Depuis l’annonce d’une réforme du système de paiement des bourses, suivie de la fermeture des restaurants universitaires, les étudiants ont décidé de passer à l’offensive. Résultat : des manifestations ont éclaté, ce vendredi sur la Corniche ouest, paralysant la circulation et dégénérant en affrontements avec les forces de l’ordre. Au cœur de la crise, le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD). Dans un communiqué au ton ferme, la direction affirme avoir consenti « d’importants efforts humains, matériels et financiers » pour améliorer durablement la restauration universitaire. Mais ces investissements seraient aujourd’hui « gravement compromis » par les Journées Sans Tickets (JST), devenues systématiques, qualifiées d’« actes de sabotage ».
Face à ce qu’elle considère comme une forfaiture, la direction du COUD, sur instruction du ministère de l’Enseignement supérieur, a tranché : aucune JST ne sera tolérée. Conséquence immédiate et lourde de sens, la fermeture de tous les restaurants universitaires jusqu’à nouvel ordre, avec un appel pressant à la responsabilité de tous les acteurs.
La décision de trop qui a jeté de l’huile sur le feu : En raison des JST devenues systématiques, une fermeture des restaurants universitaires suite aux instructions du Mesri appliquées par le COUD
De son côté, l’Intersyndicale du COUD dit son ras-le-bol. Elle dénonce une dégradation grave du climat social sur les campus, marquée par des menaces, agressions verbales et physiques, ainsi que des actes de vandalisme visant le personnel et les infrastructures. Selon elle, le seuil critique de l’insécurité est atteint. Impossible, dans ces conditions, d’assurer le service « dans la dignité et la sûreté ». L’Intersyndicale exige des autorités la sécurisation immédiate des travailleurs et des installations, tout en réaffirmant son soutien aux agents victimes de préjudices. Elle rappelle par ailleurs que les grèves répétées n’ont « aucun lien » avec les prestations offertes par le COUD, lequel paierait un lourd tribut dans ce bras de fer.
L’Intersyndicale monte au créneau et parle d’une situation insoutenable, indiquant que plus de dix jours de JST pourraient coûter plus d’un milliard de francs CFA au COUD, déjà confronté à un budget déficitaire
Chiffres à l’appui, l’Intersyndicale souligne que plus de dix jours de JST pourraient coûter plus d’un milliard de francs CFA au COUD, déjà confronté à un budget déficitaire. Une situation jugée « insoutenable ». En réaction, elle appelle les agents à observer un droit de retrait de 48 heures, renouvelable si la situation ne s’améliore pas.
La Direction des Bourses tente d’éteindre l’incendie par l’appel au dialogue
Pendant que la rue gronde et que les restaurants ferment, la Direction des Bourses tente de calmer le jeu. Elle précise que la réforme en cours n’est qu’une réorganisation des mécanismes de paiement, destinée à améliorer leur efficacité et leur transparence.
Un atelier de travail s’est tenu les 2 et 3 février 2026, réunissant les parties prenantes du système. La Direction reconnaît toutefois que certains étudiants ont quitté les travaux avant les discussions en commission. Malgré cela, elle assure rester ouverte au dialogue et annonce une série de concertations avec les représentants des étudiants de tous les établissements publics. Objectif affiché : élaborer un décret « mieux adapté », fondé sur la concertation et garantissant une gestion plus équitable des allocations d’études.
Résultat, depuis c’est climat explosif à l’UCAD : la Corniche ouest paralysée par les affrontements avec les forces de l’ordre
Entre colère étudiante, fermeté administrative et inquiétudes syndicales, l’université sénégalaise traverse l’une de ses zones de turbulences les plus sensibles. Sur les campus comme dans la rue, la tension reste vive. Et si le dialogue n’aboutit pas rapidement, la crise pourrait s’installer durablement, au détriment des étudiants… et de l’année académique.
Actusen.sn
