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Modou Makhtar Diagne sur son retour dans la “Tanière” : «Je vais continuer à travailler, afin de pouvoir revenir et être plus solide pour ne pas faire de la figuration»

Parti en France très tôt pour des études, Modou Makhtar Diagne est en train de bien s’épanouir actuellement en première division belge. Classé 3ème en Pro League avec son club Charleroi, le «Rock» Sénégalais est un élément clé du dispositif des Noir et blanc. Dans une interview accordée à ‘’Actusen.sn’’, le natif de Mbacké est revenu sur ses débuts en France, mais également sur son envie de faire un grand «comeback » au sein de la «Taniere».

Actusen.sn : Que pouvez-vous nous dire concernant vos débuts ?  

Modou Makhtar Diagne : Je suis né à Mbacké, j’ai quitté très tôt le Sénégal, c’est à l’âge de 7 ou 8 ans que je suis parti en France, rejoindre mon père qui était déjà là-bas. Au départ, c’était pour les études, mais comme ma famille avait le football dans le sang avec mon papa qui fut international sénégalais et ancien meilleur buteur du championnat sénégalais, j’ai aussitôt allié sport et étude. J’ai commencé à jouer à partir de 10, 11 ans avec les petites équipes. C’est par la suite que des équipes comme Nancy, Auxerre et Metz ont vu mes talents et se sont rapprochées de moi. C’est ainsi que j’ai signé Nancy.

Vous venez de débarquez en France jeune, comment était-ce?

C’était extrêmement difficile au début. Je suis arrivé à un mois d’hiver, il faisait très froid. C’est ce qui m’a le plus fatigué, car je ne connaissais pas ça au paravent avec le climat qu’on ici a au Sénégal. Mais bon après je me suis adapté, j’ai commencé à jouer d’abord dans les équipes de quartier, après Nancy m’a recruté dans son centre de formation, j’avais 13 ans.

Et comment vous faisiez pour allier sport et étude?

Je m’étais toujours dit qu’il me fallait le Bac avant tout, que je signe pro ou pas. Heureusement qu’au centre, on n’avait une école à l’intérieur, donc c’est après les cours qu’on partait jouer au foot. C’est ainsi que j’ai eu mon Bac économique et social. Ce n’était pas facile, mais heureusement pour nous, on avait la chance d’avoir des profs qui venaient nous trouver sur place pour nous dispenser les cours.

Que dites-vous à vos jeunes frères qui rêvent de devenir pro?

Je leur dis, dans un premier temps, de ne pas abandonner les études. Je pense que plus que tu t’occupes à développer ton esprit, des connaissances, plus tu es intelligent. Et même sur le terrain, cela peut te permettre de réfléchir plus vite face à certaines situations. Maintenant après si tu as la chance de devenir pro, tu pourras te concentre davantage sur ta carrière.

Comment se passe la vie d’un pro?

Bon, ça dépend de la personne. Tu peux la simplifier, tout comme la rendre compliquée. Moi aujourd’hui, même si ce n’est pas facile quand je sors dans la ville où je joue, j’essaye de vivre comme une personne normale. Après les entrainements, je me repose, ou bien je pars au resto ou bien au cinéma. Je m’adapte bien dans cette manière de vivre.

Pensez-vous bien gérer votre carrière?  

Oui! Une carrière ça se gère, parce qu’elle est relativement courte. Quand on vient de commencer, on se dit c’est long, on a le temps de bien travailler, de bien préparer l’après carrière. Et c’est là qu’on se trompe.  C’est dès le départ qu’on gère sa carrière et c’est ce que je conseille aux jeunes. Il faut bien savoir son entourage, avoir des gens qui sont là, à vous conseiller.

Pouvez-vous revenir sur votre titre champion de France en D2 ?

Je suis champion de France avec Nancy pour la saison 2015-2017. J’ai joué titulaire tous les matchs. L’année de ma première année pro, j’avais entre 17 ans et 18 ans. Le titulaire sur le poste était transféré durant le mercato, du coup on m’a très tôt fait intégré dans l’équipe A et puis, je me suis imposé et j’ai gagné ma place. Mais après, c’était difficile à cause des blessures.

