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France: Le ministère des Sports de Laura Flessel va enquêter sur l’affaire Bernard Laporte

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Un premier acte fort : le ministère des Sports va ouvrir une enquête sur les pressions supposément exercées par le président de la Fédération française de rugby (FFR) Bernard Laporte sur la commission d’appel fédérale afin d’amoindrir les sanctions infligées au club de Montpellier.

La ministre des Sports Laura Flessel aura donc mis moins de 24 heures à « trancher », ce qu’elle avait promis de faire mardi « d’ici quelques jours ». Et peu importe la candidature de la France à la Coupe du monde de rugby 2023 – le choix du pays organisateur sera annoncé le 15 novembre – qui sera portée « avec ou sans Bernard Laporte ». L’ancienne épéiste devait appeler le patron de la FFR dans la soirée de mercredi pour l’informer de cette enquête, confiée à l’inspection jeunesse et sports.

« Bernard Laporte a transmis lundi au cabinet des documents pour attester de sa bonne foi. Depuis lundi, ces documents sont à l’étude. Quelques interrogations ont été levées, d’autres méritent des éclaircissements », a commenté le ministère auprès. « La ministre va confier à l’inspection générale du ministère le soin de tirer au clair les éléments qui méritent de l’être ». « Il est important que la lumière soit faite rapidement sur le sujet », a poursuivi cette même source.

Démissions en cascade

Et ensuite ? Si l’enquête diligentée devait avérer une faute grave, l’article 40 du code pénal s’appliquerait, avec la saisie d’un procureur par les inspecteurs du ministère, aucune autre arme n’étant à disposition du gouvernement envers un président de Fédération. Ce n’est pas encore le cas, mais les nuages s’amoncellent au-dessus de l’ancien sélectionneur du XV de France (2000-2007) et secrétaire d’État aux Sports (2007-2009).

Avant l’annonce de l’inspection du ministère des Sports, les démissions se sont ainsi succédées au sein de la commission d’appel fédérale. Six de ses treize membres ont quitté leur poste. Les deux derniers mercredi : le procureur adjoint de la République à Toulouse, Patrice Michel, et l’avocat Olivier de Chazeaux. M. Michel a expliqué, pour justifier sa décision, que « la sérénité qui (devait) entourer le fonctionnement d’une telle commission n’était plus là ».

La ministre des sports Laura Flessel a indiqué au quotidien L’Équipe à paraître jeudi qu’elle n’entendrait pas M. Peyramaure, le premier membre démissionnaire de la commission : « Ce n’est pas mon rôle. Mon rôle est de saisir l’inspection. Les inspecteurs entendront tous ceux qu’ils doivent entendre », a-t-elle déclaré ajoutant que « de manière plus globale, nous devons repenser la gouvernance du sport ».

Bernard Laporte est soupçonné d’avoir fait pression sur la commission d’appel de la FFR pour réduire des sanctions frappant Montpellier prononcées en première instance par la Ligue nationale de rugby (LNR). Celles-ci, qui faisaient suite au match de Top 14 Montpellier – Racing 92 du 20 mai, ont été ramenées de 70 000 à 20 000 euros d’amende et la suspension de terrain du MHR a été annulée. Ce club est dirigé par Mohed Altrad, devenu en mars le premier partenaire maillot du XV de France, et avec qui Bernard Laporte avait signé un contrat d’image pour des prestations de relations publiques pour un montant de 150 000 euros.

Soutien absolu du bureau fédéral

Face à la polémique, le président de la Fédération a renoncé lundi à ce contrat. Il a en revanche réfuté avoir exercé quelconque pression sur la commission : oui, il a appelé son président, Jean-Daniel Simonet, mais « dans le respect de (son) indépendance ». M. Simonet a expliqué de son côté que la commission avait rendue sa décision « librement ». Bernard Laporte dénonce une instrumentalisation de « gens qui ne supportent pas » de le voir à la présidence de la FFR, laquelle a publié mercredi deux communiqués.

Le premier pour informer que l’avocat Francis Szpiner avait été chargé de mettre en oeuvre la Haute autorité pour la transparence et l’équité dans le rugby, qu’a souhaité créer Laporte à la suite de cette affaire. Ses recommandations sont attendues au plus tard le 30 novembre. Le second pour indiquer que le bureau fédéral, réuni mardi soir, soutenait son président. « Les 15 membres présents ont tenu à réitérer à M. Bernard Laporte leur soutien absolu face à la campagne de déstabilisation et de mensonges subie par l’organisation et par son Président » est-il écrit. Ce sera donc à l’enquête de déterminer s’il ne s’agit que de mensonges et tentatives de déstabilisation.

Avec Football.fr

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