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Le Pays sent le Gaz… Ne jouez pas avec des Allumettes (Chronique de SAMBAAY BATHIE)

Au Vieux Lion d’antan, fatigué et édenté par la force de l’âge et des festins, à-tout-va, il pourrait rester quelques forces à ses griffes, quant à elles, certes élimées, mais trempées dans le venin d’une revanche subjuguée par une meute habituée à des pirouettes de circonstance, apanage des suiveurs infatigables de notre Sunugal de la rue, celui qui fait et défait nos rois et princes !

L’ancien Chef d’Etat est revenu faire planer son ombre sur une campagne déjà bien agitée, aux risques d’insincérité du scrutin du 30 juillet bien pesants, marquée aussi par un recours à la violence, en guise d’argumentaire.

La frustration et les colères rentrées du peuple peuvent être le ferment que peuvent instrumentaliser bien des apprentis-sorciers. Heureusement, des patriotes veillent au grain et déposent des doses de bon sens sur les braises.

Abdoulaye Wade est dans la place et seul au bord du précipice. Ce lieu, consubstantiel à son ego et à la stratégie politique, qu’il a érigée en méthode de combat. Ce lieu où il adorait attirer ses adversaires, les mettant au défi de sauter dans le ravin que ses menaces de déstabilisation permanente, avaient transformé  en poudrière sociale.

Depuis son retour rocambolesque de Paris, que tous les Sénégalais ont vécu comme un accueil «à la Vaidehi», qui avait été ovationnée par 100 000 désœuvrés et raccompagnée par pas un seul d’entre eux, Gorgui draine des foules, certes denses, plutôt dissipées et tente de «reyeunguel gaalgi» (secouer le navire).

La mer a changé et il est aujourd’hui moins aisé pour ce tribun exceptionnel d’y faire plonger des frustrés, en quête de SOPI, slogan toujours scandé et qui n’a plus de sens.  Cet ultime «FIPPU» du Vieux Patriarche qui pourrait montrer une feuille blanche aux foules et la brandir comme preuve des crimes financiers de son ex-PM, a des allures de «dernier tango» et le vieux lion ne fait plus peur avec ses promesses de lendemain de poudre.

Du coup, même si l’objet de sa bravade est légitime, appelée sa «RUE PUBLIQUE» à laquelle il doit tout à une marche ce mardi ne devrait plus faire peur à un pouvoir dont on sait qu’il a le mandat de dépôt facile.

Le fier à bras redevient danseur de Tango et va certainement amorcer un pas en arrière leste et devrait plus sagement enfiler ses habits de rassembleur patriote. C’est ce qu’on espère d’un homme qui a écrit de belles pages de notre Histoire…

Laissons-le donc se reposer au bord du précipice. Et demeurer dans nos cœurs pour avoir été de ceux qui du temps du FRTE, ont fait avancer à pas de géants notre démocratie d’alors.

Le Sénégal est une démocratie adulte et reconnue à travers le monde entier. Elle demeure, tout de même, relativement fragile, en ce sens qu’elle doit toujours être protégée et ce sont nos vigilances citoyennes, qui nous donnent régulièrement l’étalonnage de sa fragilité.

La démocratie ne va pas, sans contraintes et sans exigences, et elle s’exerce dans un climat d’une totale confiance des populations envers ceux et celles qui ont mandat de les diriger et de les représenter. La démocratie tire sa force de ce pacte.

Nous aimons nous amuser à se faire peur, à imaginer, tout le temps, des velléités ou de desseins de fraudes des uns et des autres acteurs politiques, alors que, véritablement, l’histoire politique de notre pays démontre à l’envi que des hommes et des femmes se sont battus de haute lutte, au risque de leurs vies, parfois pour qu’aujourd’hui, nous puissions exprimer nos votes, de manière incontestable.

Alors, il est vrai que des retards inacceptables se posent et menacent la sincérité du scrutin du 30 juillet. Abdoulaye Wade a convoqué sa Rue Publique, ce mardi, toujours friand de sa stratégie habituelle du bord du précipice, demandant aux citoyens d’aller exiger qu’on leur remette les sésames devant leur ouvrir les urnes.

Alors messieurs, de grâce, point de querelles qui pourraient créer des suspicions légitimes et autoriser des esprits démoniaques aux pires manœuvres de déstabilisation politiques. Des solutions peuvent et doivent être trouvées.

Elles sont le pare-feu d’un tournant essentiel du chemin, qui doit garantir le futur d’un pays que nous avons tous, en partage, que cela plaise ou non à quelques téméraires et irresponsables incendiaires. Au nom de notre Histoire. Nous devons ça à l’Afrique. Notre image de Téranga, de bienveillance, et dialogue fout le camp. Halte au feu !!!

