Le président Bassirou Diomaye Faye, Président de la République du Sénégal, a présidé ce jeudi la cérémonie officielle d’ouverture des concertations nationales consacrées à l’Enseignement supérieur, à la Recherche et à l’Innovation. Devant un parterre d’universitaires, de chercheurs, d’étudiants et acteurs clés du secteur, le Chef de l’État a plaidé pour une refonte profonde du système universitaire sénégalais. “Aujourd’hui, 75 ans après notre indépendance, il est temps d’imaginer une université sénégalaise moderne, ouverte aux mutations du monde contemporain, mais profondément enracinée dans nos réalités culturelles et sociales”, a-t-il formulé, décrivant ainsi la nouvelle université tournée vers les sciences contemporaines telles que l’intelligence artificielle et le numérique, tout en préservant son identité culturelle.
Bassirou Diomaye Faye veut une université tournée vers les sciences contemporaines telles que l’intelligence artificielle et le numérique, tout en préservant son identité culturelle
Conscient des défis auxquels fait face l’enseignement supérieur, avec une université sénégalaise confrontée à des infrastructures insuffisantes, un nombre d’étudiants en forte croissance, des problèmes culturels, des financements limités, une digitalisation inachevée, et bien d’autres obstacles, le chef de l’État soutiendra que l’université ne doit pas subir ces transformations mondiales. “Elle doit les anticiper, les intégrer, et les utiliser pour se réinventer. Pour bâtir une université sénégalaise forte de ses valeurs et prête à accompagner l’évolution complexe des savoirs, il nous faut repenser, réformer, et réinventer l’université”, a proposé Bassirou Diomaye Faye. Car pour le chef de l’État, l’université doit répondre à nos aspirations, accompagner le développement national, et participer activement à l’agenda de transformation systémique. “Cette transformation doit toucher tous les maillons de la chaîne :
les universités, les écoles, les instituts, les Pôles de Formation et de Recherche (PFR), les écoles doctorales, les laboratoires, les départements, les centres d’incubation. Cela exige de nouvelles réflexions épistémologiques, audacieuses, ambitieuses, portées par une volonté politique forte”, expliquera-t-il.
“J’en appelle aussi à une mobilité institutionnelle accrue des enseignants et chercheurs, et je m’engage à garantir une égalité réelle des chances”
C’est pourquoi, la solennité de la rencontre d’hier oblige, selon le Président de la République, à aborder sans détour les grands défis de l’enseignement supérieur, et à y apporter des solutions durables. “Notre doctrine de développement territorial, à travers les huit pôles universitaires régionaux, repose sur le principe d’équité territoriale. Il s’agit de ne laisser aucun fils ni aucune fille de ce pays au bord du chemin. Nous voulons un enseignement supérieur pour tous, quels que soient les moyens de production ou de diffusion du savoir. Nous voulons des établissements partout sur le territoire, pour des raisons à la fois d’équité et de valorisation des talents locaux”, dira Bassirou Diomaye Faye, rappelant dans la foulée que : “L’université sénégalaise est une et indivisible.”
“Notre système, dans ce monde globalisé, doit être décolonisé et recentré sur nos réalités culturelles, sociales et économiques”
D’ailleurs, à en croire le chef de l’État, l’autonomie dont jouit les Universités doit être renforcée par une gestion rationnelle et transparente des ressources humaines et financières, dans un souci d’équité réelle. C’est ainsi qu’il a lancé un appel pour un développement équilibré des pôles régionaux de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, en cohérence avec la politique territoriale équitable. “J’en appelle aussi à une mobilité institutionnelle accrue des enseignants et chercheurs, et je m’engage à garantir une égalité réelle des chances”, a-t-il promis. Insistant sur les orientations en vigueur, qui permettent de répondre durablement aux défis structurels de notre système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation, Bassirou Diomaye Faye d’indiquer que nous devons résoudre l’instabilité chronique du calendrier universitaire, qui coûte plus de 14 milliards de francs CFA par an, soit près de 400 milliards sur les dix dernières années. À ce titre, il dira : “ce constat est inacceptable, et nous devons tous en convenir. Le respect du calendrier académique est fondamental pour garantir la qualité de l’enseignement, permettre une bonne organisation pédagogique, assurer le bon déroulement des examens, et réduire les dépenses continues liées aux reports d’activités.”
Pour atteindre cet objectif, et conformément aux instructions du Conseil des ministres du 27 novembre 2024, un plan d’urgence sur les infrastructures universitaires sera immédiatement mis en œuvre, afin de restructurer rapidement les espaces de formation, de recherche et de vie dans les campus. “Notre système, dans ce monde globalisé, doit être décolonisé et recentré sur nos réalités culturelles, sociales et économiques”, dira Bassirou Diomaye Faye.
Ainsi, l’introduction du plurilinguisme dans les politiques culturelles, avec une reconnaissance accrue des langues nationales et africaines aux côtés du français et de l’anglais, constitue un cadre volontaire et stratégique pour répondre aux défis complexes de la mondialisation, aux yeux du Chef de l’État. “Le plurilinguisme n’est pas seulement un fait linguistique, c’est un levier d’inclusion, de créativité, et d’émancipation intellectuelle”, soutient-il.
Amadou DIA (Actusen.sn)