Actuellement vous évoluez à Charleroi en Belgique, comment ça se passe là-bas?

Je suis tombé sur une bonne équipe. Cette année, on a terminé le championnat sur le podium et on aura l’occasion de jouer l’Europa League l’année prochaine. Nous avons une équipe travailleuse. Nous n’avons peut-être pas les mêmes qualités que FC Bruges ou la Gantoise, mais nous avons une belle équipe, accrocheuse et très difficile à battre. Ce qui fait qu’on est arrivé troisième du classement.

Qu’est-ce ça fait de pouvoir jouer une compétition européenne?

C’est un rêve. On veut tous jouer à une grande compétition. C’est vrai qu’il y a la Ligue des Champions, mais La Ligue Europa est une compétition très suivie. Ce sont de grandes équipes qui s’y rencontrent. La dernière année, c’était Arsenal contre Chelsea en finale. Cette année, on va bien préparer ça et faire la meilleure compétition, le meilleur parcours possible.

Jusqu’ici, êtes-vous satisfait de votre parcours ?

Je suis du genre très exigeant avec moi-même. Quoi que je fasse, je me dis toujours qu’il y a des choses à parfaire, à améliorer. Je rends grâce à Dieu de m’avoir permis d’atteindre ce niveau de performance, mais prions pour que nous pussions continuer le travailler afin d’aller de l’avant.

Ne Rêviez-vous pas d’intégrer un jour un club comme le Barca ou Real?

En fait, je ne suis pas un rêveur mais ce que je sais, avec le football, ça va très vite. En parlant du FC Barca, leur défenseur central titulaire Clément Lenglet, on a joué ensemble. On a été formé ensemble à Nancy, on a joué à la même charnière centrale en L1. Et c’est aller très vite, entre deux ans, il a signé au Barcelone. Mais mon rêve de gamin, c’était de jouer au Manchester United.

Parlez-nous de 2015, votre première convocation en équipe nationale chez les U23.

Ma convocation en 2015 a été une bonne expérience. Avant, j’ai joué avec les équipes nationales françaises des U17 et U20. Donc, lorsque je suis venu au sein de la «Tanière» chez les moins de 23 ans, j’ai trouvé autre chose au Sénégal. Une ambiance extraordinaire qu’on ne trouve pas en France. Et vraiment, cela m’a permis de prendre conscience, de savoir que je suis Sénégalais et ma place est ici. Je suis parti trop tôt en France, alors je ne connaissais pas beaucoup de choses. On avait fait une belle compétition en 2015, mais malheureusement on avait perdu aux tirs au but.

Aimeriez-vous, maintenant, intégrer l’équipe nationale A ?

J’ai été convoqué en équipe A en 2017, peut-être beaucoup l’ont oublié. Certes, je n’avais pas joué, mais j’étais sur la liste, c’est ce que beaucoup de gens ignorent. C’était la double confrontation contre le Burkina lors des éliminatoires du Mondial 2018. Cependant, toute chose à son temps, cette année j’ai fait de belles performance avec mon club, j’ai des chances de revenir en équipe nationale. A chaque fois je suis sur la pré-liste. Je vais continuer à travailler, afin de pouvoir revenir, être plus solide pour ne pas faire de la figuration. Le plus important pour moi, c’est que le Sénégal gagne des compétitions.

Comment voyez-vous l’équipe nationale du Sénégal?

C’est la meilleure équipe d’Afrique. Même si c’est l’Algérie qui a gagné nous avons la meilleure. Dans chaque poste, on a les joueurs les plus talentueux. Nous avons un joueur de classe mondiale qui figure parmi les 10 meilleurs. La seule chose qui nous manque, c’est de gagner une compétition. Nous n’étions pas loin la dernière Can et je pense, Incha Allah, que la prochaine fois sera la bonne.

Papa Djibril GAYE (Actusen.sn)

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