Le bras de fer entre l’État et les syndicats de la justice sénégalaise s’intensifie. Alors que les juridictions sont déjà fortement perturbées par des semaines de mobilisation, l’Entente Sytjust–Untj annonce une grève de 72 heures à compter du 7 juillet. Une décision lourde de conséquences, motivée par ce qu’elle considère comme une rupture unilatérale du contrat de confiance entre les agents de justice et les autorités. Dans leur communiqué, les syndicats haussent le ton face à ce qu’ils décrivent comme un double langage gouvernemental. Tout en réaffirmant leur disponibilité au dialogue, ils dénoncent l’attitude du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, qui selon eux, adopte «une lecture excessivement rigide des textes réglementaires, fondée sur une approche technocratique déconnectée des exigences de paix sociale».
Cependant, l’Entente accuse le ministre de nier des faits avérés : «Le Conseil des ministres du 25 juillet 2018 a bel et bien adopté […] un projet de décret modifiant le décret n°2010-707 […] et un projet de décret portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de la Justice.» Une réalité confirmée par des documents officiels, rappellent-ils, qui auraient dû être pris en compte dans les négociations en cours. Poursuivant, le communiqué évoque des «accusations sérieuses de substitution frauduleuse des décrets validés en Conseil des ministres, qui auraient été remplacés ou modifiés en catimini. Un soupçon de manipulation institutionnelle qui, s’il était avéré, pourrait entacher la crédibilité du processus administratif tout entier», lit-on.
Face à ce qu’elle considère comme un enlisement délibéré, «l’Entente appelle le Président de la République et le Premier ministre à se saisir personnellement du dossier». Pour elle, seul un arbitrage au sommet pourrait permettre de dénouer la crise et de restaurer un dialogue social devenu toxique.
Actusen.sn
