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Près de 20 milliards de F Cfa pour soutenir les réformes économiques : la BAD perfuse l’État du Sénégal

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Alors que le Sénégal traverse une zone de fortes turbulences budgétaires et financières, la Banque africaine de développement (BAD) vient à la rescousse. L’institution panafricaine a approuvé un financement d’environ 20 milliards de FCFA destiné à accompagner les réformes engagées par les autorités. À travers cette enveloppe, la BAD entend notamment aider l’État à mieux gérer ses finances publiques, renforcer la mobilisation des recettes internes, améliorer la gestion de la dette et créer un environnement plus favorable aux investissements privés. Une véritable perfusion financière et technique au moment où Dakar cherche à remettre de l’ordre dans ses comptes et à restaurer la confiance.

La Banque africaine de développement met la main à la pâte pour accompagner le Sénégal dans sa délicate opération de redressement économique et budgétaire. Dans un contexte marqué par de fortes contraintes financières et par la nécessité de réorganiser la gestion des finances publiques, l’institution financière panafricaine a approuvé un financement d’environ 20 milliards de FCFA en faveur de l’État du Sénégal. Cette enveloppe est destinée à soutenir les réformes engagées par les autorités pour améliorer la gouvernance économique, accroître la mobilisation des ressources internes et favoriser une plus grande implication du secteur privé dans la dynamique de croissance.

L’enveloppe destinée à soutenir les réformes engagées par les autorités pour améliorer la gouvernance économique, accroître la mobilisation des ressources internes et favoriser une plus grande implication du secteur privé dans la dynamique de croissance

À travers cette opération, la BAD veut afficher son soutien aux efforts de redressement entrepris par le gouvernement sénégalais. « Par cette opération, la BAD réaffirme son engagement aux côtés du Sénégal pour consolider les réformes économiques, renforcer la mobilisation des ressources intérieures et créer les conditions d’une croissance plus résiliente, tirée par un secteur privé plus dynamique », a déclaré Wilfrid Abiola, responsable du bureau pays du Groupe de la BAD au Sénégal.

Elle vise aussi à contribuer à moderniser le fisc et mieux gérer la dette

L’appui de la Banque africaine de développement ne se limite pas à une simple injection de ressources. Il s’inscrit dans une démarche plus large visant à améliorer durablement la gouvernance des finances publiques. Selon les précisions fournies par l’institution, une part importante des efforts sera consacrée à la modernisation de l’administration fiscale. L’objectif est de permettre à l’État de mieux mobiliser les recettes internes, dans un contexte où le renforcement des ressources propres apparaît comme l’un des principaux leviers pour réduire la dépendance aux financements extérieurs et faire face aux nombreuses charges budgétaires. Le programme prévoit également d’améliorer l’efficacité de la gestion de la dette publique. Un chantier particulièrement sensible au regard des difficultés financières auxquelles le pays est confronté et des interrogations suscitées ces derniers mois par l’évolution des engagements de l’État.

Ce n’est pas tout. La BAD entend aussi accompagner les autorités dans l’amélioration de la qualité et de l’efficience des dépenses publiques. Il s’agira, en clair, de renforcer les mécanismes de contrôle, d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles et de veiller à ce que les dépenses de l’État produisent davantage d’effets sur l’économie et les conditions de vie des populations.

L’appui financier approuvé par le Conseil d’administration de la BAD intervient également dans le sillage des conclusions de l’audit réalisé par la Cour des comptes sur la situation des finances publiques couvrant la période allant de 2019 au 31 mars 2024. Dans son communiqué, la Banque africaine de développement indique que le projet accompagnera le Sénégal dans la mise en œuvre des réformes structurelles jugées nécessaires à la suite des conclusions de cette mission d’audit. Ces réformes devront notamment contribuer à corriger les dysfonctionnements relevés, renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques et améliorer la fiabilité des données financières de l’État.

Le secteur privé au cœur du programme

Au-delà de la gouvernance budgétaire, le financement de la BAD vise aussi à renforcer la compétitivité du secteur privé sénégalais. L’institution prévoit d’accompagner des réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires, à encourager l’entrepreneuriat et à accroître l’attractivité du pays auprès des investisseurs. L’objectif est de créer les conditions d’une croissance davantage portée par les entreprises et les investissements privés. Dans un pays où l’État demeure un acteur central de l’économie, les autorités cherchent désormais à renforcer la contribution du secteur privé à la création de richesses et d’emplois. Les différents pôles économiques du pays devraient également bénéficier de cette dynamique. La BAD entend soutenir les initiatives visant à attirer davantage d’investissements dans les territoires et à favoriser un développement économique mieux réparti. Le projet prévoit, par ailleurs, d’améliorer l’accès du Sénégal aux marchés de capitaux. « Le projet contribuera en particulier à améliorer l’accès du Sénégal aux marchés de capitaux grâce à une gestion plus efficace de la dette publique et à une maîtrise renforcée des mécanismes de financement climatique », souligne la Banque africaine de développement. Cette dimension est stratégique dans un contexte où le Sénégal doit diversifier ses sources de financement tout en maîtrisant le coût de son endettement.

Une bougée d’oxygène pour les Finances publiques

Avec cette enveloppe d’environ 20 milliards de FCFA, la BAD apporte donc une bouffée d’oxygène à l’État du Sénégal. Mais au-delà du montant, l’opération constitue surtout un appui aux réformes structurelles engagées pour remettre les finances publiques sur de meilleurs rails. La Banque africaine de développement semble ainsi faire le pari que la modernisation de l’administration fiscale, une meilleure gestion de la dette, une plus grande efficacité des dépenses publiques et le renforcement du secteur privé permettront au Sénégal de retrouver progressivement une trajectoire économique plus solide.

Actusen.sn 

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