En mission officielle en Bourfout, non loin de Banjul, la Délégation Générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) a procédé, hier vendredi, à la remise de quatorze pirogues en fibre de verre à des pêcheurs sénégalais établis en Gambie. Une étape majeure dans la modernisation du secteur halieutique et dans l’accompagnement économique des communautés sénégalaises vivant à l’étranger.
L’esplanade du quai de pêche de Barfout, à quelques kilomètres de la capitale de Banjul, a vibré hier au rythme d’une cérémonie haute en couleurs, marquée par la présence de pêcheurs, mareyeurs, femmes transformatrices, représentants communautaires ainsi que des autorités diplomatiques sénégalaises établies en Gambie. La DER/FJ a officiellement remis quatorze pirogues en fibre de verre, entièrement équipées et destinées aux pêcheurs sénégalais installés sur les côtes gambiennes.
Dans le cadre du programme de modernisation et de sécurisation de la flotte artisanale, la DER/FJ a officiellement remis quatorze pirogues en fibre de verre, entièrement équipées et destinées aux pêcheurs sénégalais installés sur les côtes gambiennes
Cette initiative constitue l’une des étapes de la mission de la DER, prévue dans le cadre du programme de modernisation et de sécurisation de la flotte artisanale. Un projet déjà bien engagé au Sénégal, avec 127 embarcations modernes financées et déployées dans les six régions maritimes du pays. « Vous aviez exprimé votre besoin d’être mieux équipés et soutenus. Nous y répondons aujourd’hui, concrètement », a rappelé Mme Aïda Mbodj, déléguée générale de la DER/FJ, lors de son allocution.
Pour la grande histoire, il s’agit d’une promesse de Tata Aïda aux pêcheurs sénégalais établis en Gambie lors de la sa précédente visite en terre gambienne
D’un coût global de 142 millions de francs CFA, soit un peu plus de 10 millions par embarcation, les nouvelles pirogues offrent des garanties accrues en matière de sécurité et de productivité. Elles disposent chacune d’équipements modernes permettant une navigation sécurisée, mais également une meilleure capacité d’exploitation des ressources halieutiques. « Ces embarcations renforcent votre sécurité, améliorent votre productivité et réduisent vos coûts d’exploitation, tout en préservant l’environnement », a assuré Mme Mbodj. Cette opération entre également dans le cadre du Fonds Diaspora, un mécanisme de financement dédié aux Sénégalais établis hors du territoire national.
Plus de 140 millions injectés pour les pêcheurs sénégalais en Gambie, soit un peu plus de 10 millions par embarcation
Depuis sa création, la DER/FJ a mobilisé plus de 16 milliards de francs CFA au profit des chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture, soutenant près de 17 000 projets entreprenariaux, dont plus de la moitié portés par des femmes. La pêche sénégalaise reste un secteur vital, tant sur le plan économique que social, et fortement lié aux dynamiques migratoires et transfrontalières. D’ailleurs, le représentant des bénéficiaires, M. Insa Mbaye, n’a pas caché son émotion : « Vous nous l’aviez promis il y a une année, vous l’avez fait. Nous ne saurions vous remercier assez. »
M. Insa Mbaye, représentant des bénéficiaires : « Vous nous l’aviez promis il y a une année, vous l’avez fait. Nous ne saurions vous remercier assez. »
L’Ambassadeur du Sénégal en Gambie, Mme Mariame Sy, a tenu à saluer la rigueur du processus ayant conduit à cette remise. Elle a également félicité les associations professionnelles présentes, notamment les organisations de pêcheurs, mareyeurs et femmes transformatrices. « Ces pirogues modernes répondent réellement aux besoins identifiés sur le terrain », a noté la diplomate. Au-delà de l’appui matériel, la mission s’est voulue un moment de renforcement des liens de coopération entre les deux pays et entre les communautés installées dans les zones côtières de Gambie.
Mariame Sy, Ambassadrice du Sénégal en Gambie : « Ces pirogues modernes répondent réellement aux besoins identifiés sur le terrain »
Aux bénéficiaires, la DER/FJ a lancé un appel clair : assurer une gestion responsable des équipements, favoriser la formalisation progressive des regroupements professionnels et encourager les coopératives, notamment féminines. « Avec vous, nous voulons bâtir un secteur halieutique structuré, créateur d’emplois décents et appuyé sur des organisations solides », a insisté Mme Mbodj.
La visite de terrain se poursuivra avec des séances d’échanges, de démonstration et d’identification de nouveaux besoins, notamment en matière de transformation et de commercialisation. Un geste symbolique, mais essentiel, qui matérialise un engagement pris lors d’une précédente rencontre et qui ouvre la voie à de nouvelles perspectives économiques pour les Sénégalais de la diaspora exerçant dans la pêche artisanale.
Amadou DIA (Actusen.sn)
