Le débat autour du retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale franchit une nouvelle étape. Des députés de l’opposition ont officiellement saisi le Conseil constitutionnel afin de faire examiner la régularité de sa réintégration au sein de l’hémicycle.
Dans leur requête, les parlementaires soutiennent que l’actuel président de l’Assemblée nationale avait perdu son mandat de député dès son accession à la Primature, conformément aux règles d’incompatibilité prévues par la Constitution. Selon eux, l’acceptation des fonctions de Premier ministre équivaut à une renonciation au mandat parlementaire, rendant juridiquement impossible son retour dans l’hémicycle.
Les requérants considèrent ainsi que la décision ayant permis sa réintégration, puis son élection à la tête de l’Assemblée nationale le 26 mai 2026, constitue une violation des dispositions constitutionnelles et du principe de séparation des pouvoirs.
L’opposition affirme par ailleurs avoir rencontré des difficultés dans ses démarches pour accéder à certains documents liés à cette procédure. Tout le sens des sommations. Car elle indique avoir sollicité, par voie d’huissier, la communication de l’acte de réintégration ainsi que du procès-verbal de la séance plénière ayant conduit à l’élection d’Ousmane Sonko, sans obtenir satisfaction.
À travers cette saisine, les députés demandent au Conseil constitutionnel de se prononcer sur la légalité de la procédure contestée et de garantir le respect des règles qui encadrent le fonctionnement des institutions de la République. Sauf prorogation exceptionnelle, les sages du Conseil constitutionnel disposent d’un délai maximal d’un mois pour rendre leur décision sur ce dossier, qui continue de susciter de vives controverses dans le paysage politique sénégalais.
Amadou DIA (Actusen.sn)
