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Réélu à la tête de Pastef : les mises en garde de Ousmane Sonko

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Réélu président de PASTEF-Les Patriotes à l’unanimité des 589 délégués ayant pris part au vote, Ousmane Sonko a profité de la clôture du premier congrès ordinaire du parti pour tracer les contours de ce qu’il présente comme la deuxième phase de l’aventure politique des Patriotes : celle de la transformation de l’État et de l’organisation durable de la souveraineté nationale.

Face aux congressistes réunis à Diamniadio, le leader de PASTEF a d’abord accueilli sa réélection avec humilité. « Cette confiance n’est ni un privilège ni un honneur personnel ; elle est une charge, une responsabilité et une exigence de fidélité envers notre peuple, nos militants, nos martyrs, notre option panafricaniste et de solidarité internationale », a-t-il déclaré.

« On peut dissoudre un parti sur le papier, mais on ne dissout pas une espérance devenue collective »

Dans une longue rétrospective, Sonko est revenu sur la naissance du parti en 2014 et son ascension fulgurante sur l’échiquier politique sénégalais. Selon lui, PASTEF est né du constat que « le Sénégal ne souffrait pas seulement d’erreurs de gouvernance, mais d’un système de dépendance profondément enraciné ». Évoquant les années de confrontation avec le régime précédent, il a rappelé les arrestations, la dissolution du parti, les emprisonnements et les pertes humaines enregistrées durant les manifestations. « Nous avons connu les arrestations, les gaz lacrymogènes, les prisons, les campagnes de diffamation et le harcèlement judiciaire », a-t-il soutenu, avant d’ajouter : « On peut dissoudre un parti sur le papier, mais on ne dissout pas une espérance devenue collective.»

Pour le président de PASTEF, les victoires électorales de 2024 ne constituent pas une fin en soi mais le début d’une nouvelle étape historique. « Ce congrès est historique. Car il marque le passage du mouvement de rupture au parti de transformation historique. Autrement dit, révolutionnaire », a-t-il affirmé.

« Il arrive parfois que certains, au sommet même de l’État, soient tentés de prendre de la distance avec la dynamique populaire qui les a portés »

Définissant la ligne doctrinale de son parti, Sonko a revendiqué un « panafricanisme souverainiste de transformation démocratique ». « La souveraineté politique, sans souveraineté économique, n’est qu’un drapeau flottant sur la dépendance », a-t-il expliqué. Avant de préciser : « Notre voie est celle d’une révolution démocratique, populaire et souveraine. » Le leader des Patriotes a également insisté sur le rôle central que devra continuer à jouer le parti dans l’encadrement politique des masses populaires. « PASTEF-Les Patriotes ne doit jamais devenir un simple appareil électoral vivant au rythme des échéances politiques », a-t-il averti. Selon lui, le parti doit demeurer « le levain de la révolution », capable de former, d’organiser et de maintenir le lien entre l’État et le peuple. Dans un passage particulièrement remarqué, Ousmane Sonko a mis en garde contre les risques de déviation de la dynamique de rupture née de l’alternance de 2024. « Il arrive parfois que certains, au sommet même de l’État, soient tentés de prendre de la distance avec la dynamique populaire qui les a portés », a-t-il déclaré. Mais, a-t-il aussitôt rassuré, « la révolution sénégalaise ne repose pas sur des trajectoires individuelles ; elle repose sur un peuple, un parti, une mouvance, une conscience historique collective ».

Dressant le bilan des premiers mois du nouveau pouvoir, il a défendu les choix opérés par les autorités. « Nous avons choisi la vérité plutôt que la dissimulation en révélant l’ampleur réelle de la situation financière héritée du passé », a-t-il indiqué. Il a également évoqué « la renégociation de plusieurs contrats » dans les secteurs minier, pétrolier et gazier afin que « les ressources du Sénégal profitent davantage au peuple sénégalais ».

« Restons debout. Restons cohérents. Restons dignes de ce peuple immense »

Le président réélu de PASTEF a aussi adressé un message à ceux qu’il considère comme tentés par les privilèges du pouvoir. « Nous n’avons pas le droit de devenir une élite de remplacement », a-t-il lancé. « Nous n’avons pas le droit de transformer la révolution en carrière. Nous n’avons pas le droit de laisser la prudence devenir un autre nom du renoncement. »

Rendant hommage aux militants et aux victimes des événements politiques des dernières années, Sonko a insisté sur le devoir de fidélité envers ceux qu’il qualifie de martyrs. « Une révolution qui oublie ses martyrs finit toujours par oublier son peuple », a-t-il déclaré.

Se projetant vers l’avenir, il a réaffirmé son ambition de bâtir « un Sénégal nouveau », fondé sur le travail, la justice sociale, la souveraineté économique et la dignité nationale. Un Sénégal, a-t-il dit, « capable de dialoguer avec le monde sans se renier, de coopérer sans se soumettre, et d’avancer vers l’avenir sans tourner le dos à l’Afrique ». Concluant son discours par un appel à la mobilisation, le président de PASTEF a exhorté ses militants à rester fidèles aux idéaux fondateurs du mouvement. « Restons debout. Restons cohérents. Restons dignes de ce peuple immense », a-t-il lancé, avant de résumer l’ambition de son parti en trois impératifs : « Organisons la souveraineté. Transformons l’État. Servons le peuple. »

Amadou DIA (Actusen.sn)

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