Le président de la république, Bassirou Diomaye Faye a présidé, hier, la Journée nationale des Daara. Selon lui, cette journée consacre un devoir de gratitude nationale envers une institution qui, depuis des siècles, façonne la conscience religieuse, morale, spirituelle et intellectuelle du peuple sénégalais. «Aujourd’hui, notre ambition est de reconnecter l’éducation avec nos langues nationales, nos savoirs endogènes, nos patrimoines spirituels tout en renforçant le goût de nos enfants pour les mathématiques, les sciences, les technologies, ainsi que leur désir d’apprendre un métier», a déclaré le président Diomaye.
Dans cette dynamique, ajoute-t-il, les Daara ne sont pas une périphérie, mais l’une de nos ressources les plus précieuses pour garantir notre souveraineté cognitive. «Former une nation se résume pas à former des travailleurs ; c’est permettre à un peuple de penser le monde à partir de ses propres références, avec confiance, lucidité et autonomie. A cet égard, il convient de dissocier définitivement la notion de Daara, lieu d’apprentissage coranique et d’accomplissement spirituel et moral, de certaines réalités inacceptables telles que la mendicité enfantine, la mise en situation de vulnérabilité ou les formes de maltraitance», renseigne-t-il.
Pour le président Diomaye, les performances remarquables de nos enfants dans les concours internationaux de mémorisation du Saint Coran témoignent avec éclat qu’excellence spirituelle et respect de l’enfant vont de pair. «C’est pourquoi j’attache une importance particulière à l’amélioration continue du cadre de vie et de l’environnement des Daara. Cette exigence est à la fois morale, sociale et nationale. Le Sénégal a aujourd’hui l’opportunité de bâtir une civilisation éducative originale, capable d’harmoniser notre héritage culturel avec les exigences scientifiques et techniques contemporaines ainsi que les aspirations de notre jeunesse», ajoute-t-il.
A en croire le chef de l’Etat, la mise en œuvre des conclusions des Assises passera par l’institutionnalisation d’un cadre juridique pour les Daara, la définition et la sécurisation du statut des maîtres coraniques et des ndongo daara, l’amélioration des conditions d’apprentissage et la modernisation des programmes. «Cette transformation est une responsabilité collective qui appelle la mobilisation collective : celle des familles, des communautés religieuses, de la société civile et de tous nos partenaires. En valorisant les Daara, le Sénégal affirme que l’éducation ne doit pas séparer le savoir de la spiritualité, mais au contraire les unir pour former des êtres complets et équilibrés», termine-t-il.
Actusen.sn
