Réuni à Dakar, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République a dressé un réquisitoire contre la gouvernance du régime Pastef. Dans un communiqué, la coalition dénonce une révision constitutionnelle imposée dit-elle, par la force des atteintes aux libertés et une crise économique persistante. Toutefois, elle appelle les forces vives de la Nation à se mobiliser pour préserver les institutions républicaines.
La Conférence des leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République réunie à Dakar, affirme que le Sénégal traverse une période marquée par une régression démocratique, une dégradation des institutions et une aggravation des difficultés économiques et sociales. Selon la coalition, « cette situation résulte d’une gouvernance qui substituerait l’arbitraire à l’État de droit, la force au dialogue et la propagande à la bonne gouvernance ». Le Fdr condamne avec vigueur l’adoption du projet de révision constitutionnelle par l’Assemblée nationale le 29 juin dernier. La coalition estime que cette réforme majeure a été imposée au terme d’un passage en force, sans véritable consensus et au mépris, selon elle, des droits de l’opposition ainsi que des règles parlementaires. Elle dénonce notamment le rejet des rappels au règlement et des demandes de procédure, qu’elle considère comme une remise en cause du débat démocratique.
Poursuivant, le coalition revient également sur les incidents survenus dans l’hémicycle lors de l’examen du texte. Elle qualifie d’inqualifiable l’agression dont aurait été victime le député Abdou Mbow, suivie de son expulsion de l’Assemblée nationale par les forces de l’ordre. Le Fdr y voit une atteinte grave à la représentation nationale et adresse ses félicitations aux députés de l’opposition, saluant particulièrement le courage et l’engagement d’Abdou Mbow. Le Front dénonce en outre la répression des manifestations organisées contre la révision constitutionnelle. Il évoque un usage jugé disproportionné des gaz lacrymogènes, des arrestations qu’il qualifie d’arbitraires ainsi que des atteintes répétées aux libertés publiques. Pour le Fdr, ces événements illustrent une dérive autoritaire incompatible avec les principes démocratiques. La coalition salue, dans le même temps, la mobilisation des citoyens qu’elle considère comme une preuve de leur attachement aux libertés et à la démocratie.
Sur le plan économique et social, le Fdr estime que les engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale n’ont pas été respectés. Il déplore une dégradation continue du pouvoir d’achat, la multiplication des licenciements, le non-respect de plusieurs engagements de l’État et une réforme des Codes du travail et de la sécurité sociale conduite, selon lui, sans concertation suffisante avec les partenaires sociaux. La coalition se montre également critique à l’égard de la politique agricole du gouvernement. Elle juge que la précédente campagne de commercialisation s’est soldée par un échec, laissant de nombreux producteurs d’arachide, de riz et des filières horticoles dans une situation financière difficile. Le Fdr regrette par ailleurs le retard pris, selon lui, dans la préparation de la nouvelle campagne agricole, estimant que la distribution tardive des semences, des engrais et des intrants risque de compromettre les prochaines récoltes et les ambitions de souveraineté alimentaire du pays.
Toutefois, elle confirme son attachement à la démocratie, à la séparation des pouvoirs, aux libertés publiques et à la justice sociale, le Fdr assure qu’il poursuivra son combat par tous les moyens légaux, démocratiques et républicains. La coalition appelle enfin les partis politiques, les organisations de la société civile, les syndicats, les mouvements de jeunesse et de femmes, les universitaires, les autorités religieuses et coutumières ainsi que l’ensemble des citoyens à rester mobilisés pour défendre la République, préserver l’État de droit et faire obstacle à toute dérive autoritaire.
Actusen.sn
