Visé par une procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de Justice du Sénégal, Me Moussa Bocar Thiam contre-attaque. Dans une déclaration au ton offensif, l’ancien ministre dénonce des « poursuites bidon », conteste la légalité de la démarche de l’Assemblée nationale du Sénégal et invoque une décision du Conseil constitutionnel du Sénégal pour fragiliser la procédure. Se disant prêt à rentrer au pays pour faire face, l’avocat parle d’acharnement politique et promet de ne pas se laisser intimider. Nous vous présentons in extenso son texte.
Le Fouta sait pourquoi je suis visé. La diaspora a compris vos manigances. Les Sénégalais ne donnent aucun crédit à vos poursuites « bidon ». Je suis le seul ministre poursuivi sans aucun rapport de la Cour des comptes, de l’IGE, de la CENTIF ni de l’IGF.
J’ai appris par la presse que l’Assemblée nationale du Sénégal va saisir la Haute Cour de Justice du Sénégal pour m’y traduire, alors qu’aucun rapport des organes de contrôle ne vise ma gestion ministérielle.
Les poursuites n’ont aucune base légale. Le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée ne permet pas aux députés de saisir la Haute Cour de Justice puisque le Conseil constitutionnel du Sénégal, dans sa décision n°2/C/2025 du 24 juillet 2025, a déclaré contraire à la Constitution l’article 134 dudit règlement afférent à la Haute Cour de Justice.
Comment un ministre peut-il être poursuivi pour détournement de deniers publics pour des fonds privés reçus par une entreprise privée et pour des travaux routiers réceptionnés par les organes compétents ?
Je prends immédiatement des congés professionnels au sein de mon cabinet international dans le Golfe pour venir au Sénégal faire face à ce régime à l’agonie qui cherche des contre-feux face à l’assassinat de l’étudiant Abdoulaye Ba, à l’incompétence et à l’asphyxie économique du peuple.
Ancien Agent judiciaire de l’État, avocat aux barreaux de Paris et du Sénégal, il faudra un dossier solide pour me mettre en prison dans une affaire où tous les acteurs sont libres.
Vous perdez votre temps. Aucun magistrat ne peut décerner un mandat de dépôt à mon encontre. La reconquête du pouvoir est irréversible. Sachez que rien ne nous arrêtera ni ne nous intimidera.
Maître Moussa Bocar Thiam
