementaire réelle.
Cependant, au-delà des chiffres, ce sont les impacts concrets qu’il met en avant, notamment à Ziguinchor, région à laquelle il a dédié plus de 10 % de son travail parlementaire. Il cite, à titre d’exemples : «la dénonciation de détournements dans la gestion portuaire, le déblocage partiel de salaires pour les volontaires du service civique national, ou encore l’arrivée d’une ambulance dans la commune de Gassane».
Poursuivant, le député fait de ce bilan un prétexte à l’interpellation morale et politique, appelant à rompre avec les habitudes parlementaires. Selon lui, la distribution de billets pour des pèlerinages, les « sukëru koor » distribués aux élus, les appuis financiers non justifiés aux groupes parlementaires, l’absence de consultation démocratique sur des sujets majeurs, comme l’achat controversé de voitures de fonction sont des pratiques «non conformes à l’exigence de rationaliser les dépenses de l’État». Guy Marius Sagna ne s’arrête pas à la dénonciation. Il propose un don de soi pour la patrie, tel que prôné par Pastef, et nourrie par les enseignements de figures historiques comme Mamadou Dia, Thomas Sankara ou Amílcar Cabral.
À ce dernier, il avertit : «la petite bourgeoisie révolutionnaire doit être capable de se suicider comme classe, pour ressusciter comme travailleur révolutionnaire, entièrement identifiée avec les aspirations les plus profondes du peuple auquel elle appartient. »
Toutefois, à travers ce discours, Gms ne cache pas son ambition de remettre la démocratie parlementaire sur ses rails. Il plaide pour une consultation effective entre députés, une transparence des dépenses, une réorientation des priorités vers les urgences sociales, et une discipline budgétaire à la hauteur de la pauvreté du pays. «Ce qui est valable pour le gouvernement du Sénégal l’est davantage pour l’Assemblée nationale», insiste-t-il. Il interpelle également sur la nécessité d’un dialogue fécond entre les trois pouvoirs, appelant à une «émulation du Jub, Jubal, Jubbanti» entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Ce, pour construire un État souverain, juste et transparent, où la gestion des ressources publiques n’échappe plus à la reddition de comptes.
Aïssatou TALL (Actusen.sn)
