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Hommage de la Nation à Amadou Mahtar Mbow : le président Diomaye immortalise l’homme

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La République du Sénégal a rendu hier un hommage solennel au Professeur Amadou Mahtar Mbow, en présence du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de la famille du défunt et de nombreuses personnalités du monde éducatif, diplomatique et culturel.

En effet, depuis son décès survenu le 24 septembre 2024, le Président Bassirou Diomaye Faye a manifesté sa volonté de rendre un hommage mérité à l’homme. Devant un parterre d’invités, le chef de l’État est revenu sur la vie et l’œuvre de l’historien, mais surtout son immense legs qu’il laisse au Sénégal. “Nous sommes à un moment où la nation rend hommage à l’un de ses plus illustres fils, dont le parcours et l’action irradient notre conscience nationale et en inspirent le récit. Par ma voix, la Nation tout entière exprime sa profonde gratitude et célèbre la mémoire d’Amadou Mahtar Mbow. Gravé sur le frontispice d’une Université sénégalaise, le nom d’Amadou Mahtar Mbow est élevé au rang des immortels. Il n’est d’hommage plus symbolique que d’accéder à l’éternité dans le lieu le plus prestigieux du Savoir : l’Université”, s’est réjoui d’emblée Bassirou Diomaye Faye.

“De l’excellence des daara de son enfance, véritables lieux de discipline, à l’école sénégalaise, Amadou Mahtar Mbow a construit les fondements de sa foi, la discipline du savoir et la sagesse des anciens”, témoigne le Président de la République

En effet, l’hommage au Professeur Amadou Mahtar Mbow transcende une cérémonie d’hommage dédiée à un homme. Selon le chef de l’État, nous nous réunissons pour accomplir, ensemble, un acte de conscience collective, un devoir de mémoire et honorer un rendez-vous de la Nation avec elle-même. Sous ce rapport, célébrer Amadou Mahtar Mbow, nous permet de penser notre avenir en puisant, dans les vestiges de l’histoire, les vertus qui demeurent encore  les défis du continent africain : l’éducation, la culture, l’information et la communication, l’égalité, etc.

Pour Bassirou Diomaye Faye, il s’agit, à travers cette célébration, de magnifier les politiques de reconquête mémorielles initiées depuis le début de mon mandat : qu’il s’agisse de la quête de la vérité historique à la suite du massacre de Thiaroye, le 1er décembre 1944, ou qu’il s’agisse de redonner à nos rues et à nos espaces de vie, les noms de celles ou de ceux dont l’empreinte historique a façonné notre identité.

En présidant aux destinées de l’UNESCO, il a élevé ses fonctions au rang d’un engagement politique, se faisant le porte-étendard des peuples privés de voix et de reconnaissance”

“Amadou Mahtar Mbow savait que l’intelligence n’a de valeur que lorsqu’elle élève l’homme et sert la collectivité ; que la culture n’a de sens que si elle préserve la dignité de l’être humain et la souveraineté des peuples”, rappelle-t-il. Et de poursuivre : “De l’excellence des daara de son enfance, véritables lieux de discipline, à l’école sénégalaise, il a construit les fondements de sa foi, la discipline du savoir et la sagesse des anciens. Des théâtres d’opérations de la Seconde Guerre mondiale, il a tiré la conviction profonde que la liberté constitue moins un privilège qu’un impératif moral. En présidant aux destinées de l’UNESCO, il a élevé ses fonctions au rang d’un engagement politique, se faisant le porte-étendard des peuples privés de voix et de reconnaissance.”

“Plus que jamais, nos sociétés doivent encourager et célébrer les voix de celles et ceux qui, partout dans le continent africain, portent la cause des cultures opprimées, des langues oubliées et des savoirs endogènes non valorisés”, a-t-il insisté

Plus globalement, dans un monde encore marqué par les fractures héritées de la colonisation, il est plus que jamais important d’entendre les voix qui s’élèvent pour dire que l’humanité ne peut progresser qu’en reconnaissant la dignité de toutes les cultures et l’égale valeur de tous les savoirs. Ainsi, Bassirou Diomaye Faye estime que plus que jamais, les intellectuels africains doivent faire résonner la voix de l’Afrique dans le tumulte d’un monde fragmenté et en proie à de profondes recompositions et à des mutations, parfois civilisationnelles. “Plus que jamais, nos sociétés doivent encourager et célébrer les voix de celles et ceux qui, partout dans le continent africain, portent la cause des cultures opprimées, des langues oubliées et des savoirs endogènes non valorisés”, a-t-il insisté.

En vérité, la promotion d’une culture imprégnée de nos réalités socio-anthropologiques, est au cœur de nos politiques publiques. La Vision Sénégal 2050 promeut un Sénégal maître de son destin, éducateur de ses enfants, créateur de ses savoirs et fier de sa culture.  “Nous pensons fermement, par une approche constructiviste, que l’éducation, loin d’être une dépense, est le viatique de toute prospérité durable. Elle est le soubassement même de la conquête de nos souverainetés. En tant que levier de développement, l’éducation doit participer à la démocratisation des connaissances et réduire les vulnérabilités qui traversent les pays du Sud”, dira le chef de l’État.

Amadou DIA (Actusen.sn)

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