Les travailleurs du Train Express Régional (TER) haussent le ton. Dans une lettre ouverte adressée à la presse et déposée au ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, accompagnée d’une demande d’audience, ils dénoncent leur rattachement à la convention collective des transports routiers, qu’ils jugent inadaptée et lourde de risques pour le secteur ferroviaire.
Les délégués du personnel de la Seter, agissant pour le compte des travailleurs du TER, ont officiellement saisi les autorités pour alerter sur une situation qu’ils qualifient d’« incohérente » et « inadmissible ». Dans leur lettre ouverte transmise à votre canard, ils pointent un « décalage profond entre la réalité du terrain et le cadre juridique censé l’encadrer ».
Dans une lettre ouverte adressée à la presse et déposée au ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, accompagnée d’une demande d’audience, les travailleurs du TER dénoncent leur rattachement à la convention collective des transports routiers, qu’ils jugent inadaptée et lourde de risques pour le secteur ferroviaire
Au cœur de la contestation, le fait que les cheminots du TER soient régis, à ce jour, par la convention collective des transports routiers. Une disposition que les signataires jugent en totale contradiction avec les spécificités du secteur ferroviaire. « Une situation incohérente, en contradiction avec les principes d’adéquation sectorielle du droit du travail », écrivent-ils, estimant que ce cadre ne reflète « ni les spécificités techniques du ferroviaire, ni les exigences propres à ce secteur ».
Car, selon eux, ce cadre ne reflète « ni les spécificités techniques du ferroviaire, ni les exigences propres à ce secteur »
Les travailleurs s’appuient également sur l’actualité récente marquée par la grève dans le transport routier du 30 mars au 1er avril pour illustrer les limites de ce dispositif. Ils soulignent que, bien que n’appartenant pas à ce secteur, les agents du TER peuvent en subir indirectement les effets, alors même que les autorités comptent sur le rail pour atténuer les perturbations. « Cette situation illustre les limites et les incohérences du dispositif actuel », insistent-ils.
« Alors même que le développement du TER se poursuit, notamment à travers ses phases d’extension, aucune dynamique structurée n’est engagée » pour doter le secteur d’un cadre conventionnel propre, regrettent-ils
Plus grave, selon eux, cette confusion pourrait affecter l’exercice même du droit de grève. Le document évoque ainsi « des confusions quant aux modalités d’exercice du droit de grève », révélatrices d’« une inadaptation manifeste des textes applicables au secteur ferroviaire ». Les cheminots s’inquiètent en outre de l’absence de perspectives claires, malgré l’expansion du TER. « Alors même que le développement du TER se poursuit, notamment à travers ses phases d’extension, aucune dynamique structurée n’est engagée » pour doter le secteur d’un cadre conventionnel propre, regrettent-ils. Une lacune qui soulève, selon eux, une interrogation de fond : « Peut-on durablement bâtir un système ferroviaire performant sans un socle social et réglementaire adapté ? »
Dans un secteur où les exigences en matière de sécurité, de continuité du service et de technicité sont élevées, les travailleurs estiment que cette situation « ne saurait perdurer sans risques pour la qualité du service rendu et la stabilité du système ».
Dans la même veine, ils ont déposé ladite lettre au Ministère des Transports terrestres et Aériens, demandant l’ouverture « sans délai » d’une concertation tripartite impliquant l’État, la direction et les représentants des travailleurs
En conséquence, ils interpellent directement le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, ainsi que les autorités compétentes, pour l’ouverture « sans délai » d’une concertation tripartite impliquant l’État, la direction et les représentants des travailleurs. Objectif, élaborer une convention collective spécifique au ferroviaire, « conforme aux réalités opérationnelles et aux standards du secteur ». Pour les signataires, l’enjeu dépasse le seul cadre professionnel. « Il en va du respect des travailleurs, de la sécurité des usagers et de la crédibilité de l’ambition ferroviaire du Sénégal », concluent-ils.
Actusen.sn
