Finalement, il n’épargne personne dans ses missiles assassins. Après avoir installé hier le Conseil national de son parti politique, puis annoncé le nouveau bureau politique de combat, d’engagement et de loyauté, avant de se projeter sur le redressement économique, Ousmane Sonko, puisque c’est de lui qu’il s’agit a évoqué les problèmes qu’il a constatés au sein de sa formation politiques.
Ousmane Sonko révèle le complot contre son autorité à la tête du parti
“Les failles viennent de notre camp. Certes, on est le plus puissant parti politique, mais depuis qu’on est arrivé au pouvoir, on est encore pire que quand on était dans l’opposition”, dira-t-il, sans ambages, à l’endroit de ses militants triés sur le volet pour prendre part à cette rencontre.
“Un groupe de personnes, qu’on a clairement identifié, cherche à installer des clans au sein du parti. Ils ont commencé à aller à Touba et un peu partout, et jusqu’au sein de la base. Ils cherchent à recruter des militants pour préparer 2029”
Se voulant plus explicite, il poursuit : “Pourquoi je suis la seule cible de certains acteurs de la société civile, des chroniqueurs et autres opposants ? Qu’est-ce qui justifie cette haine contre Ousmane Sonko ? C’est simplement parce que je représente ce verrou qu’ils veulent faire sauter. Et je vous préviens, s’il m’élimine, Bassirou Diomaye Faye sera leur prochaine cible. Mais ce que je ne comprends pas c’est l’omerta de certains responsables politiques ici présents. Les seuls qui réagissent face aux attaques contre ma personne sont les jeunes sur les réseaux sociaux. Vous avez tous déserté. Et pire, un groupe de personnes, qu’on a clairement identifié, cherche à installer des clans au sein du parti. Ils ont commencé à aller à Touba et un peu partout, et jusqu’au sein de la base. Ils cherchent à recruter des militants pour préparer 2029.”
“Après les Législatives, l’affaire avait pris une autre tournure. J’ai convoqué le Président Bassirou Diomaye Faye et El Malick Ndiaye, le seul témoin. J’ai rappelé ce qu’on s’était dit au Cap Manuel. Ils m’ont tous confirmé. Pourquoi alors toutes ces manœuvres ? Est-il nécessaire de préparer 2029 ?”
Visiblement, très en colère, Ousmane Sonko ne pouvait plus se retenir. Il ajoute : “Or, dès notre premier bureau politique, j’ai dit clairement que Dieu reste le seul témoin de ce qu’on s’était dit au Cap manuel entre Bassirou Diomaye Faye et moi. Je vous ai toujours dit de rester indifférents devant ce pacte qui me lie à Diomaye. Après les Législatives, l’affaire avait pris une autre tournure. J’ai convoqué le Président Bassirou Diomaye Faye et El Malick Ndiaye, le seul témoin. J’ai rappelé ce qu’on s’était dit au Cap Manuel. Ils m’ont tous confirmé. Pourquoi alors toutes ces manœuvres ? Est-il nécessaire de préparer 2029 ?”
“J’ai tout enduré, mis en péril ma santé. Mais après les élections, tout le monde veut être le héros, ou cherche à créer un clan. Je ne le permettrai pas. Je vais prendre mes responsabilités à ce sujet”
Ce n’est pas tout. Très en verve, Ousmane Sonko de poursuivre : “Mais mieux, je suis le seul à battre campagne. Tout le monde ici m’appelle à la veille des campagnes pour dire que ma présence est obligatoire pour gagner sa localité. Certains vont jusqu’à pleurer pour que vienne chez lui. J’ai tout enduré, mis en péril ma santé. Mais après les élections, tout le monde veut être le héros, ou cherche à créer un clan. Je ne le permettrai pas. Je vais prendre mes responsabilités à ce sujet. Nous avons notre idéologie. C’est le don de soi pour la patrie. Le parti reste un parti de combat. C’est inélégant ce qui s’est passé. Et je suis conscient que si le Président Bassirou Diomaye Faye veut l’arrêter, il le fera. Pourquoi il ne l’a pas fait, c’est une autre question. Je lui ai dit cela lors d’un tête à tête. Mais, dans le pacte, on devait avoir la même ambition, regarder vers la même direction. Ceux qui cherchent à nous diviser en disant que tel est un bon, mais c’est l’autre qui est mauvais, cherchent à semer le chaos dans ce pays. Nous devons tous nous ressaisir. Je l’ai dit en privé, dans les secrets de notre bureau politique. Mais rien n’a changé. C’est pourquoi j’ai tenu à le dire publiquement aujourd’hui. Si j’étais là où je devais être, tout cela ne serait pas arrivé. On est pire que quand on était dans l’opposition. On ne peut tout dire. Je n’en dirais pas plus. Je pense que je me suis assez fait comprendre. Mais que ce soit clair, le Président Diomaye reste mon ami. Dieu seul sait combien je lui souhaite le meilleur. Je ne lorgne pas sa chaise. Mais nous devons rester loyales dans nos rapports. On n’est pas élus pour plaire à la société civile, ni aux hommes politiques.”
“C’est inélégant ce qui s’est passé. Et je suis conscient que si le Président Bassirou Diomaye Faye veut l’arrêter, il le fera. Pourquoi il ne l’a pas fait, c’est une autre question. Je lui ai dit cela lors d’un tête-à-tête. Mais, dans le pacte, on devait avoir la même ambition, regarder vers la même direction”
Pour lui, le Sénégal n’a pas de problème et notre pays n’est pas en crise. “On a aucun problème, relance-t-il. Notre seul problème, c’est le problème d’autorité. Il faille situer les responsabilités. Sinon qu’on me laisse gouverner. 50 ans au pouvoir, avons-nous dit ? Nous risquons de ne même pas faire deux semaines au pouvoir. Revenez dans le parti. Ils veulent te (À Diomaye) séparer de ton parti. Nous devons retourner à la base, aux principes du parti. Sinon, on fera les mêmes erreurs que nos prédécesseurs.” Et à ceux qui veulent sa démission, il dira : “Ceux qui veulent ma démission, je tiens à préciser que je ne compte pas bouger d’un iota. J’ai désigné un candidat, battu campagne. J’ai pris le pari dans la foulée d’aller avec Pastef seul vers les Législatives. Je ne suis pas un étranger dans ce combat. Si le Président trouve que je ne peux plus lui assurer la fonction de premier ministre, là dans ce cas je rends le tablier pour retourner à l’assemblée nationale. Car, théoriquement je suis le chef…”
Amadou DIA (Actusen.sn)