Mais que nul ne s’y trompe, Abdoulaye Daouda Diallo et « son » Iris Corporation, chargée de nous produire en vain les fameuses cartes de la controverse et qui digère nos pauvres 52 milliards F Cfa, ont l’obligation de remettre aux Sénégalais leur fameux sésame.

En cette période d’élections et de campagne, une odeur de souffre flotte sur le Sénégal, et nous frisons, chaque jour, et l’incident et le pire. Cette campagne sent le gaz et, tranquillement, nous laissons des incrédules jouer avec des allumettes. Aujourd’hui, couteaux, sabres, machettes et pistolets sont brandis en pleine campagne, devant des hommes politiques conscients des dangers que leurs hommes de sécurité peuvent faire courir aux populations qu’ils disent vouloir servir à l’Assemblée Nationale.

Alors, quel fut notre étonnement, lorsqu’on a entendu un déjà député, Djibril War, pour ne pas le nommer, mais qui porte si bien son nom de «war», qui veut dire guerre, déclarer dans la presse que «si un nervi adverse rentrait à Biscuiterie, il n’en ressortirait pas vivant».

C’est admettre que ses propres hommes sont armés, eux-mêmes de pistolets, et que pour aller dans le sens des ordres donnés par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le Procureur aurait dû, tout de suite, convoquer cet homme, dont le comportement a toujours été belliqueux.

Il est effectivement plus facile de «hooliganiser» des jeunes que leurs incapacités à gouverner ce pays et le faire aller de l’avant a contribué à en faire des chômeurs, que de leur donner un vrai projet de vie. Dieu Merci !!! Il existe des hommes qui sont conscients de ce danger et sont à honorer pour leur bon sens et  leur patriotisme civique.

Ces deux têtes de listes ne s’appellent pas Amadou et Bamba, par hasard

La tête de liste «Benno Bokk Yakaar» de Dakar, Amadou Ba, tient, depuis le début de sa campagne, un discours apaisé, et respectueux de ses adversaires. Faisant montre d’élégance envers ses concurrents. Les mots qu’il utilise sont pacifiques, dénués de tout vocable violent ou de nature à cultiver la haine.

L’homme a certes, toujours été connu mesuré, mais l’enjeu que suscite la bataille de Dakar, lors du scrutin du 30 juillet prochain, ne l’a jamais poussé à sortir de ses gonds. La preuve, même quand ses camarades de la Mouvance présidentielle sont tombés dans une embuscade tendue par les Pro-Khalifa dans le bourbier de Grand-Yoff, Amadou Bâ a su garder la tonalité mesurée et ô combien responsable. Il a toujours refusé de vaciller sur sa certitude, à savoir que la concurrence n’exclut pas le fair-play.

Autre politique à présenter en modèle : Bamba Fall. Tête de liste départementale de «Mankoo Taxawu Senegaal», l’homme cultive la paix, dans toutes ses lettres de noblesses. Il savoure le «Ataya» de la Paix avec Seydou Guèye et monte sur le véhicule de Maître Wade en croisant sa caravane. Des images qui nous honorent.

Et Bamba Fall s’offre d’autant plus en exemple que, même quand il a mis la main sur deux jeunes portant, maladivement, deux cartons remplis frauduleusement de cartes d’électeurs, il a fait preuve de retenue et de responsabilité. Car d’autres acteurs, à sa place, pourraient jeter les deux pauvres à la vindicte populaire.

Et bonjour les dégâts. Alors, ce n’est pas pour rien que l’un s’appelle Amadou et l’autre Bamba. Faisons l’addition des deux noms et ça nous renvoie à un GRAND ERUDIT. CHANTRE de la paix. Qui, même victime des pires traitements de la part du Colon, a toujours su garder le sourire et chasser de lui toute possibilité de haine, de rancoeur…

Quant à Mahammat Boun Abdallah Dionne, cette campagne l’a transfiguré et il démontre un réel talent de danseur, de chambreur. Même si, dans ce style, il peut, dans certains effets de campagne, faire preuve de prétention et d’irrespect envers ses adversaires. Les qualifiant tous de fantaisistes.

Il leur doit du respect, d’autant plus que pour nombre d’entre eux, ils ont déjà eu à se frotter à des électeurs qui les ont déjà plébiscités. Contrairement à lui dont c’est le baptême du feu. Dionne est un apprenti-politique. Qui fait ses premières gammes dans ce milieu surréaliste. Et qui n’est même pas capable de faire gagner « Benno Bokk Yakaar », dans son Gossas lointain. Mais on le sait, les «Tamas» des bas d’estrades peuvent vite envoûter les plus sereins et leur faire dire n’importe quoi !!!!

SAMBAAY BATHIE (Actusen.com)

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