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Ousmane Sonko, Jean Luc Mélenchon et les droits des LGBT : une alliance contre nature

Sur invitation d’Ousmane Sonko, Jean Luc Mélenchon, le leader de La France Insoumise (LFI) est en séjour à Dakar du 14 au 18 mai prochain. Dans le communiqué du Parti Pastef annonçant les couleurs, il est indiqué que la visite des Insoumis français entre dans le cadre de la consolidation des liens existants entre leurs « deux formations politiques qui partagent la vision d’un monde juste et solidaire dans le respect de la souveraineté de chaque peuple.» Dans le programme retenu, il est prévu aujourd’hui à 16 heures, à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) «un échange avec les étudiants sur les relations Afrique Europe orientées sur l’avenir.»

Si la vision du fondateur de La France Insoumise (LFI), centrée sur «l’humain d’abord», ne fait l’objet d’aucune contestation, il n’en demeure pas moins que Ousmane Sonko également, dans son fameux projet, place «le peuple souverain» au cœur de ses préoccupations. Seulement, là où Ousmane Sonko et Jean Luc Mélenchon ne s’entendront jamais, à moins que l’un se dédise sur le sujet, c’est « les droits des personnes LGBT» et sûrement les droits des femmes à disposer de leurs corps, à même de recourir à l’avortement si elles le désirent. Alors que le premier nommé voudrait durcir la répression de l’homosexualité au Sénégal, le second ne s’est pas opposé au mariage homosexuel en France. Au contraire, Jean-Luc Mélenchon est attaché à la loi Taubira de 2013, relative au «mariage pour tous.»

Candidat à la présidentielle de 2017, le chef de file de La France Insoumise (LFI) promettait de « mettre fin, de façon assumée et publique, aux discriminations au mariage pour tou·te·s concernant les onze nationalités exclues des conventions binationales sur ces unions. » Disons qu’aux yeux de Jean-Luc Mélenchon, « l’orientation sexuelle n’est pas un choix. » Dès lors que des gens s’aiment, pour l’homme d’extrême gauche, « ils doivent pouvoir vivre ensemble normalement. » En 1988, le hasard de la politique [l]’a mené dans une réunion avec une association appelée Gays pour la liberté. Les membres [l]’avaient interpellé sur les drames affreux que certains vivaient à la mort de leur compagnon.

En mai 1990, Jean-Luc Mélenchon, alors sénateur PS de l’Essonne, déposait la première proposition de loi pour un partenariat civil concernant les concubins hétérosexuels et homosexuels. C’était le premier pas vers la reconnaissance des couples gays et lesbiens, vingt-trois ans avant la loi Taubira. A ce propos, il disait : « J’ai répondu à un appel humain. Ces gens s’étaient choisis d’amour. Quand des homosexuels ont commencé à me parler de mariage, ça m’a bien fait sourire, car je ne suis pas partisan du mariage pour moi-même ! Ce n’est pas pour le proposer aux autres ! Mais raisonnablement, quelle objection opposée au mariage des homosexuels ? Aucune ! La communauté humaine a intérêt à ce que les démarches d’amour soient reconnues et validées par elle.»

Pour Ousmane Sonko, durcir la loi criminalisant l’homosexualité, répond d’abord aux principes de la religion, dans un pays à majorité musulmane, mais aussi et surtout à un « souci de préservation de notre humanité. » Si la loi punit déjà l’homosexualité d’une peine d’un à cinq ans de prison, un groupe de députés avaient déposé une proposition de loi qui aurait puni le même « crime » d’une peine de cinq à dix ans de prison. Elle a été rejetée début janvier 2022 par le Parlement qui a estimé la législation existante assez sévère. Déjà, Ousmane Sonko se désignait volontaire à contribuer à la rédaction d’une nouvelle loi à ce sujet, dès lors que la proposition rejetée était jugée « mal écrite. » C’est dire que si le Pastef et La France Insoumise « partagent la même vision », c’est à des degrés divers…

Amadou DIA (Actusen.sn)

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