L’Alliance pour la République ne partage pas le Plan de redressement économique présenté par le Premier ministre. Face à la presse, hier, la formation politique a rejeté en bloc le document. Pour la formation politique, «la présentation de ce plan n’est rien d’autre qu’un exercice de communication, une comédie mise en scène au Grand Théâtre devant les Sénégalais, avec une légèreté insoutenable face à une violation flagrante de l’esprit républicain».
Cela s’est produit, selon Abdou Mbow et Cie, «au moment où les deux têtes de l’exécutif rendaient publique une réconciliation de façade, avant la prochaine discorde». «Toute cette mascarade est indigne de dirigeants d’État, éloignés des préoccupations quotidiennes d’un peuple épuisé, désespéré et désorienté», ont-ils indiqué lors d’une rencontre avec la presse.
L’Alliance pour la république dénonce, par ailleurs, «une immatriculation fiscale déguisée, prétendument accompagnée d’une baisse du coût de la vie, mais qui entraîne en réalité une dépréciation du pouvoir d’achat des Sénégalais à faibles revenus, un étouffement du monde rural, avec un risque de privatisation du foncier agricole et ses conséquences sur la souveraineté agricole du pays. C’est également une mise à l’écart de la jeunesse, dont les loisirs sont désormais taxés, et une poudre aux yeux qui nous laisse comprendre qu’aucun investissement productif ne sera réalisé d’ici 2028».
De l’avis de Me Oumar Youm, «le plan n’a pas prévu d’analyse de risques et de menaces. Je suis convaincu que ce plan n’a pas été confectionné par des comptables publiques encore moins avec des financiers mais il y a une confusion manifeste entre ce qui est dépense et ce qui est recette. C’est la première fois que je vois au Sénégal, un document public qui confond les deux notions».
Pour moi, indique-t-il, «ce plan est juste un rêve, ils n’osent pas le mettre en œuvre sinon ce sera la fin du Sénégal parce qu’on ne peut pas fiscaliser tout le monde. Ils ne le mettront pas en œuvre sinon comment le document va cohabiter le document de programmation budgétaire, les budgets à venir. Je suis au regret de dire qu’ils racontent des histoires. Ils nous prennent pour des gougnafiers, le mot qu’ils ne veulent pas entendre».
Amadou DIA
